‹ Les origines de l'alchemieChapitre 40 sur 72 · ἘΠΕ AM M · texte numérisé non relu

ἘΠΕ AM M

c'est-à-dire Pax tibi, Marce, Evangelista meus.

C’est un très bel exemplaire, écrit probablement pour quelque prince et qui paraît avoir appartenu à Bessarion, dont la bibliothèque de saint Marc possède les manuscrits. Un certain nombre d’additions faites, soit en marge, soit entre les lignes, seraient même de la main de Bessarion lui-même (2), d’après le savant M. Ruelle, à qui J'ai soumis ce manuscrit.

Le texte proprement dit commence à la page 8, par les écrits de Stéphanus, avec un titre en lettres d’or majuscules, encadré d’ornements bleu et or. Dans le mot χρυσοποιας, les syllabes χρυσο ont été effacées, probablement pour dissimuler à une certaine époque le sujet de l'ouvrage.

(1) Ms. 2.250, fol. 86.

(2) Par exemple aux fol. 13, 19 vo, 70, etc. Au fol. 99, le nom d'Hermès se trouve de la même main, au-dessus du signe de ce personnage; signe affecté ailleurs à la planète Mercure et à l’étain.

Les feuilles de garde, en partie intercalaires, sont couvertes par des additions d’une écriture serrée du xiv® siècle, laquelle s'étend aussi sur les marges de la liste des signes. Le premier paragraphe de ces additions, au fol. ‘1, se termine en citant l'onction de Justinien, suivie de mots bizarres et cabalistiques ; puis vient la traduction (τὴ de la ligne de signes comprenant le Scorpion. (Ms. 2.327, fol. 80 vo. — Ce volume, p. 15, 61.)

Les premières feuilles sont palimpsestes (2).

Sur les pages suivantes on lit l’Interprétation des songes de Nicéphore, un cercle astrologique du xvie siècle, avec les noms des planètes et les douze signes du zodiaque.

Au fol. 2 : « voici la table du livre des Sages », en caractères dorés. Cette table appartient au texte original. Elle ne répond pas exactement au contenu présent et elle s’appliquait probablement à quelque collection plus étendue que celle du manuscrit actuel, collection que le copiste semble avoir abrégée.

Au verso du folio 5 se trouve une sorte de dédicace en vers, appartenant au texte primitif, laquelle fait l'éloge de l’art de faire de l’or, œuvre de la gnose divine. « Celui qui la comprend « et qui connaît les résultats cachés sous ses énigmes, c’est l’in- « telligence digne de tout honneur, l’esprit distingué de Théo- « dore (3)...., le fidèle défenseur des princes, qui forma cette « étrange collection, ce volume de conceptions savantes. Pro-

(1) Les mots suivants, autant que j'ai pu les lire, sont écrits chacun au-dessus d’un signe correspondant.

Σπαι (?) — το παν — χαλχου 106 — μολυύοχαλχον χεχαυμενον — ἀργυροχαλχον χεχαυμενον (c'est le SCOrpiOn) — XXL πεπήγμενον — ἐμεριτος. — δαγμα — ιὸ — TITAVO/AÂXOV TO πᾶν οστρᾶχον --- TO πᾶν

OGTPAXOV --- τιτᾶνος --- γαλχου.

Puis viennent les mots : o νοησας μαχαρῖος. « Celui qui comprend sera heureux » et quelques lignes s’en référant finalement à Zosime. On voit qu'il s’agit d’une formule où figurent des alliages métalliques et l'œuf philosophique.

(2) Au verso du fol. 3, l'écriture du xive siècle, superposée au palimpseste, a été grattée à son tour avec la pierre ponce sur la moitié de la page.

(3) Est-ce le Théodore, auquel écrit Stéphanus : [ΘΕ ΓΕΒ, t. Il, p.208 ?

« tège-le, Christ, souverain maître, et tiens-le en ta garde. » Telle est la seule mention positive qui puisse nous indiquer l’origine du manuscrit.

Au folio 6, une bande dorée, encadrée d’un filet rouge, précède le titre suivant en lettres dorées : « Signes de la science des philosophes, tirés des textes techniques et surtout de la philosophie mystérieuse (de l'or), exposée par eux. » Le mot « de l'or » a été gratté. — Cette liste est analogue à celle du manuscrit 2.327. (Voir p. 112.)

