‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 14 sur 173 · CHAPITRE I. — LES SVGRIFICES ISRAELITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — LES SVGRIFICES ISRAELITES

Ces derniers procèdent à deux ollVandes fondamentales, crll./ du saut,' et celle de la graisse. La chair ne joue qu'un rôle secondaire ; on se pn'^occupe surtout de l'éliminer par un procédé déterminé, au point qu'un prêtre inapte au service du temple pourra encore consommer les offrandes sacrificielles. Les théories sur le sacrifice, qui ont été proposées jusqu'ici, n'ont pas tenu compte de ce fait et, notamment, celles qui sont fondées sur la consommation de la chair font fausse roule. Mais, pour l'instant, nous n'envisageons que le cas de l'holocauste.

OJfrande du samj et expiation. — Le sang était recueilli dans une écuelle (saph) où on puisait avec une patère (mizraq) ^ la part que l'on versait (-:ara</) tout autour de l'autel, contre la paroi, notamment aux angles qu'on appelait les cornes 2. L'importance considérable de ce rite tenait à ce que le sang, mis en liberté, véhiculait l'àme même du sacrifiant. Cette âme, lorsque le sacrifice était agréé, atteignait la divinité, se livrait à elle, s'imprégnait de sa sainteté, mais en même temps la liait.

Pratiquement, on ne peut mettre qu'une partie du sang sur l'autel; nous verrons que le reste est éliminé en le jetant à la base de l'autel d'où des canaux le déversent dans la vallée du Cédron^. On le rend ainsi à la terre comme il est prescrit dans toute immolation faite hors du temple^, sauf la pâque.

Une grande incertitude règne sur le sens réel du terme kipper qui définit le rite d'expiation. Les uns, avec Wellhausen, le prennent dans une acception symbolique dérivée de u couvrir^», d'autres le; rai)prochent de l'assyrien kuppura, « enlever les péchés» par le rite de la lustration qu'accomplit le prêtre exorciste, dit ashipu. Dans ce cas, le sens primitif serait « frotter, effacer en frottant d. On a même proposé de ne voir dans le vocable hébraïque qu'un emprunt à l'assyrien ^.

Dans l'Ancien Testament, kipper a deux acceptions distinctes, l'une « couvrir », plus particulièrement w couvrir la face »; l'autre, restreinte à la langue religieuse et que nous examinerons ensuite. Le

Il Exode, XXXVIII, 3; \ombres, IV, U; I Pois, VII, 40, etc., dont la traduclion est donnée dans rintroduclion.

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