‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 131 sur 222 · I,E COMTE DE MAUGIRON · texte numérisé non relu

I,E COMTE DE MAUGIRON

Ce lieutenant-général était un sceptique du genre goguenard.

L'archevêque de Valence l’avait attiré chez lui pour le ramener dans le sein de la religion. Mais il le prêchait en pure perte. Le comte avait beau sentir sa fin approcher; il continuait de répondre aux sermons par des plaisanteries.

Au milieu d’une crise, entendant son hèle qui accourait avec son grand vicaire pour lui apporter à temps les secours spirituels :

— Je les attraperai bien, dit à son médecin l’incorrigible Maugiron : ilscroventmc tenir et je m’en vais.

Une heure auparavant, il avait aligné les rimes suivantes :

Tout meurt, je m'en aperçois bien !

Tronchin, tant fêté dans le monde,

Ne saurait prolonger mes jours d’une seconde. Ni Dumont en retrancher rien.

Voici donc mon heure dernière :

Venez, bergères et bergers,

Venez me fermer la paupière ;

Qu’au murmure de vos baisers

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Tout doucement mon âme soit éteinte.

Fiuir ainsi dans les bras de l’amour,

C’est du trépas ne point sentir l'atteinte,

C’est s’endormir sur la fin d'un beau jour.

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