CHAPITRE III. — RITES ISRAELITES MUS PAR LE SACRIFICE lî
Celui-ci prenait du sang de l'animal avec le doigt et faisait sept aspersions dans la direction de la tente d'assignation. On brillait entièrement la vache sous les yeux du prêtre avec la peau, la chair, le sang et la fiente. Le prêtre jetait du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate dans le feu qui consumait la vache. Les cendres provenant de ce sacrifice étaient déposées hors du camp. Quand on avait a purifier quelqu'un de la souillure d'un mort, qui le mettait en état d'impureté sept jours durant, on prenait de cette cendre, on la mêlait à de l'eau vive et on en aspergeait l'individu le troisième et le septième jours ^ On trouve une application, d'a'illeurs fictive, de cette règle après la bataille contre les Madianites, au temps de Moïse. La portion de butin représentée par l'or, l'argent, l'airain, le fer, l'étain, le plomb, et en général tout ce qui peut subir plus ou moins l'action du feu, sera passée à la flamme, puis définitivement purifiée par l'eau d'expiation ou eau lustrale. Gela se conçoit puisque le butin est pris sur des cadavres. Les personnes seront purifiées avec cette eau le troisième et le septième jours. Ce dernier jour, elles laveront leurs vêtements et elles seront pures'-. L'eau d'expiation est encore prescrite pour l'installation des lévites lors de leur purification •^.
La description du rite, grâce auquel on préparait Teau lustrale, est trop sommaire pour qu'on puisse établir la valeur de tous les détails de l'opération ; mais on devine que la puissance possédée par les cendres de la vache rousse tenait à ce que l'on avait consumé la graisse et le san"^ avec la chair. L'holocauste d'une vache est un fait
conduit à la colline du temple, pour entrer par la porte orientale accompagnée du prêtre et de ses acolytes. D'après Para, III, 5, on aurait accompli ce rite sept fois (ce chiffre est suspect) depuis Esdras. Cf. Schurer, Gesch. d.jiid. Volkes z. ZeUalter J.-C, II, i' éd., p. 269 ; O, Holtzmann, édition du traité Middot (1913), p. 51.
1) Nombres, XIX.
2; Nombres, XXXI, 19-24-.
3) Nombres, VIII, 7 ; voij' ci-après chap. IV, § 4.
494 LKS ORIGINES CANANÉENNES DU SACRIFICE ISRAELITE
exceptionnel et en dehors de la pratique du culte*; aussi s'opère-t-il dans des conditions spéciales. Le bois de cèdre, l'hysope et l'écarlate, que nous avons vu figurer dans la |)urification du lépreux, renforçaient encore cette valeur magi(jue. Ainsi les cendres, mêlées d'eau vive, concentraient de la puissance vitale à haute tension, capable de ranimer celui qu'on aspergeait, au point de lui permettre de reprendre place dans la communauté. Zacharie témoigne que r « eau expiatoire » et V « eau à enlever l'impureté [niddà] » sont la même chose, puisqu'il n'envisage qu'une seule source -.
La pratique décrite offre cet intérêt de ne pas mettre Yalivé en mouvement ; seules les aspersions dans la direction de son sanctuaiic sont destinées à obtenir son agrément. Tout se passe en dehors du sanctuaiio. L(> j)iètre, qui opérait, était impur jusqu'au soir et ne pouvait rentrer dans le sanctuaire avant de s'être baigné et avoir lavé ses vêtements. Même celui qui touchait cette eaii pour purifier un homme impur, était impur lui-même jusqu'au soir et devait laver ses vêtements.