LES PAPYRUS DU LOUVRE ET DE BERLIN
Il m'a paru utile de compléter mes résultats par la comparaison des Papyrus du Louvre, publiés d’après Letronne, dans le tome XVIII des Notices et Extraits de notre Académie des Inscriptions (1866), et des Papyrus de Berlin, publiés par Parthey, sous le patronage de l’Académie de Berlin. Ni les uns ni les autres ne renferment d’alchimie proprement dite; mais ce sont des textes congénères de ceux de Leide, parfois même contemporains.
Soit d’abord les noms des métaux et ceux des personnages..
Les noms de l'or, de l'argent, du fer, du cuivre y figurent seulement avec leur sens ordinaire.
Le nom de l’asemon ne s’y rencontre pas; non plus que celui de l’étain.
Pour le plomb, on trouve une seule fois : moAv6Gva rornprx (Papyrus du Louvre, p. 294).
En fait d’alliages, on lit seulement le nom de l’orichalque, ou plutôt des ouvriers qui le fabriquent (p. 240).
Le nom de Démocrite apparaît à titre d’astronome {1}, associé à celui d'Eudoxe à quatre reprises, dans un traité écrit du temps des Antonins. (Pap. du Louvre, p. 74-75).
Le nom de Pétésios (2) s’y trouve aussi (p. 345).
(1) Voir les Fragmenta astronomica de Démocrite dans Mullach, p. 231.
(2) Voir ce volume p. 168.
Dans un thème généthliaque {p. 236), on rencontre les Chaldcens, Pétosiris, Hermès, Imouth, personnages fréquemment nommés dans les premiers siècles de notre ère et dans nos manuscrits {1}. Le sujet même de ce thème, c'est-à-dire l'astrologie, est congénère de l’alchimie (2).
Dans les papyrus de Berlin, il s’agit surtout de la magie et de la science des songes, comme dans certains de ceux de Leide (3). Leur style rappelle les gnostiques. Ils sont dès lors très voisins des écrits alchimistes, surtout de ceux de Synésius et d’Olympiodore. — Précisons ces rapprochements.
Le Soleil et la Lune y sont désignés par leurs symboles (p. 114), comme dans ceux de Leïde (4). On n’y trouve rien sur: les traitements des métaux, quoiqu'’on y lise une certaine préparation magique où figurent des plantes (p. 151; Pap. II, 35). Le nom du grand œuvre (ueya epyov) s’y trouve, mais appliqué à la magie (Pap. I, 247 a). |
Le serpent Ouroboros y est nommé, ainsi que Chnouphi (5) l’'Agathodémon (Pap. 1, 27, 236). Le courant du Nil y est cité (Pap. I, 30), dans les mêmes termes, (tx tou Nethou peuuata) que par Zosime. La mention mystérieuse des sept sources(Pap.I, 235) rappelle celle des trois sources du temple d'Isis (6).
Les sept voyelles sont employées comme formule magique, de même que sur les amulettes gnostiques et pierres gravées de la Bibliothèque nationale de Paris (7). On y trouve, de même que chez les alchimistes (8), une formule de serment (Pap. I, 305). L'opposition entre le chaud et le froid (Pap. I, 235) rappelle aussi les alchimistes; comme on peut le voir dans Stéphanus, (p. 275 de ce volume), et surtout dans une intercalation en petit texte, qui se lit dans le manuscrit 2.327, fol. 240 vo.
(1) Voir ce volume p. 9, 133, 169, 1K4.
(2) Ce volume, p. 12 ct suivantes; p. 48, 83, etc.
(3) Ce volume, p. 84.
(4) Ce volume, p. 83.
(5) Ce volume, p. 136.
(6) Ce volume, p. 134.
(7) Ce volume, p. 62.
(8) Ce volume, p. 25.
La formule de la terre vierge (mapôevou yns, Pap. II, 57) est très caractéristique; car elle rappelle une phrase énigmatique attribuée à Hermès par les alchimistes (raplevos À yh eüpioxerar dv 4% oùp te aplivou. — Manuscrit de saint Marc, fol. 168 v°) etles mots de Zosime (1) « la terre est vierge et sanglante, ignée et charnelle » (ms de saint Marc, fol. 190 v°j.
Les noms cités ne sont pas moins caractéristiques. On trouve, en effet, dans les Papyrus de Berlin : d’une part, Apollon et les Muses (Pap. de Berlin, p. 152, 155), invoqués dans un style qui semble une réminiscence du ler livre de l’Iliade et qui rappelle aussi Olympiodore (2).
On y lit pareïllement les noms des trois Parques (Papyrus de Berlin, p. 153. — Ce volume, p. 25), et celui de Jupiter.
A côté de ces divinités palennes, figurent Adonaï, l’archange saint Michel (Pap. de Berlin, p. 128), saint Georges, Moïse (Pap. 11, 115), Abraham : amalgame étrange d’éléments grecs classiques, d'éléments judaïques et d'éléments chrétiens, qui rappelle les derniers gnostiques (3), les Hymnes Orphiques, les auteurs du ive siècle de notre ère. Il rappelle en particulier les hymnes et les écrits de Synésius (4) et l'ouvrage d'Olympiodore 6). Tout cela appartient à une même époque et à une même littérature.
u1) Ce volume. p. 63.
{2} Ce volume, p. 193.
(3) Ce volume, p. 65.
14) Ce volume, p. 199.
4) Ce volume, p. 163.
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DIPLOSIS (DOUBLEMENT) DE L'ARGENT MANUSCRIT 2.327, FOLIO 274 V°. (VOIR PAGES O1 €t 92}
On reproduit ici le texte du manuscrit sans corrections.
Aprépou BirAwas.
"Eruëf xal el chv lepurarhv Biflov ebploxouev dvapeypéppueve Apripou npdauic Bu roù xassirigou dvyyaioy ébéobat 5à puoripue xai nés maldpauts aèrod* “Orux dv umôlv éudpres Baldv orurrmpiav nel das xammadonedve oéospege perk paymalas, xal xpbav mposèäwauv Be rupannde dos oùv 15 dalu BuBaph mout adrdv «at Morrapév ant dvoauov.