I.ES PARIS SONT OUVERTS
« Il vient de mourir à Londres, dit un journal anglais, un individu tRogestonc) qui a mangé en dix ans une fortune de cent cinquante mille livres sterling (trois millions sept cent cinquante mille francs), mais ce qui s’appelle littéralement mangé. Cet individu, dont les plaisirs de la table étaient la passion dominante, a parcouru l’Europe, uniquement occupé de gastronomie.
Après un certain nombre d’années passées à satisfaire scs caprices gastronomiques à des prix quelquefois fabuleux, il est arrivé à ne posséder plus qu’une seule guinée, une seule chemise et un seul chapeau tout crasseux. Il a employé la guinée à l’achat d’une bécasse qu’il a mangée, préparée selon toutes les règles de l’art culinaire ; il a passé deux heures à la digérer dans une douce quiétude, puis il s’est jeté dans la Tamise, du haut du pont de Westminster, d’où on aurait pu le sauver, si, à l’instant même, il ne s’était pas ouvert des paris entre quelques gentlemen sur la question de savoir s’il se noierait ou s’il ne se noierait pas. Les bateliers sauveteurs n’ont point passé outre : c’est un usage immémorial 1 i «
PATBU.
« Monsieur Bossuet, étant allé voir Patrii qui était mourant, lui dit :
— On vous a regardé jusqu’ici, monsieur, comme un esprit fort; songez à détromper le public par des discours sincères et religieux.
— Il est plus à propos que je me taise, répondit Patru : on ne parle dans ses derniers moments que par faiblesse ou par vanité* ».
1 Biukiwe de Boismokt, « Du Suicide », p. îSS
î L'aube Raynal, a Anecdotes littéraires ».