‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 191 sur 222 · SUICIDE A LA GLACE · texte numérisé non relu

SUICIDE A LA GLACE

On lit dans «The National Police Gazette », journal de New-York :

« M. Zhendre s’est suicidé vendredi dernier, 4 juin, (1852), à huit heures du soir, dans une pension bourgeoise, rue Saint-Philippe, 46. Nous avons recueilli sur ce déplorable événement des détails qui donnent à ce suicide un caractère tout particulier. Cet homme, qui est né à Paris, et qui était intelligent et très-instruit, était atteint, à ce qu’il parait, depuis quelque temps, d’une sorte d’aliénation mentale partielle. Vendredi soir, il détacha de sa chambre à coucher une grande glace, la suspendit dans une autre pièce de son logement, et se plaça devant cette glace pour accomplir son funeste projet de suicide.

« Deux pistolets ont été trouvés près de son cadavre, et, d’après les blessures qui ont été examinées, on suppose qu’il a placé .l’un des canons sous son pienton et l’autre vers les tempes, puis il a simultanément lâché les deux détentes. Quatre petites balles formant la charge du premier pistolet ont labouré le visage en sortant près du nez et ont fait une bjessure large et hideuse. La charge de l’autre pistolet s’est logée dans la cervelle.

« Le cadavre était déjà froid et raidi quand on l’a relevé ■ une heure après l’accomplissement de cet

acte désespéré. On a trouvé la lettre suivante, écrite en français dans l’une des poches des vêtements de M. Zhendre :

« Dernières volontés :

<« Je défends expressément toute espèce de cérémonies. Mon désir est d’être transporté directement au cimetière. Je prie le commissaire de police de fixer le moment de ce transport à six heures du matin. Je ne veux aucune espèce de tenture de deuil. Je n’ai besoin d’étre accompagné par personne. Je désire être jeté dans la fosse commune et je défends qu’on m’élève aucun monument.

« A. ZHENDRE,

« né à l'aris le 16 mai 1795. »

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