Au fol. 7 vo, sont les noms des philosophes. (V. p. 128.)

Les lecons de Stéphanus vont du fol. 8 au fol. 44. — Elles s'accordent en général avec le texte du ne 2.327, jusqu’au folio 44, 5e ligne en remontant. — Mais à ce momentil manque ici trois pages du manuscrit 2.327 (73, 74 et 75), pages qui renferment la fin de Stéphanus et celles qui poursuivent etsont formées presque entièrement par le débris d’un autre petit traité, attribué à Comarius. — Le ms. de saint Marc poursuit, sans solution de continuité apparente, comme ce dernier traité, par les mots: ὅταν τὴν τέχνην ταύτην τὴν περιχαλὴ Οούλεσθε, etc. (saint Marc, fol. ΟΣ, 1. :4 en remontant) c'est-à-dire ὅτε τὴν τέχνην ταύτην περικαλῆς δούλεσθαι (ms. 2.327, fol. 75, 1. 2 en remontant), pendant 7 pages, jusqu’à la fin du traité : ἐντᾶυθα γὰρ τῆς φιλοσοφίας h τέχνη πεπλήρωται (saint Marc, 43 v°; ms., 2.327, fol. 79 ve). Ainsi deux traités distincts semblent avoir été confondus par une erreur du copiste dans le ms. de saint Marc. Il en est de même dans Ideler, qui a reproduit ce ms., et dans la traduction de Pizzimenti, faite sur quelque copie qui en dérivait. Le ms. 2.327 parait donc le meilleur sur ce point; remarque qui s'applique à plusieurs autres textes de ce manuscrit.

Lems. de saint Marc renferme ensuite les poèmes. (Fol. 43 vo à 62 vo.)

— ΕΟ]. 62 vo à fol. 66. Pelage. (Ms. 2.327, fol. 222 vo.)

— Fol. 66. Ostanes.

— Fol. 66 vo à 72 ve Démocrite, Physica et Mystica. (Ms. 2.327, fol. 24 vo.)

— Fol. 72 à 78. Synésius. (Ms. 2.327, fol. 31.)

— Fol. 78. L’Anonyme : sur l’eau divine du blanchiment.

(Ms. 2.327, fol. 162. — La première ligne manque dans le ms. de saint Marc.)

Fol. 79 à 92. Autres traités du même. (Ms. 2.327, fol. 163 et suiv.)

Fol. 92 ve. Zosime, sur la Vertu. (Ms. 2.327, fol. 85.)

Fol. 95 vo. Agathodémon et Hermès.

Fol. 06. L'espèce est complexe et non simple. (Ms. 2.327, fol. 94.)

Fol. 97. Fabrication du tout. (Ms. 2.327, fol. 95 vo.)

Fol. 98 vo. Autre économie. (Ms. 2.327, fol. 96 vo.) — Ce qu'est la chaux des anciens. (Ms. 2.327, fol. 97.)

ΕΟ]. 99 v°. Autre économie de la chaux. — Suite de petits articles. (Ms. 2.327, fol. 96 vo et suiv.)

Fol. 1o1.Traité du Chrétien sur l’eau divine. (Ms. 2.327, f°09.)

Fol. 102. Le labyrinthe de Salomon, avec 24 vers, d’une écriture postérieure au reste du manuscrit.

Fol. 103. Le text: primitif recommence.

Ici le relieur a interposé par erreur les feuillets 104 à 118, tirés d’autres traités, savoir :

Fol. 104 Trempe dufer."(Ms.V2:327; fol/"157)"Lertexte de saint Marc est beaucoup plus développé que celui du ms. 2.327.

Fol. 105. Fabrication de l’asemon. Trois procédés très anciens, dont l’un fait mention de la stèle supérieure. (Ms. 2.327, fol. 146.) (Voir le présent volume, p. 29.)

Fol. 106 ν᾽. Sur le cinabre. — Sur l'œuf philosophique (beaucoup de mots grattés).

Fol. 107. Fabrication du mercure.

Fol. 108 vo. Traité des poids et mesures de Cléopitre. [Ν|Ξ- 2.925;.[0]: ἃ 5.6 Ὁ 10.)

Fol. 110. Le Chrétien : sur la bonne constitution de l'or. (MS 2927 (οἱ. 02 vo.)

Fol. 112 à 115. Sur l’eau divine.

Fol. 115. Sur les lumières. (En partie, ms. 2.327, fol. 264.)

