Le sacrifice pascal
Nous n'entreprenons pas ici une étude de la p<âque^ ; nous nous contenterons de présenter quelques observations. On admet généralement que la pâque est constituée par la combinaison de deux fêtes, primitivement distinctes : l'offrande des premiers-nés des troupeaux, pratiquée jadis par les Israélites nomades^, et la fête des pains azymes [/nassot-), fête agricole cananéenne ouvrant la période de la moisson que clôturait la pentecôte.
La fête de la moisson de Forge suit immédiatement le sacrifice pascal. L'Ancien Testament offre deux séries de prescriptions, l'une dans VExode, s'adresse aux particuliers''; Tautre dans Nombres, concerne plus spécialement la communauté". On doit faire disparaître tout levain dès le premier jour et pendant sept jours ne manger que des pains sans levain, c'est pourquoi on désigne cette fête
1) Ezéchiel, XLVII. 1. La source jaillit du côté de lesl par rnnr.rirî nii temple et les eaux descendent en dessous du côté droit de l'édi; .' iilii.' (î I ( iif. sud. C'est le parcours des eaux de la fontaine de i piscine de Siloé. . .. Gunlvel, Genesis, 3' édit., p. 3G. plus récente est celle de Georg Béer, en tète de son édition '" !" Mishna, Giessen, Tôpelmann, 1912.
-t suiv. : XXXIV, 18 et suiv.
/.'.... AMii. -.'-il ; Josué. y, 10; Deutér., XVI, !♦. • m Exode. XII : XIII, 3-10.
'•\ XXN'III, ir.-23. Dénier., XVI, 1-8 donne des indications con-
208 LKS ORIGINES CANANEENNES DU SACRIFICE ISRAELITE
comme étant celle des azymes. Le premier et le septième jours se tient une assemblée; tout travail est suspendu : on apprête seulement la nourriture nécessaire. Le premier jour, on apporte au prêtre une gerbe d'orge en guise de prémices, de la valeur d'un gonior. Le second jour, le prêtre offre cette gerbe devant ranld et, en même temps, chacun fournit un agneau sans défaut, né dans l'année, avec deux dixièmes d'épha de farine pure pétrie dans l'huile et une libation d'un quart de hin de vin. On'ne doit manger ni pain, ni grain rùti, ni épi avant cette offrande '.
Mais. 1 ( ôté de ces pratiques particulières, il y a le culte public célébré par toute la communauté, anciennement peut-être par le roi ; c'est le culte que décrit le livre des Nombres rt (jui consiste dans l'offrande, les sept jours de fêle diiiaii!, chaque jour après l'holocauste du malin, d'un holocauste composé de deux taureaux avec trois dixièmes d'épha de farine pétrie dans l'huile et la libation correspondante^ pour chacjue taureau ; d'un bélier avec deux dixièmes d'épha de farine ; de sept agneaux nés dans l'année avec un dixième d'épha de farine ])ar agneau; de plus, un bouc pour le péché.
La veille de cette fête des pains azymes, se pratiquait la pAque proprement dite '. Nous laissons de côté la complication aj)j)orlée par le mythe de l'Exode, auquel on a eu recours pour donner des rites une explication qui satisfaisait la conscience israélite, et aussi la superposition du rite des premiers-nés. Pour se convaincre que ce dernier est surajouté, il suffit de comparer les chapitres XII et XIII de
1) Passflges cités de 1/ uplélés p.n /. * . \X11I. 10-14.
2) La mention de celle dernière est ouhliôc, niais elle va de soi ; voir le verset .31 et aussi Ezéchiei, XLV, 23 cl suiv., où il est ({ucslion d'offrir chaque jour et pendant sept jours : sept taureaux cl sept béliers en holocauste, plus un bouc comme expialoir»', un ♦'•pha «l»- r.irin.' i.;ir i.nir.>.>u et par bélier, un hin d'huile par épha.
3) La veille d'après notre façon de cojupUT , mai- .* .- i:^i.»t,iU.- .aidant commencer la journée la veille au soir, la pâque se pratiquait pour eux le premier jour des azymes; c'est ce que note Marr. XI\'. lî: xai t^ Tcpc&ti) f^p.ipa tûiv à!î'J[jifuv, oxï TÔ tiiM'f^. à'ô'jov.