‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 186 sur 222 · SCARRON · texte numérisé non relu

SCARRON

Un religieux, qui regardait les souffrances comme des faveurs du ciel, disait à Scarron :

— Je me réjouis avec vous, monsieur, de ce que le bon Dieu vous visite plus souvent qu’un autre.

— Ah ! mon père, répondit Scarron; le bon Dieu me fait trop d’honneur.

Quand il fut pris de ce hoquet dont il ne put se débarrasser :

— Si j’en reviens, dit-il, je ferai une belle satire contre le hoquet.

Et comme il n’entendait que des lamentations autour de lui :

— Mes enfants, je ne vous ferai jamais autant pleurer que je vous ai fait rire.

Rappelons l’épitaphe si profondément mélancolique, composée par ce poète trop éprouvé :

Celui qui ci maintenant dort Fit plus de pitié que d’envie,

Et souffrit mille fois la mort,

Avant que de perdre la vie.

Passant, ne fais ici de bruit Et garde bien qu’il ne s’éveille,

Car voici la première nuit

Que le pauvre Scarron sommeille.

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