Fol. 115 vo. Fabrication des verres. (Ms. 2.327, fol. 13.)

Fol. 116 vo. Les vapeurs. (Ms. 2.327, fol. 14.)

Fol. 118. Sur le blanchiment. (Ms. 2.327, fol. 14 vo.)

Fol. 118. Trempe du bronze du temps du règne de Philippe. — La mention des portes de Sainte-Sophie n'y est pas. (Ms. 2.327, fol. 156.)

Fol. 119. Le texte fait ici suite au folio 103. (Ms. 2.32

7) fol. 101 vo.)

Objection que l’eau divine est une par l’espèce, et sa solution. (Ms. 2.527, fol. 101 vo.)

Articles divers, jusqu’au fol. 128 : serment. (Ms. 2.327, jusqu’à 109 v°.)

Il y a ici des articles spéciaux au ms. saint Marc (φουρμᾶς χαι τολους, etc.).

Fol. 130. Le plomb et la feuille d’or. (Ms. 2.327, fol. 157 vo.)

Fol. 131 à 136. Lexique. (Ms. 2.327, fol. 190.)

Fol. 136 v°. La poudresolideet autres articles, etc. (Ms. 2.32 fol. 110.)

ΕΟ]. 138 à 141. Deux articles d'Agatharchide. (Voir ce volume, p. 23.) (Défigurés dans 2.327, fol. 249 v°.)

Fol. 141 ve. Les quatre corps d’après Démocrite. — Articles divers jusqu’au fol. 159. (Ms. 2.327, fol. 113 v° jusqu’au ΤΟ] 155 Vo]

Fol. 161 vo. Περί ἀφορμῶν συνθέσεως. Sur la composition des agens actifs.

Fol. 162. Fabrication de la bière; de l'huile aromatique.

ΕΟ]. 163 à 179. Olympiodore. (Ms. 2.327, fol. 197 à 216.)

Fol. 179. Chapitres de Zosime à Théodore.

Fol. 181. L’Anonyme : sur l’œuf.

Fol. 184 vo. Serment de Pappus.

Fol. 185. Diplosis de Moïse, etc.

Fol. 186. Zosime : instruments et fourneaux.

Fol. 188. L'eau divine, c’est le divin et grand mystère.

(Ms. 2.327, fol. 220.)

Fol. 188 vo. La Chrysopée de Cléopâtre, dessin.

Fol. 189. Zosime. Mémoires sur les instruments et four-

neaux, avec figures.

— Fol. 193. Au bas les alphabets magiques presque effacés. Le premier est surmonté du mot « hellénique »; — le second précédé par le mot « hiéroglyphique ». Les lettres grecques régulières sont au-dessus des lettres conventionnelles, lesquelles dérivent de l’alphabet grec ordinaire, plus moins défiguré.

— Fol. 194 Le tribicos et le solen. (Ms. 2.327, fol. 220.) Figures.

— Fol. 195. Autres fourneaux. Figures.

ITS MANÉSCREN 2.525

Ce manuscrit, écrit sur papier de coton, est le plus ancien de ceux de Paris (fin du xure siècle).

Le ms. 2.325 se retrouve à peu près intégralement dans Île ms. 067327.

Les références entre ce manuscrit et le ms. 2.327 ont été données dans les notes relatives à ce dernier, dont il ne forme d’ailleurs qu’une fraction.

Après le texte proprement dit viennent des pages presque effacées, d’une autre écriture, postérieure et très mauvaise :

suite du Lexique; vers de l’énigme sibyllin, etc. — Traité du

moine Cosmas. (Conforme à l'article XIX, fol. 159 v° du

ms.2:327e) Fol. 181 à 185 IV. — MANUSCRIT 2.249

Le ms. 2.249 semble dériver du manuscrit de saint Marc, surtout à la fin. Les figures en sont copiées, ainsi que les deux alphabets magiques. Il a été écrit probablement au xvif siècle.

J'ai donné dans les notes du ms. 2.327 les résultats de sa collation pour les parties communes.

Il renferme en plus, par rapport à 2.327:

Ostanès le Philosophe (1). Pol 75. νο.

Les titres des chapitres de Zosime à Théodore (2). Fol. 89 Le Philosophe Anonyme. Fol. 90 et suiv.

Pappus le Philosophe (3). Fol. 93 Diplosis de Moïse (4). Fol. 93 ve.

