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Réintégration du Lépreux

Le cas du lépreux est fort intéressant à suivre dans le détail, car les rites ont gardé ici toute leur signification et la description nous en a été bien conservée. On y voit notamment appliquer le principe que le mal moral ne se sépare pas du mal physique et le commande. Cette croyance donna naissance à la légende recueillie par le livre des Chroniques, d'après laquelle la lèpre, dont fut frappé le roi Ouzia (Azaria) de Juda, était la punition céleste du sacrilège qu'il commit en offrant, malgré l'opposition des prêtres, de l'encens sur l'autel des parfums -.

Mis au banc de la société, le lépreux doit porter des vêtements déchirés, la tête découverte, s'envelopper jusqu'à la moustache et crier : « Impur ! impur ! » Il devra rester hors du camp 3, c'est-à-dire de la ville, et sa réintégration ne pourra être envisagée qu'après guérison. Cette guérison devra être constatée par le prêtre qui se rendra à cet effet hors du camp. Si le prêtre s'est convaincu que la plaie de

1) Contre Holzinger, Numeri, p. 19 et suiv., qui est obligé d'admettre que le verset 27 est commun aux deux sources, ce qui ne laisse pas d'embrouille la question.

2) II Chron., XXVI, 19.

3) Lévit., XIII, 45-46. Les prescriptions sur la l«^pre remplissent les chapitres XIII et XIV du Lévitique.

lèpre a quilLé rindividu, il j)Ourra procéder aux rites de purification et de réintégration.

Sur l'ordre du prêtre on apporte, pour Thomme à purifier, deux oiseaux vivants choisis parmi les oiseaux déclarés purs» du bois de cèdre, de Técarlate et de l'hysope. Un des oiseaux sera égorgé au-dessus d'un vase d'argile contenant de l'w eau vivante », c'( >l-a-(iire puisée dans un cours d*eau. Le prêtre plongera dans le sang mêlé à l'eau vive, l'oiseau resté vivant, le bois de cèdre, l'écarlate et l'hysope ; iljfera sept aspersions sur celui qui se purifie de la lèpre et lâchera l'oiseau vivant dans la campagne.

La valeur précise du bois de cèdre, de l'écarlate et de l'hysope n'est pas indiquée. Dans le culte babylonien, le bois de cèdre est un attribut du prêtre purificateur, notamment la pomme de cèdre que des prêtres ou génies tiennent sur nombre de monuments ass\li<'!)^. '. h i, le ctdre, comme l'écarlate et l'hysope, pouvait servir à asperger le patient. C'est avec l'hysope qu'on badigeonnait de sang le linteau et les montants des portes au jour de la pâque '^. Quant à l'écarlate, dont on retrouva l'usage dans la cérémonie du bouc émissaire ^ il semble avoir passé pour absorber les péchés, notamment à cause de sa couleur de sang ».

Le rite a pour objet d'opérer l'identification du lépreux avec l'oiseau égorgé, puis avec l'oiseau trempé dans le sang. Et voici comment : l'ûme même du lépi« ii\ s'écoule avec le

1) La détermination de cet objet -m I. ~ has-reliefâ assyriens, où les scolpteurs lui ont donné la forme allongée de certains fruits de conifères, a été faite par M. L. Heuzey, dans E. Pottier, A ntiquiu^s assyriennes (Catalogue du musée du Louvre), p. 49 et suiv.

2) Exode, xn, 22; Nombres, XIX, 18, montre que l'hysope sert A asperger le patient d'eau lustrale; Psaumes, LI, 9 : « Puisses-tu me purifier avec Thysope. »

3) Mishna, Yoma, IV, 3 et VI, 6, rapporte qu'on mettait un lien d*écarlate autour de la télé du bouc émissaire pour le conduire au désert. Arrivé dans le désert au bord du précipice, on défaisait le lien d'écarlate. Un bout était attaché au rocher, l'autre autour des cornes du bouc. L'animal étant précipité dans 1. \i,l. I,' lien se rompait.

4) Isaïc, 1, lî< ; Vos péchés, dit Yahvé, fussent-ils comme de l'écarlate peuvent devenir blancs comme neige; rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la Ininr. -

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