‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 37 sur 222 · LORD CHESTERFIELD · texte numérisé non relu

LORD CHESTERFIELD

Samuel Johnson a dit de ce lord :

-* C’est le plus bel esprit des grands seigneurs et le plus grand seigneur des beaux esprits, bord Clicsterlield méritait mieux que cet éloge ironique.

II ne fut égalé, dit le docteur Maty, son biographe, par aucun de ses contemporains, pour la variété des talents, l’éclat de l’esprit, la politesse des manières et l’agrément de la conversation. »

Suard parle en ces termes d’une visite qu’il lit à lord Cliesterfield, en compagnie du docteur Maty, qui le présentait : « Il est bien triste d’élre sourd, nous dit-il, quand on aurait tant de plaisir à écouter. Je ne suis pas aussi sage que mon ami, le président de Montesquieu : « Je sais être aveugle, » m’a-t-il dit plusieurs fois; et moi je ne sais pas encore être sourd. » Je saisis cette occasion de lui parler de M. de Montesquieu. J’avais été présent un jour à une dispute qu’avait M. de Montesquieu avec M. de Lamoignon, sur les querelles des parlements avec le ministère et sur le droit qu'ils s’arrogeaient d’arrêter par leurs remontrances les actes de l’autorité souveraine.

>> Je me souviens, dit M. de Montesquieu, que, causant un jour sur le même sujet avec milord Cliesterfield, il me dit : « Vos parlements pourront bien faire encore des barricades, mais ils ne feront jamais de barrières. » Le

comte parut écouler avec plaisir mon anecdote. Il me dit: « Je ne me souviens point du tout d’avoir jamais prononcé ces paroles, mais je ne suis pas fâché de les avoir dites. » Nous abrégeâmes notre visite, continue Suard, dans la caintede le fatiguer.

— Je ne vous retiens pas, nous dit-il ; il faut que j’aille faire la répétition de mon enterrement. »

Il appelait ainsi la promenade qu’il faisait tous les matins, en voiture, dans les rues de Londres.

M. Stanhopc hérita des biens et des titres de lord Chesterlield aux conditions suivantes : S’il paraissait aux parties de jeu de New-Market, il devait payer une amende de 5, (XX) liv. sterling; il était passible d’une semblable amende à chaque centaine de livres qu’il perdrait au jeu dans les lieux publics. Le doyen et le chapitre de Cantorbéry étaient autorisés à poursuivre le paiement de ces sommes et à les appliquer aux besoins de leur église.

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