CHAPITRE III. RITES ISRAELITES MUS PAR LE SACRIFICE iOl
les purifications l'ont dépouillé de son principe de vie estimé vicié et on lui inculque à la place le principe de vie ou l'âme du groupe. Gela équivalait à une mise à mort suivie d'une résurrection et c'est cette notion qui dicte la réponse du roi d'Israël au roi de Syrie qui le suppliait de guérir la lèpre de Na'aman : « Suis-je donc un dieu qui fasse mourir et ressuscite, pour que celui-ci me demande de délivrer quelqu'un de sa lèpre ' ? » Le résultat apparaît immédiatement : le lépreux guéri, purifié et réintégré est, dès lors, admis aux cérémonies du culte. Il commence par offrir la brebis, mentionnée plus haut, en sacrifice expiatoire, puis le second agneau commer holocauste avec la minha -. Si le sacrifiant manque de moyens, il pourra substituer à la brebis et au second agneau deux pigeons ou deux tourterelles ; mais rien ne peut être modifié à la cérémonie d'intégration. En cas de substitution, comme il n'est plus sacrifié qu'une tête de petit bétail, l'individu n'a plus à fournir qu'un dixième d'épha de farine 3.
Ce rite est certainement ancien. La preuve en est fournie non seulement par les rites magiques babyloniens similaires, mais aussi par le fait qu'on traite par le môme procédé la lèpre des maisons, c'est-à-dire les taches verdâtresou roussâtres avec les piqûres que nous savons dues à l'humidité, mais où les Israélites voyaient une plaie envoyée par la divinité ^. Voici comment on procède. On vide la maison avant que le prêtre ne l'examine, parce que, dès l'instant où il l'aura déclarée impure, tout ce qu'elle renferme participera à cette impureté. Si les taches lui paraissent suspectes, il fera fermer la maison pendant sept jours. Si le septième
1) II Rois, V, 7.
2) Uvit., XIV, 19-20. Le texte ne donne pas la répartition des deux victimes pour ces sacrifices; mais elle est évidente puisqu'on n'offrait pas de femelle dans l'holocauste et que le hattal d'un homme du commun comportait une brebis.
3) Lévit., XIV, 21-32. Application de la règle notée chap. III, § 1.
4) Lévit., XIV, 34-53. Pour la lèpre des étoffes et des cuirs, voir LéutL, XIII, 33-48.
jour, le mal s'est étendu, le prêtre ordonnera l'enlèvement des pierres à Tendroit atteint, et les fera jeter en un endroit impur hors de la ville. On rftclera tous les murs et on jettera la poussière ainsi obtenue à l'endroit impur. On mettra, à la place, d'autres pierres et on refera le crépis. Si les taches reviennent et s'étendent, la maison sera déclarée impure et le prêtre la fera démolir ; les pierres, le bois et la poussière seront transportés au lieu impur. Si quelqu'un y avait pénétré l'un des jours où la maison était fermée, cet individu serait impur jusqu'au soir. Celui qui y aurait dormi ou mangé, devrait, de plus, laver ses vêtements.
Si, après avoir recrépi les murs, le prêtre constate que les taches ne reparaissent pas, il se mettra en devoir de purifier la maison. Il en chassera les esprits de lèpre, comme il a fait pour le lépreux, avec deux oiseaux dont Tun sera égorgé sur un vase de terre où il y aura de l'eau vive. Il trempera dans ce sanget cette eau le bois de cèdre, Thysope, l'écarlate et l'oiseau vivant, aspergera sept fois la maison et laissera s'envoler l'oiseau vivant. Ainsi sera évacué l'esprit de lèpre qui s'attachait à la maison. Ici, où n'interviennent ni le sanctuaire ni la divinité, le caractère magique de Topération apparaît encore plus nettement.