ΤΗΕΒΟΚΙΕΒ GRECQUES
torial, soit rendu susceptible de se combiner pour accomplir l’opération cherchée (c'est-à-dire la teinture des métaux ou transmutation).. La nature de la matière est à la fois simple et composée. Elle recoit mille noms, et son essence est une (1), etc. Les éléments deviennent et se transmutent (2), parce que les qualités sont contraires et non les substances. » Ailleurs : « Il faut d’abord diviser la matière, la noircir, puis la blanchir; alors la coloration jaune sera stable. » Et encore : « Entends par le feu (3) le mercure et le remède igné : ce mercure brüle, corrompt et épuise les corps, etc. » Nous retrouvons la phrase de Marie la Juive (p. 172) et le mot de Pline: « Le mercure, poison de toutes choses. »
Ces explications demi-métaphysiques sont entremêlées dans l’auteur par le récit d'opérations réelles, dont la signification s'aperçoit parfois très clairement. Ainsi, Stéphanus raconte en langage mystique le combat du cuivre et du mercure (4)... Le cuivre est blanchi et corrompu par le mercure. Celui-ci est fixé par son union avec le cuivre, etc... Le cuivre ne teint pas, mais il reçoit la teinture, et après qu'il l’a reçue, il teint (les autres corps) (5). Ce qui parait se rapporter à la fois et à la formation des alliages métalliques de diverses nuances et à la coloration des verres et émaux
(1) Ms. 2,327, fol. 43. — Inezer, t. I, p. 214.
(2) Ms. 2.327, fol. 70, 71. — IneLer, t. Il, p. 245.
(3) Ms. 2.327, fol. 67. — Inecer, t. Il, p. 238.
(4) Ms. 2.327, fol. 15. — IneLer, t. Il, p. 217. Ce dernier texte sub-
stitue à tort l'argent (lune) au mercure dans la fixation par le cuivre, contrairement à ce qu’on lit dans le manuscrit de saint Mara, fol. 1g v°.
(5) IneLER, t. Il, p. 230.
par les sels de cuivre, résultant de la dissolution préalable du métal.
L'auteur (1) s’en réfère aussi aux préparations des Égyptiens etajoute: « Un seul genre de pierre peut être fabriqué avec beaucoup de pierres de diverses espèces ; c'est ainsi qu’on fabrique les statues, les animaux, les verres, les couleurs (émaux ou verres colorés). »
Nous touchons ici du doigt les faits positifs et les pratiques industrielles qui ont servi de base aux théories des alchimistes. Nous voyons comment ils en ont déduit la notion de la matière première, une et polymorphe, telle que nous la trouvons dans Platon, dans Énée de Gaza, dans Zosime, dans Pélage, dans Stéphanus. Ils précisent leur idée, tantôt par des comparaisons tirées de l’art des artisans, qui donnent une apparence diverse àune matière unique; tantôt, par des assimilations plus profondes, empruntées aux industries chimiques de la teinture et de la fabrication du verre et des émaux. Nous sommes donc ramenés par ces théories philosophiques sur le terrain même où nous avait conduit l'étude pratique des métaux égyptiens, de leurs alliages et des pierres brillantes, naturelles οἵ artificielles, rangées à côté des métaux dans une même famille de substances.
(1) 3e Praxis, Ms. 2.327.