UN INCOMPRIS
Une détonation semblable à celle d’une arme à feu se fait entendre au bord de la Seine, près du quai du Louvre. Les sergents de ville de service sur ce point et les personnes qui se trouvaient en ce moment sur le Pont-Neuf et sur le quai descendent aussitôt sur la berge. On ne voit personne ; mais près de l’un des bureaux adossés au mur du quai et établis pour les opérations de vente du marché au charbon, on trouve une paire de gants noirs en peau et un chapeau d’homme en mauvais état. Ce chapeau
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renferme une pièce de vers dont voici la copie textuelle :
0 mes rêves chéris, ô toute ma jeunesse,
Qu’ètes-vous devenus ?
L'avenir n’est qu'un mot, mais c’était ma richesse,
Mes trésors inconnus.
Tout ce que j’ai rêvé, tout ce qui m'a fait vivre.
C’est déjà du passé ;
Le coeur me manque enfin, il ne me peut plus suivre.
C’est le premier lassé.
Dans ce monde où je suis, dans cc'désert sans route,
Nul cri n'est entendu.
Je regarde le ciel, puis la terre, et je doute,
Et je me sens perdu.
Que m'importe à présent la louange ouïe blâme?
J'ai vécu ce qu'il faut.
Je marche sur mon cœur pour élever mon âme Et mon mépris plus haut.
De là je juge mieux la chimère frivole,
Mon Dieu, celui des fous,
L'amour, illusion que j'aimais, en idole,
Adorer à genoux.
Thomas, doutant de tout et craignant l’imposture.
Voulut toucher un pen.
11 ne me faut à moi que sentir ma blessure Pour renier mon Dieu.
L'espérance n'est plus; le chagrin me convie,
A l'oubli je suis prêt.
Je soufflette le sort, l’amour, la mort, la vie.
Et mon dernier regret.