BAUTRU
Guillaume Bautru, comte de Serrant, conseiller ordinaire du roi, introducteur des ambassadeurs, ambassadeur en Flandre et envoyé du roi en Espagne, en Angleterre et en Savoie, a été considéré comme un des beaux esprits du xvn 0 siècle. — C’était un bel esprit, en effet, mais à la façon de l’Angely, le fou de Louis XIII.
Il a été chanté par Saint-Amant dans le « Poète Crotté » :
Si vous oyez une équivoque, bus jetez d’aise votre toque, t prenez son sens malotru Pour un des beaux mots de Bautru.
Ce bateleur ne faisait pas profession de dévotion. Étant allé faire une retraite à Saint-Lazare, comme on lui don-
nuit à méditer sur l’endroit de la passion qu’il penserait le toucher le plus, il s’arrêta au passade où les soldats jettent les dés. — On ne put tirer de là ce joueur effréné.
« Étant tombé malade de la maladie dont il mourut, ses médecins furent d'avis de le faire saigner, à quoi il ne voulait pas consentir. Le roi qui l’aimait ayant su sa résistance lui envoya ordre de le faire. 11 dit à celui qui apporta cet ordre :
— Je n'aime point les saignées de la part du roi'».
Bautru avait alors soixante-dix-sept ans.
« J’étais chez un de mes amis, raconte Ménage, lorsqu’on vint me dire qu’il était tombé en apoplexie. Je courus pour le voir, mais il avait déjà perdu connaissance. Ce fut le père d’Harrouys qui fut appelé pour le confesser. Lorsqu’on lui eut dit le sujet pourquoi il était venu :
— Je ne vous connais pas, et vous ne me connaissez • pas aussi, mon père, lui dit-il d’une parole fort embarrassée, cependant il faut que je vous dise ce que j’ai fait de plus secret. »