BEAUZÉE
Le sang-froid de Beauzée ne se démentit jamais. Un jour il surprit sa femme causant de trop près avec son maître de musique. Celui-ci s’écria naïvement :
1 u Menagiana. »
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— Quand je vous disais, madame, qu’il était temps que je m’en « aille. »
— Que je m’en » allasse, » dit l’imperturbable grammairien.
Lorsqu’il fut près d’expirer, un homme qui louchait lui demanda : 1
— « Comme » vous vous portez ?
— « Comment « vous voyez, répondit-il.
BENSEBADE.
Benserade valait mieux que ses vers. Il avait du trait et avait fait ses preuves de bonne heure, — dès l’àge de six ans : l’évéque qui le confirmait, voulait qu’il troquât son prénom juif d’Isaac contre un prénom plus chrétien :
— J’y consens, répondit Benserade, pourvu qu’on me donne du retour.
Las de son métier de bel-esprit de cour, il se retira à Gentilly et s’amusa à semer son jardin d’inscriptions de ce genre :
Adieu, fortune, honneur, adieu, vous et les vôtres,
Je viens ici vous oublier;
Adieu, toi même, amour, bien plus que tous les autres Difficile à congédier.
Lorsqu’il fut prêt à faire le grand saut, entendant son
médecin dire à la garde-malade que c’était un homme mort, mais qu’il fallait cependant continuer à lui faire manger de la poule bouillie :
— Pourquoi du bouilli, s’écria-t-il, puisque je suis frit ?