AUTRE CHANSON
L^aube nait et ta porte est close !
Ma belle» pourquoi sommeiller ?
A rheure oà s'éveille la rose Ne yas-ta pas te réveiller ?
0 ma charmante, Écoute ici L'amant qoi chante Et pleure aussi I
Tout firappe à ta porte bénie ; L'aurore dit : « Je suis le jour ! > L'oiseaur dit : « Je suis Tharmonie I » Et mon cœur dit : c Je suis l'amour ! •
0 ma charmante, Écoute ici L'amant qui chante Et pleure aussi I
Je t'adore aDge et t'aime femme.
Dîea, qui par toi m'a complété, À eût mon amoor pour ton &me Et mon r^ard pour ta beauté
O ma diarmante* Ecoute ici L'amant qui chante Et pleure aussi
I I I m^fmm>^m^
Oh 2 pour remplir de moi ta réyeuse pensée.
Tandis qae ta m'attends, par la marche lassée,
Sons l'arbre an bord du lac, loin des yeux importuns,
Tandis que sous tes pieds Fodorante vallée.
Toute pleine de brume au soleil envolée.
Fume coDune un beau vase où brûlent des parfums;
Que tout ce que tu vois, les coteaux et les plaines. Les doux buissons de fleurs aux charmantes haleines,
La vitre au vif éclair, Le pré vert, le sentier qui se noue aux villages, Et le ravin profond débordant de feuillages
Conune d'ondes la mer;
Que le bois, le jardin, la maison, la nuée,
Dont midi ronge au loin l'ombre diminuée.
Que tous les points confus qu'on voit là-bas trembler,
Que la branche aux fruits mûrs, que la feuille séchée,
Que l'automne, déjà par septembre ébauchée.
Que tout ce qu'on entend ramper, marcher,. voler,
Que ce réseau d'objets qui t'entoure et te presse, Et dont l'arbre amoureux qui sur ton front se dresse
Est le premier chaînon ; Herbe et feuille^onde et terre, cAnbre, lumière et flamnoiev Que tout prenne nne Toix^ que tout deyienne une âme.
Et te dise mcm nom !
Engbien, nyl— hti !•••
Paisqae j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ^ Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine De ton ftme, parfum dans l'ombre enseveli;
Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire Les mots où se répand le coeur mystérieux ; Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et tes jeux sur mes yeux ,
Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas! voilé toujours; Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie Une feuille de rose arrachée Ji tes jours;
Je puis maintenant dire aux rapides années : « Passes 1 passez toujours, je n'ai plus à vieillir ! Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées; J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir !
€ Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du Tase o& je m'abremre et qoe j'ai bien rempli. Mon àme a plus de fea qne toos n'avez de cendre! Mon ccnir si phis d^amoor que tous n'aTez d'oobli!
laarkr 18..
LES CHAOTS DU CRÉPUSCULE. 45i