I.A DUCHESSE d’oLONNE
Madame d’ülonne était d’un naturel fantasque. Ses derniers moments ( 1776 ) ne déparèrent pas sa vie.
Elle ordonna d’abord que son corps fût transporté à deux cent cinquante lieues de Paris, dans sa principauté de Lux, située dans la Basse-Navarre; que le cortège ne fit que cinq lieues par jour et qu’il fût suivi de deux cents pauvres, torches en mains, payés un écu par jour. Puis, après avoir disposé de la majeure partie de sa fortune, elle laissa à ses domestiques des rentes proportionnées à leurs services, sous la condition expresse qu’ils s’éloigneraient tous de Paris et qu’ils vivraient séparés les uns des autres : c’était, la duchesse le confessait franchement, pour les empêcher de médire d’elle.
« En se servant du mot «médire, « la bonne duchesse semble, dit le non moins bon Peignot, se rendre justice et faire l’aveu qu’il y avait matière... Elle a légué quinze mille francs, ajoute-t-il d’un petit air malin, — au poète Robbé qu’elle logeait et soutenait à Paris : ce n’est sans doute pas pour certaine pièce qui ne fait honneur ni au goût ni au talent du poète. » Robhé n’avait pas que cette seule pièce sur la conscience : il était coutumier d’obscénités de toutes sortes.
LE DOCTEUK OHIGET.
Le docteur Origet était le doyen des médecins de Tours, lorsqu’il mourut, en 1828. — Son testament renferme une clause digne d’ètre consignée ici ; elle a été fort admirée, mais on ne l’a retrouvée dans aucune autre pièce de ce genre :
« J’invite toutes les personnes qui, par elles-mêmes, ou par droit de succession, me devront des honoraires, d’en remettre le montant, évalué au tarif de leur conscience et de leurs moyens, à MM. les curés de leur paroisse, pour que ces messieurs en fassent tel acte de bienfaisance qu’ils jugeront à propos; interdisant à mon légataire universel, ou à ses avant-cause, toutes demandes et poursuites envers qui que ce soit; et, pour que personne n’en ignore, mon légataire universel fera insérer dans le journal des Affiches de Tours ma présente volonté. »
PAUAN.
L’échec di la conspiration de Mallet eut son contre-coup à Toulon. Un des conjurés de cette ville, Paban, qui était
immensément riche, arrivé au champ de Mars où il allait être fusillé, s’écria :
— Deux cent mille francs à qui me délivrera... Une fois, deux fois... Personne ne répond... Ah ! cà, tout le monde est donc millionnaire ici !