‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 146 sur 222 · NEZ QUI VAUT DE 1,’OR · texte numérisé non relu

NEZ QUI VAUT DE 1,’OR

« Un riche particulier de Londres meurt et laisse à miss B.., qui ne le connaissait nullement, une fortune qui se monte à plusieurs millions ; on ne devinerait jamais quel a été le motif d’une générosité aussi considérable cl aussi imprévue. Il faut citer l’article même du testament , il est ainsi conçu :

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« Je supplie miss B... d’accepter le don de ma fortune entière, trop faible auprès des inexprimables sensations que m’a fait éprouver pendant trois ans la contemplation de son adorable nez. »

<• Après l’ouverture du testament, les hommes de loi se rendirent chez miss B..., pour lui faire signer l’acceptation du legs. Grand étonnement de la part de cette dame ! le nom de ce légataire lui est absolument inconnu, et rien dans sa généalogie la plus reculée n’en approche. Bien embarrassée, craignant une erreur ou une mystification, elle demande si le défunt est enterré :

« — Non, lui dit-on.

« — Conduiscz-moi près de lui.

« Ici l'étonnement devient général :

n — C’est lui ! s’écrie miss B..., après avoir fait découvrir le défunt; c'est l’homme qui, pendant trois ans, me poursuivit de ses hommages, de ses vers en faveur de mon nez! A Hyde-Park, à Covent-Gardcn, il était toujours devant moi et fixait continuellement ses regards sur moi.

« On ouvre les papiers du défunt : ils contiennent plusieurs épilres ébauchées en l’honneur du joli nez de miss B...; plus de cinquante croquis le représentant de face, de profil, de trois quarts. Ou relit le testament, et l’ou ne doute point que miss B... ne soit la véritable légataire. En conséquence, elle accepte la succession, et les pauvres parents du défunt n’ont qu’un. pied-de-nez. Ce qu’il y a de singulier dans cette aventure, c’est que, sauf un nez fort prononcé, cette dame n’avait rien de remarquable dans la physionomie*. «

i Peignot, «Choix <in testament* »

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