‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 166 sur 222 · LE MARQUIS DE PRIE ET I.E CHEVALIER DE KINS0N1SAT · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE PRIE ET I.E CHEVALIER DE KINS0N1SAT

» Le marquis du Prie est mort ces jours-ci, dit Collé dans son « Journal », à la date du 1751 ; il n’a point voulu entendre parler de sacrements. Quelques personnes de sa famille, des gens sages, dit-on, lui ont fait venir le curé de sa paroisse, comme en ayant l’ordre du roi. M. de Prie, qui se doutait de quelque supercherie, le reçut avec beaucoup de politesse, et lui demanda de quelle part il venait ; à quoi le pasteur, qui avait le mot, répondit qu’il venait de la part du roi.

— Soyez le bien venu en ce cas-là, monsieur le curé, reprit le moribond, mettez-vous là, asseyez-vous là, dès que vous venez de la part du roi ; si vous étiez venu de la vôtre ou de celle du mes parents, je vous aurais fait jeter par les fenêtres.

Cela dit, il se retourna du côté de la ruelle, et, après quelques instants, le curé se retira et le pénitent mourut.

Le chevalier de Kinsonnat fut plus chrétien et plus poli dans une occasion à peu près semblable. Liant en danger de la vie, il reçut le viatique et l’extrémeonclion en présence du chevalier de Livry et d’un autre chevalier de Malte de ses amis, qui par hasard étaient entrés quelques minutes avant que le bon Dieu arrivât. Quand la cérémonie fut finie et que les prêtres furent retirés :

- Messieurs, leur dit poliment le chevalier de Kinsonnat, je vous fais mille excuses, je vous demande mille pardons que tout cela se soit passé devant vous. >»

« C’était, je crois, de ce dernier, ajoute Collé, qu’un officier extrêmement ignorant disait à un de ses amis :

— Sais-tu que le chevalier est à l’extrémité? on lui a porté ce matin « l’émétique. »

proposition avantageuse.

Un gredin, qui avait exercé les fonctions d’agent de surveillance des bagnes, condamné à mort en 183't pour assassinat commis sur la personne d’une vierge folle, marcha au supplice, le sourire et le cigare aux lèvres, comme eût dit M. Scribe. Pendant la lecture de sa sentence, il s’entretint familièrement avec l’exécuteur des hautes-œuvres qui le garottait sur le billot. 11 n’eut pas une minute de défaillance. Se tournant vers les commissaires de police qui se trouvaient à côté de lui, il réédita le mot de Cliampcenetz :

— Avec quinze cents francs, dit-il, on trouve un remplacement dans l’armée. Eh bien! moi, j’en offre trois mille à qui voudra prendre ma place ici... Personne ne répond ; c’est pourtant un marché avantageux.

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