‹ Les Orientales. Les feuilles d'automneChapitre 70 sur 99 · A —, TRAPPISTE A LA MEILLERAYE · texte numérisé non relu

A —, TRAPPISTE A LA MEILLERAYE

Tif Tain to struggle — let me perish yoang «. LiTe as I bave liTed; and love as I bayt loved ; To doit if I rttnrn^ from dait I sproog. And then, at least, mj heart can ne'er 1^ moyecl.

BTROIf.

Mon frère, la tempête a donc été bien forte. Le irent impétueux qui souffle et nous emporte

De récif en récif A donc, quand vous partiez, d'une aile bien profonde Creusé le vaste abîme et bouleversé l'onde

Autour de votre esquif,

Que tour à tour, en bâte, et de peur du naufrage, Pour alléger la nef en butte au sombre orage,

En proie au flot amer.

Il a fallu, plaisirs, liberté, fantaisie. Famille, amour, trésors, jusqu'à la poésie.

Tout jeter à la mer !

Et qu'enfin, seul et nu, vous voguez solitaire, Allant o£i va le flot, sans jamais perdre terre,

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Calme, vivant de peu, Ayant dans votre esquif, qui des nôtres s^isole. Deux choses seulement, la voile et la boussole,

Votre âme et votre Dieu !

Mai 1830.

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A MADEMOISELLE LOUISE B

BIEVRE.

I n Horizon fait à souhait pour le plaisir des jen%.

FÉNELOll.

Oui, c'est bien le vallon 1 le vallon calme et sombre !

Ici Tété plus frais s'épanouit à l'ombre ;

Ici durent longtemps les fleurs qui durent peu ,

Ici l'àine contemple, écoute, adore, aspire.

Et prend pitié du monde, étroit et fol empire

Où l'homme tous les jours fait moins de place à Dieu!

Une rivière au fond, des bois sur les deux pentes; Là des ormeaux, brodés de cent vignes grimpantes; Des prés, où le faucheur brunit son bras nerveux ; Là, des saules pensifs qui pleurent sur la rive, Et, comme une baigneuse indolente et naïve. Laissent tremper dans l'eau \t bout de leurs cheveiu,

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Là-bas, un gué bruyant dans des eaux poissonneuses

Qui montrent en passant les jambes des faneuses;

Des carrés de blé d'or ; des étangs au flot clair ;

Dans l'ombre, un mur de craie et des toits noirs de suie.

Les ocres des ravins, décbirés par la pluie ;

Et l'aqueduc au loin qui semble un pont de l'air.

Et, pour couronnement à ces collines vertes, Les profondeurs du ciel toutes grandes ouvertes. Le ciel, bleu pavillon par Dieu même construit. Qui, le jour, emplissant de plis d'azur l'espace, Semble un dais suspendu sur le soleil qui passe. Et dont on ne peut voir les clous d'or que la nuit?

Oui, c'est un de ces lieux où notre cœur sent vivre Quelque chose des cieux qui flotte et qui l'enivre; Un de ces lieux qu'enfant j'aimais et je révais. Dont la beauté sereine, inépuisable, intime, Verse à l'àme un oubli sérieux et sublime De tout ce que la terre et l'homme ont de mauvais 1

Si dès l'aube on suit les lisières ' Du bois, abri des jeunes faons, Par Tàpre chemin dont les pierres Offensent les mains des enfants, A l'heure où le soleil s'élève.

Où l'arbre sent monter la sève, La vallée est comme un beau rêve :

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La bruine écarte son rideau ; Partout la nature s'éveille, La fleur s'ouvre, rose et vermeille ; La brise y suspend une abeille, Ta rosée une goutte d'eau !

Et dans ce charmant paysage Où l'esprit flotte, où l'œil s'enfuit, Le buisson, l'oiseau de passage, L'herbe qui tremble et qui reluit, Le vieil arbre que Tâge ploie.

Le donjon qu'un moulin coudoie, Le ruisseau de moire et de soie, Le champ où dorment les aïeux.

Ce qu'on voit pleurer ou sourire, Ce qui chante et ce qui soupire , Ce qui parle et ce qui respire, Tout fait un bruit harmonieux I

IIî

Et si le soir, après mille errantes pensées. De sentiers en sentiers en marchant dispersées. Du haut de la colline on descend vers ce toit Qui vous a tout le jour, dans votre rêverie, Fait regarder en bas, au fond de la prairie. Comme une belle fleur qu'on voit;

Et si vous êtes là, vous dont la main de flamme Fait parler au clavier la langue de votre âme

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Si c*6st un des moments doux et mystérieux Où la musique, esprit d'extase et de délire. Dont les ailes de feu font le bruit d'une Ijrre, Kéverbère en yos chants la splendeur de i^os yeux; .

Si les petits enfants, qui vous cherchent sans cesse, Mêlent leur joyeux rire au chant qui vous oppresse; Si YOtre noble père, à leurs jeux turbulents, Sourit en écoutant Yotre hjrmne commencée, Lui, le sage et Fheureux, dont la jeune pensée Se couronne de cheveux blancs;

Alors, à cette voix qui remue et pénètre,

Sons ce ciel étoile qui luit à la fenêtre,

On croit à la famille, au repos, au bonheur;

Le cœur se fond en joie, en amour, en prière ;

On sent yenir des pleurs au bord de sa paupière;

On lève au ciel les mains en s'écriant : « Seigneur ! i

El Ion ne songe plus, tant notre âme saisie Se perd dans la nature et dans la poésie, Que tout près, par les bois et les ravins caché. Derrière le ruban de ces collines bleues, Â quatre de ces pas que nous nommons des lieues^ Le géant Paris est couché !

Ou ne s'informe plus si la ville fatale, Du monde en fusion ardente capitale.

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Ouvre et ferme à tel joar ses cratères fumants; Et de quel air les rois, à TiDStant où nous sommes. Regardent bouillonner dans ce vésuve d'hommes La lave des événements!

• juilltt uai.

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