Procédés d'Eugénius. — De Hiérothée (5). Fol. 93 ν΄. Zosime : sur les instruments et les fourneaux (6). Fol. 94 vo à 96 Autres articles avec figures. Fol. οἱ à 162 Chrysopée de Cléopâtre (7). Fol. 96 ve.

Mémoires sincères de Zosime. Fol. 97 ve.

Une partie se retrouve avec de fortes variantes dans le traité d'Olympiodore : ms. 2.327 et ms. 2.250, fol. 86. — C’est le morceau gnostique, où il est question de Toth, d'Adam et des bibliothèques Ptolémaïques.

Un deuxième cahier commence à la feuille 108 ; il reproduit divers articles du ms. 2.327.

Après vient « ce qui est d’après l’art substance et non substance. » Fol. 116 vo

Puis le livre est interrompu.

Ms. 2.250 de Paris. In-folio. — Rien de nouveau par rapport à 2.327, sauf des variantes.

Ms. 2.251; 2.252; 2.275, non plus. — Rentrent dans 2.327.

Alt. Leide. | Vienne, III. | Saint Marc. | Ambr. |

(2) 1 Vienne, XII. | Saint Marc. |

(3) 1 Alt. | Vienne, XXV. | Saint Marc. Le serment de Pappus. | Ambr. |

(4) Vienne, XXVI. | Saint Marc.

(5) | Leide. | Vienne, XXVII et XXVIII. | Saint Marc. | Ambr.

(6) Vienne, XIII et XV. | Saint Marc. |

(7) 1 Leide. | Vienne, XIV. | Saint Marc. |

d'après les notices imprimées.

Ms. Altenburgensis, décrit par Reinesius dans Morhofius p. 101, désigné ici par Alt. — Composition analogue, avec distribution différente. On a donné les références avec le ms. 2.327.

Ms. Gotha cité par Fabricius. On y trouve l’art de faire la bière avec l'orge. — Et la description des mines d’Ethiopie, tirée d'Agatharchide.

Ms. Leide, cité par Reuvens, troisième lettre p. 73 : semble un abrégé.

Ms. de la Laurentienne à Florence, désigné par Laur. — Voir Catalogus Bibl. Laurentianæ, tome ΠῚ, p. 347. Florence, 1770.

Il ressemble beaucoup au ms. 2.327 et il est rangé dans le même ordre jusqu’à l'article xxxiv, chapitre sur les lumières. Les références ont été données plus haut.

Le Traité de Salmanas n'est pas à la même place.

(XXXIX). 11 contient en plus : Discours du philosophe Démocrite. Nous avons trouvé évidemment la théorie, comme l'a dévoilée Démocrite disant. L'article finit par ces mots: en grande admiration, s’écriant : O natures démiurges des natures.

Le cahier des poètes est ajouté à la fin. — La chimie de Moïse, le serpent, l'œuf, y existent. — Ce manuscrit a été copié en 1492

Ms. Vienne. Voir Lambecii Comment. de Bibl. Vindob. Cesered, Pars II, Livre VI, p. 168, p. 380. Les références avec le ms. 2.327 ont été données plus haut.

Le Lexique est au milieu. — Ce manuscrit a été copié par Cornelius de Nauplie en 1564.

Le manuscrit de l’Ambroisienne de Milan a été décrit par Montfaucon, Paléographie grecque, p. 374; il est conforme à celui de saint Marc. L'ordre est le même; maisil n’en renferme que le commencement.

Il contient aussi le Labyrinthe de Salomon.

Le principal manuscrit du Vatican (n° 1.174), a été examiné pour moi par mon fils André Berthelot, membre de l’École française de Rome, qui en publiera une étude détaillée. Je me bornerai à dire ici qu’il est écrit sur papier, et qu’il renferme des morceaux de date très inégale, complétés jusqu’à une époque moderne, mais rangés suivant un ordre différent de ceux des nôtres. On y trouve pareillement le traité de Démocrite, (coupé en deux, la teinture en pourpre formant un morceau séparé), les traités de l’Anonyme, dédiés à l'Empereur Théodose, ceux de Zosime, de Stéphanus, d'Héliodore, d’'Olympiodore, de Synésius, de Stéphanus, les poids et mesures, les mois, l’opuscule de Blemmydas, etc. Le contenu général est en somme le même.

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