‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 55 sur 173 · X.\II · texte numérisé non relu

X.\II

2) Voir ci-après, Appendice II a et ci-dcvssus, p. H»l.

3) L^ démonstration la plus complète a été faite par CU iiuunl-Ganneau, l' Imagerie phénicienne, p. 09 et suiv., qui reconnait cependant, p. 76: «t Cela ne laisse pas, il faut l'avouer, d'être bizarre. »

CHAPITUE II. LES TARIIS SACKIFICIELS CARTHAGINOIS 139

que le bélier figure très souvent sur les stèles puniques votives tandis que le cerf n'a jamais été signalé de façon certaine*. Renan eu! x ilement le tort, comme nous allons le voir, de transformer le yobel en cerf.

Mouton, bouc. — La difficulté que soulève, dans les tarifs carthaginois, la double mention du bélier, ayil eiyobel, se résout aisément par la comparaison avec trois inscriptions latines qui nous offrent des listes très complètes d'animaux sacrifiés selon les rites puniques. De ces trois textes, le plus récent a été découvert en Tunisie, à Koudietes-souda, et a été publié par M. Poinssot. On y relate l'offrande de sept victimes faite à sept divinités par le Pagus Vcneriensis^ agglomération de citoyens romains voisine du \\.ei [Slccci Veneria) -.

Jovi^ Saturno^ Silvano^ Cœlesti. Plutoni, Minervœ, Veneri^ Aug. sacr{um).

Pagus Veneriensis, patrono L. Antonio Brittanno^ curatoribus P. Octavio Marcello sacerd. Saturni, Six. (pour Sex.) Oclavio Felice^ Q. Clodio Optato, Q. Vibio Saturnino ex lis quai (pour quae) in{fra) s[cripta) s(unt).

Verbeceni, agnum, capnun ^ gallum^ œdillas duas.gallinam.

Cecilius Esequndus.

Le veivex est le bélier châtré, autrement dit le mouton 3. Il est destiné, ici, à Jupiter ; l'agneau, à Saturne ; le chevreau à Silvain, lecoqà Caelestis^ ; une des chevrettes, à Pluton, l'autre à Minerve, enfin la poule à Vénus. M. Poinssotobserve que si Junon n'est pas nommée, c'est qu'elle était identifiée à Gaelestis.Ce fait et aussi la circonstance que le premier curateur est prêtre de Saturne, c'est-à-dire de Ba 'al-Hammon, ne laisse aucun doute que le rituel suivi ici est le rituel punique.

Deux autres inscriptions latines, tout à fait comparables

1) Voir notamment Ph. Berger, la Trinilé cartfwginoise, p. 11 et suiv. (Extr. (le GazeUe archéolog., 1880).

•2\ Poinssot, Comptes rendus Acad. des Inscriptions, 1913, p. 424 et suiv.

V» Le dictionnaire de Forcellini donne la déflnition de Varron : /s, mi {ovi mari] lesticuli dempti, ideo, ut natura versa, vervex decUnatur.

4) Exemple de sacrifice du coq à ajouter à ceux signalés par M. Heuzey, lie'^ue d'Assyrioloijie, II, isi»2. p. i:>.") et suiv.

liO LES ORIGINES CANANEENNES DU SACRIFICE ISRAELITE

Cl provenant de Aziz-Ben-Tellis, fournissent encore la

imiil it.n (lu i'e/vex.

CIL, VIII, 8246: ... C. Aponius Secundus sacerdos agnum Uoinino, l(iui-i(in Domino ^ oviculani Nul ii(i . Lfi'nn-i'ni .Idk'Ï, ovicuLani TeUiiri^ agnum Herculi, agnain \ encri, cdum Mcrcurio, verbccem Tcstinionio...

CIL., VIII, 8247: ... r. Pfi/nus sac[erdos) Saturni agnum, t il urum Domino ^oviciam Telluri,berbecem Jov{i)^ caponem Herculi, vduni Mcrt'urio,eduam Venez i, bcrbece{m) Testimonio...

Nous sommes encore en présence du rituel punique car sous le vocable Dominus, traduction du phénicien adon, il faut évidemment entendi'e Saturne, c'est-à-dire Ba 'al-IJamnion. L'emploi dans ces textes du terme vervex, ou ])ôlior châtré, nous permet d'expliquer pourquoi nousa\ «m le tarif de Marseille, deux vocables concernant le bcliti ; on y distingue le bélier non châtré du IxMier châtré, autrement dit du mouton. La brebis est écartée, et elle n'apparaît pas non plus dans les listes latines, du moins à l'état adulte. Ce que nous avons dil du rang que doit occuper le niih iiui châtré, nous amène à conclure que dans nos textes (ijjiL c ilc eu premier, désigne le bélier et yobel le mouton.

