‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 57 sur 173 · CHAPITRE II. — LES TAHIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LES TAHIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS

Victime. Rétribution.

Agneau. ]

Chevreau. ! 3/i de sicle et '2 zars à chaque prêtre.

Serb-ayil. ,'

p *** ^ .3 i de sicle et 2 zars à chaque prôtre.

Dans quel rapport ces trois sacrifices se tiennent-ils avec les trois grands sacrifices sanglants décrits par le Lévitique : la ^olah ou holocauste, où, après l'offrande du sang et (le la graisse, tout était brûlé de l'animal, sauf la peau qui l'Nt liait au prêtre, le zebah shelamim^ sacrifice de communion, et le sacrffice expiatoire, divisé en sacrifice pro peccato [haltat) et sacrifice /?/*o delicto (asham), où l'on brûlait les parties grasses et même le reste quand on ne l'attribuait pas aux prêtres. Le R. P. Lagrange a très nettement établi la correspondance entre les deux rituels ^

Le shelem-kalU carthaginois, étant le seul sacrifice sanglant où aucune part de viande ne revient aux prêtres, doit correspondre à la 'olali ou holocauste israélite. On peut confirmer cette conclusion par une observation tirée des découvertes de M. l'abbé Leynaud dans un sanctuaire punique de Sousse-. Un grand nombre de pots en terre cuite, munis d'un bouchon de même nature, étaient remplis de cendres et d'ossements de gallinacés, attestant qu'un des holocaustes les plus communs était celui des volatiles 3.

Des deux autres sacrifices à identifier, le kalil n'accorde au prêtre qu'une faible part de viande et rien au fidèle, tandis que le sevaat répartit l'animal entre l'un et l'autre.

il Lagrange, Eludes sur les religionssémitiques, 2 édit., p. 471-472.

2) Leynaud, Comptes rendus Acad. des Inscript., Util. p. 471 et sui\ .

:?) Voir le tarif de Marseille, ligne 11. M. Lods {licmie de iHist. des lielig., r.»l7, II, p. 2.S1) objecte que précisément dans ce passage la chair est attri' buée au sacrifiant. En réalité, on y mentionne plusieurs sacrifices; la distribution des chairs s'entendait évidemment des sacrifices qui ne les brûlaient pas entièrement. Si, dans C/S', I, 86 B, ligne 4, mention est faite d'un sacrifice shelem, il faut l'entendre d'un holocauste et non des sacrifices di' communion. Dans la néopunique 124, ligne 8, mention est faite de la

-obth.

lii LES OUKJIMCS CANA^EENNKS DU SAGUII'ICE ISHAELITE

Ce dernier est donc le sacrifice de communion, correspondant au zebah shelamim israélite ; par suite, le kalil phénicien doit répondre à la fois au sacrifice pro peccalo et au sacrifice />/ï; deliclo. En résumé :

Carthage. Jérusalem.

Holocauste. Shelem-kalil. 'Olah,

Sacrifice de communion. Sevn'nt. Zebah shelamim.

Sacrifice expiatoire. Knlil. UaUnt et Asham.

Ces rapprochemeiil- établis, nous pouvons .11 ques éclaircissements pour la teniiiM*' l;:»' Dans l'Ancien reslament, une fois, kalil <'>L un adjectif joint à 'olak d'où il n'y a aucune conclusion a tirera Une fois, kalil désigne une autre espèce de sacrifice que Tliolocauste ; c'est dans Psaumes, Ll, 21 où sont mentioun ^ la 'olah et le kalil-. Dans ce dernier cas, le kalil ne peut représenter que le sacrifice expiatoire [hat{at ou asha/n et c'est ainsi (ju'il faut traduire aussi le kalil de Deutér., XXXIII, 10. Le vocable, dans cette acception, ne s'est pas maintenu en Israël à cause de la distinction du pro delicto d'avec le pro peccalo. l'ar contre, les Phéniciens ne paraissent pas s'être préoccupés de cette distinction, comme d'ailleurs les Arabes qui pratiquent b' ^m i-jfice de rachat, i\\i fedou^ .

Nous aboutissons do;. onclusion que, chez les Israé-

lites comme chez les Phéniciens, le sai riiirc expiatoire était connu sous le nom de kalil. Toutefois, la (|ualité de kalil ne peut être refusée à Tholocauste^ et nous allons voir

1) I Samuel, VII, 9; comparer Dealer., XIII, 17. Le fait que dons I Samuel, VII, 9, les LXX ont lu S^ SdS (abréviation d'Israt'I, d'apr^'s KIostermann) est une preuve quMIs avaient kalil nous les yeux. Nous ne comprenons pas sur ce point les réserves du P. Lngrange, loc cil., p. 472, et son lapprochcment avec la racine <]nlu, brûler, est peu convaincant.

2) Si, comme les critiques l'admottent généralenuMit »l ce (juc le iiuiic impose, 'olah ve-knlU de Psaumfg, LI, 21, est une glose à zibehè-^edeq u sacrilicos pieux », cette glose est erronée, car les sacrifices pieux sont des sacrifices de louange, mais elle n'en atteste pas moins l'existence du kali distinct de la 'olah.

3) Jaussen, Coutumes des Araftes au pays de Moab, p. 3G1 et suiv.

4) Mn^i dans I Sam.. VII, 9.

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