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LE COMTE DE PEMBROKE

« AJpi, Philippe, dernier comte de Pembroke et de Montgommery, chevalier pour le comte de Berks, étant, comme on me le certifie, très-faible de co'îps, mais d’une mémoire parfaite, car je me souviens d’avoir donné ma voix, il y a cinq ans, pour dépêcher le vieux Canterbury cependant, comme la mort me poursuit et me menace, et que j’ai toujours cédé à ceux qui me menaçaient, je fais à présent l’acte de ma dernière volonté :

« Imprimis, » pour mon âme, j’avoue avoir souvent entendu parler d’âme... Lorsque le roi régnait, je faisais

1 Guillaume de Laud, archevêque de Canterburj, qui fui condamné à mort comme coupai e do haute trabifon.

porter à mon fils une soutane, ayant envie d’en faire un évêque, et j’étais de la religion de mon maître ; ensuite sont venus les Ecossais qui m’ont fait presbytérien ; depuis Cromwel, je suis devenu indépendant. Voilà, je crois, les trois principales religions du royaume. Si quelqu’une des trois peut sauver une âme, je la réclame...

« Item, » je donne mon corps, car je ne peux pas le garder : vous voyez que les chirurgiens me déchirent par morceaux. Enscvclissez-moi donc ; j’ai assez de terre d’église pour cela...

« Item, » je ne veux point de monument, car il me faudrait une épitaphe et des vers ; et, pendant ma vie, on ne m’a fait que trop de vers.

» Item, » j’entends que mes chiens soient partagés entre tous les membres du conseil d’état ; j’ai assez fait tout ce qu’ils ont voulu ; j’ai travaillé tantôt avec les pairs, tantôt avec les communes. Ainsi, quelque chose qui arrive de moi, j’espère qu’ils ne laisseront pas mourir de besoin mes pauvres chiens.

<« Item, •> je donne mes «leux meilleurs chevaux de selle au comte de Denbigh, à qui je crois que les jambes vont bientôt manquer. Quant à mes autres chevaux, je les donne à milord Fairfax », afin que, quand Cromwel et son conseil lui ôteront sa commission, il puisse avoir quelques chevaux à commander.

» Item, •> je donne toutes mes bêtes fauves au comte de Salisburv, étant bien certain qu’il les gardera soigneusement, puisqu’il a refusé dernièrement au roi un daim de son parc.

! Chef du paili parlementaire, qui lattit l'armée de Charles I er à Nasse bj.

« Item, » je donne mes chapelains au comte de Stampfort, attendu qu’il n’a jamais fait usage d’aucun, n’en ayant connu d’autre que son fils, milord Grey, qui, étant en môme temps spirituel et charnel, engendrera plus d’un monstre.

« Item, « je donne « rien » à milord Say, et je lui fais ce legs, parce que je sais qu’il le distribuera fidèlement aux pauvres.

« Item, » attendu que j’ai menacé le sieur Henri Mildenay, et que je ne l’ai cependant point battu, je donne cinquante livres sterling au laquais qui l'a rossé.

« Item, » je donne à Thomas May, à qui j’ai cassé le nez dans une mascarade, cinq schellings. Je complais lui donner davantage, mais tous ceux qui ont vu son »■ histoire du parlement » penseront que cinq schellings sont encore trop.

« Item, >> je donnerais à l’auteur du libelle contre les dames, intitulé « Nouvelles de l’excliangc, » trois sols pour inventer une façon de barbouiller encore plus obscène que ce qu’on a vu jusqu’ici ; mais, puisqu’il insulte et noircit indignement je ne sais combien de gens, je charge de son paiement le laquais qui a payé les ancrages de Henri Mildenay. Il lui apprendra à distinguer les femmes respectables.

« Item, » je donne au lieutenant-général Cromwell une de mes paroles, attendu qu’il n’a gardé aucune des siennes.

« Item, » je donne aux riches citoyens de Londres, ainsi qu’aux presbytériens et à la noblesse, avis de prendre garde à leur peau ; par ordre de l’état, la gar-

nisori de Wittehall s’esl fournie de poignards, et, au lieu de chandelles, elle se sert de lanternes sourdes.

« Item, » je rends 1’ùme *. »

PÉRIOLÈS.

■ Périclès, qui avait vécu en esprit fort, se voyant abandonné des médecins, eut recours aux ligatures et aux incantations magiques. Un de ses amis étant venu le voir et lui ayant demandé des nouvelles de sa santé :

— Jugez, répondit-il, du malheureux état où je me trouve, par l’attirail qui m’environne. Il faut que je sois bien malade, puisque je suis devenu superstitieux.

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