Quant au terme 727, il pourrait désigner aussi bien le bouc (jue la chèvre. Mais comme il devient très net que notre tarif Il 111 uitionuc (juc (1( - (juadrupèdes mâles, c i;iii ^r cninprend puisque les animaux cités sont destines aux trois types de grands sacrifices sanglants, c'est le bouc qu'il faul comprendre.

Agneau, chevreau^ sevb-ayil. — Il n'y a pas de difficulté à identifier le iqm à l'agneau «i !<• "«i au chevreau. Reste le serb-ayil, qu'on lit serb-ayyal td on Ton voit le faon. C'est une [)ure conjecture, sans appui dans les langues sémitiques. Le terme .ve/*^ est inexplicable, car le rappiiulirnient avecle syriaque N2iy^ne donne pas un sens satisfaisant. On n'aguère

1) Noeldcke, ZeUschrifl d. deulsch. Morgenl. Gescl <(5, p. 737 1 i !

barski, AUnemit. Texte, p. I«».

<•'[ \i'| ;':!•■ FF LKS TAUll'S SaCUUICI KLS CAIITII AG LN( i IS l U

(raiiu* ir-^r'uivo que de sii[)p()sor imi mot t'trani^er. M. iMi. iîei-u-er a siu-iialé rassoiiaiici' avec cc/'i'us pour ir-c trier '. Reste à supposer un vocable berbère. On peut imaginer qu'il s'agit d'un cervidc, [)ai'ce que c'est, en effet, à cette place qu'on attend la mention d'un animal ne rentrant ni dans le gros ni dans le petit bétail ; mais c'est une conjecture qui ne s'impose pas. D'autres quadrupèdes peuvent entrer en ligne de compte jusqu'au lapin dont l'image apparaît sur une stèle punique ^. En tout cas, le terme ai/il mis ici en apposilion doit simplement désigner le mâle, comme l'anglais pccicui!, ou buckrabhil .

Coq^ poule. — Nous arrivons aux volatiles. Le terme "'Bt; ]:mN est traduit généralement par oiseau de jardin, oiseau de basse-cour, tandis queyj? représenteraitlesoiseaux sauvages. Mais si l'on se reporte aux inscriptions latines citées plus iiaut, on verra qu'il était d'usage de sacrifier le coq et la poule. Les oiseaux domesti([ues devant venir avant les oiseaux des cieux, nous traduisons ces deux vocables par coq et par poule ou poulet. Celte dernière version est appuyée par le vocable arabe de Syrie : sous pour poulet

T : T, Remc de Vllhl. <lc.< H 'i.ilons, 1910, I, p. 2S3.

'1 l.oiivie. Sn : iièvre et du lapin chez les Grecs,

' ■/«(' /. Cricrkr/t. . m. On sait que les Israôlites tenaient

le lièvre pour impur, Dealer., XI V, 7; Lévit., Xi, G.

:;i î itiro-.rin \;,,Ticau Journal of TheoL, 190-4, p. 839 ; JJerggren, Guide fran-

-^li, donne sous pour poulet mâle; Belot, Vocobulaire arabe-

/(UH.a,.. p.;a-.-Mii. Lcs Israélittis n'utilisaient pas dans le culte ces volatiles

dont ils ne paraissent avoir eu connaissunce qu'au retour de l'exil ; cf.

r>en/.itiirei-, Hchraeische Archaeol., 2 édit. j). fV.) ; La Mishna, Baba qainma, VII,

7, ;!s- i!.' qiion n'élevait pas de coq à .iériis.iloiu — il faut entendre sur la

colline di Icmple d'après Krauss, Talmud. Archaeol., II, {). 137 ci W. Wind-

fulird^ui- son édition de Baba qamina — à cause de la s.iintclc dii !iiij ; cf.

\!. :îI : 7."), el Mi^h.'}<i, Yonia, 1, 8. A lépoque mo'iciî,.' l^'S Juifs

- .' ct>q 1.1 veille du jour du grand panlon ; cf. J. \'>n\ u,[', Syna-

yoga Judaica, Bàle, p. 508 et suiv., cié par Frazer, The Scapegoat, r.Uo, p. 210,

note 4, Consulter maintenant, I. Scheftelowitz, Dus slellvertretende Iluhnopfer

[lieli'jion.igesch. Versuche und l'orarh., XI V, :>, rjl4).

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