‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 80 sur 222 · FRANKLIN · texte numérisé non relu

FRANKLIN

Madame Campan raconte une anecdote qui fait peu d’honneur à Louis. XVI. Lorsque l'habile physicien habitait la France, où il était venu plaider la cause de l’indépendance de sa patrie et solliciter des secours, son buste fut. répandu à profusion dans Paris ; le roi eut l’idée grotesque de commander à la manufacture de Sèvres un vase de nuit, au fond duquel serait placé le médaillon de Franklin, — et d’en faire présent à la comtesse de Polignac.

L’excellent homme introduisit cette clause dans son

testament :

« Je donne ma belle canne surmontée d’une pomme d’or, curieusement travaillée en bonnet de la liberté, à mon ami, à l’ami du genre humain, le général Washington. Si c’était un sceptre, elle serait digne de lui et bien placée dans sa main. »

N’etait-ce pas, sans le vouloir, faire injure à Washington?

Franklin avait fait lui-même son épitaphe, dès 1728, alors qu’il était imprimeur :

Lu corps De

Benjamin Franklin,

Imprimeur,

Semblable à la couverture d’un vieux livre Privée de son contenu

ht dépouillée de son litre et de ses dorures, Repose ici, pâture pour les vers,

Mais

L'ouvrage ne sera pas perdu,

Car, ainsi qu'il le croyait lui-même,

11 reparaîtra

Dans une nouvelle et plus élégante édition, Revue et corrigée Far

L'auteur.

FRÉDÉRIC il.

Dans sa dernière maladie, le grand Frédéric éprouva une crise après laquelle il se sentit comme ranimé. Entendant les médecins s’entrenirâ voix basse des chances qu’il avait de se tirer d’affaire, il se tourna vers son successeur qui se trouvait auprès de son lit et lui dit avec un sourire des plus sardoniques :

— Pardon, mon neveu, de vous faire tant attendre.

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