‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 180 sur 222 · RUQUEVILLE · texte numérisé non relu

RUQUEVILLE

C’était un gentilhomme de Normandie, attaché à M. de Longueville, le mari de la hien-aiméedc M. Cousin. Il avait l’esprit tourné à la drôlerie. Laissons parler Tallemant.

« Il avait un neveu ftgé de vingt ans, fort débauché.

B- — Je ne veux point, disait-il, fréquenter ce coquin, car je pourrais prendre de mauvaises habitudes avec lui.

« 11 avait quarante ans de plus que ce garçon.

« Ruqueville étant à l’extrémité, son tailleur, à qui il devait beaucoup, le pria de lui donner une reconnaissance.

« — Bon, mon ami, lui dit-il, écrivez, je la signerai.

« Il lui diela : « Je soussigné, etc., promets à maître... etc., maître tailleur d'habits à Paris, demeurant rue Saint-Honoré, paroisse Sainl-Eustaclie, etc.

» Il lui en fait mettre tout le plus long qu’il peut, et, après l’avoir bien fait écrire, il ajoute « cent coups de bùton », au lieu de la somme. Le tailleur le donne au diable et s’en va.

« Il avait du dépit de ce que ses camarades de chez M. de Longueville ne venaient point lui dire adieu; il ôte son bonnet, et parlant comme s’ils eussent été présents:

» — Adieu, dit-il, monsieur de Plénoches, adieu, monsieur Farsau, adieu, celui-ci, adieu, celui-là : vous êtes de braves gens de n’avoir pas manqué à rendre ce dernier devoir à votre pauvre camarade.

« Il envoya quérir l’argentier de M. de Longueville et lui dit :

« — Monsieur un tql, je vous lègue cinq cents écus.

« L’autre le remercia, mais quand ce vint après sa mort à lire le testament, on trouva l’article ainsi couché: « Item », je lègue à... les cinq cents écus qu’il m’a volés sur les commissions qu’il a faites pour moi. »

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