‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 145 sur 222 · NÉ COIFFÉ · texte numérisé non relu

NÉ COIFFÉ

Les journaux de France, à la fin de septembre 1826, sous la rubrique « Angleterre», contenaient la relation

DE LA DEHIN'IEHE HEURE

suivante, relative à la succession d’un banquier de Londres :

« L’épouse de l'honorable Arthur Thélusson vient d’accoucher d’un fils à Ribjierfordhouse, dans le Worcestershire. Cet événement est fort important en ce qu’il fixe le sort d’une des plus grandes fortunes qui aient jamais existé, et reporte l’attention sur le singulier testament de feu M. Thélusson, dont nous allons parler avec détail :

« Pierre-lsaac Thélusson était natif de Genève, et s’était établi à Londres, où il avait fait dans le commerce une immense fortune. Il mourut à Rastow, dans le comté de Kent, le 21 juillet 1797, laissant trois lilset trois filles. 11 donna par son testament cent mille livres sterling à sa femme et à ses enfants, mais ses immenses propriétés du Yorksbire et le reste de sa fortune, montant à environ cinq cent mille livres sterling, furent confiés par lui à des tuteurs pour qu’il en fût fait emploi jusqu’après la mort doses fils et de ses petits-fils, ce qui formait une période de temps d’environ cent vingt ans, pendant laquelle on avait calculé que le fond primitif, par l’accumulation des intérêts, s’élèverait à cent quarante millions de livres sterling ( trois billions cinq cent millions de francs). Alors, s’il n’existait pas de descendant mâle, cette étonnante fortune devait devenir la propriété de l’Etat, et accroître l’amortissement sous la surveillance du Parlement. Ce testament fut vivement contesté parla famille du défunt, mais il fut maintenu par un décret de Chancellerie : seulement et postérieurement, sur la proposition du chancelier Rosslyn, intervint un acte qui défendait de semblables dispositions, et une accumulation si extravagante d’une fortune privée.

« On voit par ce qui précède, si la naissance de l’en-

fant mille de sir Arthur Thélusson a dù être un événement en Angleterre. »

Cette accumulation d’intérêts nous fait souvenir d’un acte de vente des plus singuliers. Un Anglais, — nos voisins nous dament le pion de ce côté, — vendit pour cinq guinées une propriété qu’il possédait dans le comté de Norfolk et qui lpi rapportait bon an mal an cinq mille livres sterling ( cent vingt mille francs environ ).

— C’est un fou, disait-on.

— Pas si fou, répondit quelqu’un qui était au courant de l’affaire; sachez que l’acquéreur, ou plutôt ses héritiers, ou ayant-cause, ne doivent entrer en possession de ce. domaine que dans trois cent soixante ans; et le vendeur a calculé que les cinq guinées, placées à intérêt pendant ce temps, ainsi que les intérêts quelles produiront, formeront à cette époque un capital de un million trois cent dix mille sept cent vingt livres sterling (environ trente-deux millions quatre ccntvingt-six mille deux cent quatre-vingts francs).

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