‹ Les Orientales. Les feuilles d'automneChapitre 43 sur 99 · LA CHAMELLE · texte numérisé non relu

LA CHAMELLE

La chamelle s'a-vance dans les sables de Thamed.

Elle est solide comme les planches d'un cercueil, quand je la pousse sur un sentier frayé, comme un manteau couvert de riies.

Elle dépasse les plus rapides, et rapidement son pied de derrière chasse son pied de devant.

Elle obéit à la voix de sou conducteur, et de sa queue épaisse elle repousse les caresses violentes du chameau &a |)oil roux ;

lyune queae qui semble une paire d*ailes d*aigle que Ton surait attachées à Tos avec une alêne ;

D*aDe queue qui tantôt frappe le voyageur, tantôt une lioamelle aride, tombante, ridée comme une outre.

Ses cuisses sont d'une chair compacte, pleine, et ressemblent aux portes élevées d'un château fort.

Les vertèbres de son dos sont souples ; ses côtes ressemblent à des arcs solides.

Ses jambes courbées se séparent quand elle court, comme les deux seaux que porte un homme du puits à sa tente.

Les traces des cordes sur ses flancs semblent les étangs dess/'i:hés et remplis de cailloux épars sur la terre aride.

Son crâne est dur comme l'enclume : celui qui le touche croit toucher une lime.

Sa joue est blanche comme du papier de Damas, ses lèvre» noirâtres comme du cuir d'Yémen, dont les courroies ne se ndent point.

Enfin elle ressemble à un aqueduc, dont le constructeui grec a couvert de tuiles le sommet.

Ce morceau fait partie de la Moallakat de Tarafa.

Tous les sept ans, avant Fislamisme, les poètes dt l'Arabie concouraient en poésie, à une foire célèbre, dans un lieu nommé Occadh. La cassideh (chant) qui avait été jugée la meilleure obtenait l'honneur d'être suspendue aux murailles du temx>le de la Mecque : on a

conservé sept de ces poèmes ainsi couronnés, Moallakat sent dire suspendue.

LA CAYALB.

La cayale qui m'emporte dans le tumulte a les pieds longs, les crins épars, blanchâtres, se déployant sur son front.

Son ongle est comme FécueUe dans laquelle on donne à manger à un enfant. H contient une chair compacte et ferme.

Ses talons sont parfaits, tant les tendons sont délicats.

Sa croupe est comme la pierre du torrent qu'a polie le cours d'une eau rapide ^

Sa queue est comme le vêtement traînant de l'épouse*....

A voir ses deux flancs maigres, ou croirait un léopard couché.

Son cou est comme le palmier élevé entre les palmiers auquel a mis le feu un ennemi destructeur *.

Les crins qui flottent sur les côtés de sa tête sont comme les boucles des femmes qui traversent le désert, montées sur des cavales, par un jour de vent.

Son front ressemble au dos d'un bouclier fabriqué par une main habile.

Ses narines rappellent l'idée d'un antre de bétes féroces et d'hyènes, tant elles soufflent violemment.

Les poils qui couvrent le bas de ses jambes sont comme des plumes d'aigle noir, qui changent de couleur quand elles se hérissent.

Quand tu la vois arriver à toi, tu dis : « C'est une sauterelle verte qui sort de l'étang. »

i . L^autcur a traduit c« passage dans les Adieux de fhÔtesse arabe

Ses pieds fouillent le sol, sa croape est belle à voir. Ferme y ronde et luisante, ainsi qu'un rocher noir Que polit une onde rapide.

i. li y a ici quelque chose de tout à fait primitif tt qui pourrait tout an plus se traduire en latin.

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