‹ Les origines de l'alchemieChapitre 13 sur 72 · SOURCES JUIVES · texte numérisé non relu

SOURCES JUIVES

le Tan (expression technique consacrée pour dire, chercher la transmutation des métaux) fut un nommé Ko-hong, qui vécut au temps de la dynastie des Ou, ». La dynastie des Ou a régné de l’an 222 à l’an 277 de notre ère. C'est donc au milieu du πιὸ siècle que les Chinois auraient commencé à s'occuper d’alchimie. L'initiative, d’après le dictionnaire yuu-fou-kinn-yu, en appartiendrait aux moines de la secte du Tao, sectateurs du philosophe Lao-tse, lesquels pratiquèrent aussi la magie. Les alchimistes chinois s’attachaient également à transmuter l’étain en argent et l’argent en or ; ils plaçaient toujours dans leurs creusets, avec la pierre de tan, une certaine quantité du métal cherché, envisagée comme substance mère. Or ce sont là les pratiques usitées chez les Grœco-Egyptiens ; c’est aussi la même association de la magie avec l’alchimie.

δ 3. — Sources Juives.

Le rôle attribué aux Juifs pour la propagation des idées alchimiques, rappelle celui qu'ils ont joué à Alexandrie, lors du contact entre la culture Grecque et la culture Egyptienne et Chaldéenne. On sait que les Juifs ont une importance de premier ordre dans cette fusion des doctrines religieuses et scientifiques de l'Orient et de la Grèce, qui a présidé à la naissance du christianisme. Les Juifs Alexandrins ont été un moment à la tête de la science et de la philosophie.

La Cabbale, œuvre chaldéo-rabbinique, a été liée pen-

dant le moyen âge avec l’alchimie. On rencontre dans le manuscrit alchimique de saint Marc, qui date du xie siècle, un dessin cabalistique, le labyrinthe de Salomon (1). Cette liaison entre les traditions juives et l’alchimie remonte très haut; on la reconnaît aussi bien dans les papyrus de Leide que dans les manuscrits grecs alchimiques.

Ainsi dans le papyrus n° 75 de Reuvens (2) figure une recette alchimique, attribuée à Osée roi d'Israël. Dans d’autres papyrus de la même famille, on lit les noms d'Abraham, Isaac, Jacob, le mot Sabaoth et plusieurs autres passages se rapportant aux Juifs.

Le papyrus n° 76 (3) renferme un ouvrage magique et astrologique, intitulé : le Saint livre, appelé la huitième Monade de Moyse, la clef de Moyse, le livre secret de Moyse. Les noms οἵ les souvenirs juifs sont donc mêlés aux sciences occultes, à l’époque des premiers écrits alchimiques, c’est-à-dire vers le 1 siècle de notre ère.

Ce mélange est attesté également par les manuscrits des Bibliothèques. En effet dans le manuscrit 2.325, fol. 163, v°, et dans le manuscrit 2.327, fol. 146, nous trouvons citée la chimie de Moyse (4). La recette de Moyse pour doubler le poids de l’or (diplosts) par transmutation, apparaît dans le vieux manuscrit de Saint-Marc (5) et dans la plupart des autres.

Le livre de la Vérité de Sophé l'Égyptien, œuvre

(1) Ms. de saint Marc, fol. 102, vo.

(2) 1re lettre à M. Letronne, Appendice, p. 158.

(3) Appendice, p. 151.

(5) Ms. de saint Marc, fol. 155.

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