‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 58 sur 222 · DORAT · texte numérisé non relu

DORAT

« Il a laissé pour héritage environ cent mille francs de dettes.

« Il était si dénué de ressources qu’il est mort sur une chaise longue, que lui avait envoyée madame de Beauharnais. Il parait pourtant que ses derniers soupirs ont été pour mademoiselle Fannier. Il y allait encore tous les jours, c’est-à-dire qu’on le descendait en fauteuil, qu’on le mettait dans une chaise à porteurs et qu’on le montait chez cette actrice. Il a dit au curé de Saint-Sulpice, la première fois qu’on lui a annoncé ce pasteur, qu’il n’avait rien écrit contre la religion et qu’il en avait toujours respecté les ministres. Le curé lui a répondu qu’il le savait, qu’il avait ses œuvres dans sa bibliothèque et les lisait avec plaisir; qu’il ne venait pas pour le convertir,

DES ORIGINAUX

mais pour lui offrir des secours pécuniaires. Le poète les a refusés en lui témoignant toute sa reconnaissance, et c’est avec cette aménité de part et d’autre que les choses se sont traitées *. »

Voici l’épitaphe qu’on lui lit .

De nos papillons enchanteurs Emule trop fidèle,

11 caressa toutes les fleurs,

Excepté l’immortelle.

UN DKÔLB DB COBPS.

Un garde du bois de Vincennes découvre dans un fourré un cadavre, prés duquel se trouvent une fiole qui parait avoir contenu un liquide vénéneux, — et un papier renfermant ce qui suit :

« Au moment de quitter la vie, je veux me réconcilier avec tous ceux que j’ai pu blesser volontairement ou involontairement. Je les prie donc de me pardonner comme je leur pardonne : au colonel Capone, dit Marengo, de m’avoir fait rôtir à la crapaudine, de m’avoir mis en bouteille pendant six mois les fers aux pieds et aux mains et de m’avoir forcé à chercher chez les Bédouins un refuge contre sa tyrannie.

et Mémoire* secret» » t. VIII. p. 160-107.

« Je lègue mon corps à M. Boyer, chirurgien-major à l’Hôtel-Dieu, et mon âme au Diable.

Fait et clos le 3 septembre 1850, à Paris. •

I’olydor-Léon Fressinet. »

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