‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 27 sur 222 · ALONZO CANO · texte numérisé non relu

ALONZO CANO

Ce sculpteur, qui sc fit connaître par trois statues de grandeur naturelle, représentant la « Vierge avec l’enfant

Jésus, saint Pierre et saint Paul », — ce peintre, qui a laissé plusieurs tableaux assez prisés, entre autres âme « Conception de la Vierge » et une « Madeleine en pleurs », — cet architecte qui éleva un arc de triomphe à Madrid, tout dévôt qu'il fut, car il s’était retiré dans un couvent, refusa, sur son lit de mort, de baiser un crucifix qu’on lui présentait : il le trouvait d’un travail trop grossier.

CAPRICE d'en CONDAMNÉ A MORT.

Nous trouvons dans la « Gazette des Tribunaux » (septembre 1801 (la relation suivante d’une exécution :

« Un nommé J. Whitc avait été condamné à mort pour assassinat et devait être exécuté lq 15 août dernier à Salem (Illinois). Dans sa cellule se trouvait une chaîne longue de trois pieds et solidement fixée au sol, dont on se servait quelquefois pour attacher les prisonniers. Il parvint, par un effort surhumain, il l’arracher, l’enroula autour d’un large anneau qui formait l’une de ses extrémités et s’en fit une sorte de massue. Ainsi armé, il se plaça derrière la porte et déclara avec les plus terribles serments à ceux qui venaient le chercher pour le conduire au supplice que pas un homme n’entrerait vivant. Cependant, après un moment d’hésitation causé par celte menace, le shérilT Black, assisté de quatre hommes résolus, essaya de pénétrer dans la cellule; mais il fut accueilli par un coup terrible qu’il put éviter heureusement et qui ne lui fit qu'une blessure légère à la main.

« Quelqu’un proposa de lancer de l’aminoniaque au visage du condamné, afin de produire une suffocation momentanée dont on profiterait pour entrer et se rendre maitre de sa personne. Ce moyen fut tenté, mais il éclioua. Le prisonnier recula d’abord sous l’action du liquide ; mais, s’étant remis promptement, il vint reprendre sa place derrière la porte, toujours armé du formidable engin. On conseilla au shériff de lui envoyer une balle de pistolet; le magistrat répondit qu’il n’emploierait ce moyen qu’après avoir épuisé tous les autres. « Si on essayait du chloroforme? » dit un des assistants. L’idée parut bonne. On se procura deux bouteilles de ce liquide, qui fut répandu dans la cellule de manière à saturer complètement l’atmosphère de ses vapeurs, tandis qu’au dehors on suspendait des draps aux fenêtres grillées, et que l’on bouchait toutes les ouvertures pouvant donner de l’air.

" Le condamné ne fit d’abord que rire à cette nouvelle tentative. 11 était évident que cet homme avait eu l’occasion dans sa carrière criminelle de se familiariser avec l’usage et les effets du chloroforme. Il le dit, en effet, en raillant les officiers de police sur la faiblesse et la pauvreté de ce moyen.

« Pour se préserver de l’action des vapeurs anesthésiques, il s’entoura le visage de son couvre-pied, et, s’approchant de temps en temps de l'une des fenêtres, il passait la main à travers les barreaux, écartait le drap et donnait à l’air extérieur an passage qui lui permettait d’arriver jusqu’à ses organes respiratoires.

« Plus d’une heure se passa dans cette lutte sans résultat, et déjà l’on songeait à recourir à des mesures plus énergiques, lorsque le coudainné, sentant défaillir son

courage, demanda à capituler. 11 consentit à livrer son arme et à s’abandonner aux exécuteurs, à la condition qu’on lui servirait un dincr accompagné d’un verre de visky, et qu’on le laisserait vivre jusqu’à une heure de l’après-midi. La proposition ayant été acceptée, W liite lit passer sa massue à travers le grillage de la porte ; le dîner elle verre de wisky lui furent ensuite apportés, et à une heure de l’après-midi le shérifT entra dans la cellule. Wliite s’avança au devant du magistrat et se déclara prêt à le suivre. Il se laissa lier les mains derrière le dos et descendit d’un pas ferme et résolu l’escalier de la prison pour se rendre au lieu du supplice... » .

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