‹ Les origines bénédictinesChapitre 1 sur 24 · LA LÉGENDE DE SAINT BENOIT · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE SAINT BENOIT

L'Institut monastique venu d'Orient en Italie, au iv" siècle, avec saint Athanase, saint Jérôme et les disciples de saint Basile, présentait déjà à la fin du cinquième les signes d'une décadence précoce. L'Eglise, entraînée par la dissolution générale de la société romaine était battue en brèche par l'hérésie presque universellement triomphante, car il n'y avait pas, à cette époque, de prince qui ne fût ou païen, ou arien, ou eutychéen. De plus, le désordre s'était mis dans les rangs du clergé séculier, et, les scandales dont il donnait l'exemple ne tardèrent pas à atteindre les communautés régulières fort nombreuses aux environs de Rome. C'est à ce moment, où tout est remis en question, gouvernement, famille, état social, religion même, qu'apparaît saint Benoît.

Certes, le jeune Benedictus, le descendant de l'illustre

LES OUKil.NKS BÉN r:i)ICTINES

famille Anicia, ne se doutait ])as, lors([iril instituait son ordre et donnait une règle à ses disciples, qu'il jetait en même temps les fondements d'une société nouvelle, et ([ue, tout ce ([ui en constitue les hases, aussi bien dans le domaine religieux (jue dans le domaine intellectuel, pliiloso|)liie, sciences, arts, littérature, serait transmis par la voie (pi'il venait d'ouvrir à des générations si éloignées de lui. Le travail, ordonné [)ar saint Benoît connue un des grands principes de sa règle, a été le viatique au moyen duquel ce ({ui avait fait l'honneur des sociétés antiques est venu régénérer le monde bai'hare du moyen âge. Aussi, la prodigieuse grandeur du but atteint, résultat que nous pouvons encore constater après treize siècles écoulés, est-elle bien surprenante mise en regard de la modestie de l'origine et de l'humilité du fondateur.

La vie de saint Benoît a été nombre de fois racontée en s'ai)puyant toujours, à titre de document histori([ue, sur l'autorité du pape saint Grégoire le Grand. Au second livre de ses Dialogues, Grégoire rejjroduit, en effet, les récits recueillis par lui-même de la bouche de quatre des premiers disci])les du patriarche, Constantin, Honorai, Valentinien, et Sinq)licius, dont deux, Constantin et Honorai, lui avaient immédiatement succédé dans le gouvernement des communautés du mont Cassin et de.Subiaco '.

1. Saint Grégoire le Grand était né en 539, qnatre ans avant la mort (le saini Benoît; moine lui-même, il avait prati()ué la règle bénédictine et

Page 1