RAVAILLAC
Lorsqu’on l’eut retiré de la torture, ce fanatique dit à sou confesseur avec une humilité qui confond :
— Je m’accuse de quelque impatience dans mes tourments. Je prie Dieu de me la pardonner et de pardonner à mes « persécuteurs ».
RÉCLAME d’un PENDU.
Barthélemy qui, à Londres, tua Cournet en duel, fut condamné à être pendu, trois ans après, pour avoir dépêché un constable. Un de nos bons amis d’enfance, le docteur Briquelot, que nous avons eu la douleur de perdre dans le mois de mars de l’année 1860 , nous a raconté, à ce propos, l’anecdote suivante. On venait d’avertir le condamné qu’il allait paraître devant Dieu, et un prêtre catholique se présentait pour l’exhorter à faire une bonne fin. Or ce prêtre était anglais d’origine et avait, au suprême degré, l’accent du crû.
— Vous parlez trop mal le français, lui dit Barthélemy.
Le bon Dieu ne parle que cette langue, et j’aurais peur de ne pas être reçu en paradis, si j’y étais conduit par vous.
Le mot fut répété par le digne prêtre et amena un résultat fort piquant.
— Un homme qui va mourir ne ment jamais, dirent les naïfs qui sont en majorité à Londres comme à Paris... Et, d’ailleurs, qu’importe qu’il ait voulu se moquer de nous? Si cela ne fait pas de bien, cela ne peut pas faire de mal.
Et la clientèle des maîtres de français prit tout à coup des proportions colossales.