CHAPITRE V
L existe à Leide une collection de papyrus égyptiens, qui renferme les plus anciens manuscrits alchimiques connus jusqu’à ce jour. Leur provenance, leur date ct la concordance de leurs indications avec celles des manuscrits grecs de nos bibliothèques, fournissent à l'histoire de l’alchimie une base historique indiscutable et donnent lieu aux rapprochements les plus intéressants. C’est pourquoi il paraît utile d’entrer dans quelques détails sur l’origine et sur le contenu de ces papyrus.
La collection de Leide a pour fond principal une collection d’antiquités Égyptiennes, réunies dans le premier quart du xix® siècle, par le chevalier d'Anastasy, vice-consul de Suède à Alexandrie, collection achetée en 1828, par le gouvernement des Pays-Bas. Elle renfermait entre autres objets, plus de cent manuscrits sur papyrus, vingt-quatre sur toile, un sur cuir, etc. Parmi ces papyrus, il en avait vingt en grec et trois bilingues, etc. Ces papyrus ont été l’objet
Pour aller plus loin, il aurait fallu connaître le texte même de ces articles des papyrus. Je n’ai pu le faire pour leur ensemble, ainsi qu’il vient d’être dit. Mais j'ai réussi cependant à y suppléer, de façon à avoir une connaissance assez étendue de ces textes. En effet M. Revillout, le savant professeur d’Egyptologie de l’École du Louvre, a eu l’obligeance de me communiquer, sans réserves, la photographie de deux des pages du plus important de ces textes. M. Omont, employé au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, a bien voulu, avec une rare complaisance, faire de cette photographie une transcription régulière. J’en ai tiré parti pour mes comparaisons et je la reproduirai in extenso dans un autre appendice (appendice B), à la fin du présent volume.
J'utiliserai aussi deux petits articles du même papyrus : sur l'art de donner au cuivre l’apparence de l'or; articles que M. Leemans a eu la bonté de transcrire et de m'envoyer, mais en me demandant de ne pas en publier le texte. Aussi me suis-je abstenu de les reproduire ; non sans regret, à cause de l'intérêt de la matière traitée par l’un d’eux: dorure sans mercure, c’est-à-dire dorure dans laquelle l’usage d’un alliage de plomb et d’or remplace l’amalgamation.
Trois de ces papyrus sont signalés comme relatifs à l’alchimie : ce sont les n° 65, 66 et 75 de Reuvens (1) : le n° 66 en particulier. Ils paraissent remonter au n° siècle et à une époque antérieure à
(1) M. Leemans à changé ces numéros dans son catalogue. Le n° 65 a été publié en fac-similé par lui, comme je l’ai dit à la page précédente.
l’établissement officiel du christianisme (r). Ils semblent avoir fait partie d’une même trouvaille (2), tirée probablement du tombeau de quelque magicien de Thèbes. Ce sont en un mot, des manuscrits du même ordre que les livres brûlés par Dioclétien. La magie, l'astrologie, l’alchimie, l’étude des alliages métalliques, celle de la teinture en pourpre et celle des vertus des plantes y sont intimement associées, conformément aux traditions rapportées par Tertullien et par Zosime. Nous y trouvons les noms de Démocrite et d’Ostanès (3), comme dans les manuscrits de nos bibliothèques et dans Pline; le Serpent Ouroboros y figure de même. On y lit des alphabets magiques (4), comme dans le manuscrit 2.249 et dans celui de saint Marc. Les symboles astronomiques du soleil (5) et de la lune (6) sont appliqués aux noms des plantes, et à ceux de l’or et de l’argent; toujours comme chez les alchimistes.
Les idées gnostiques, le mystérieux nombre quatre (7), commun aux égyptiens, aux gnostiques et aux alchimistes, et jusqu’à l’autorité apocryphe des juifs et de Moïse (8), y sont pareillement invoqués.
(1) Reuvens. Appendice, p. 151.
(2) Reuvens. Appendice, p. 146.
(3) Reuvens. Corrections et additions, p. 163 et 148.
(4) Reuvens. Lettre I, p. 49. (Voir p. 15 et 35 de ce volume.)
(5) Reuvens. Appendice, p. 154. — Planche XII de la 4° livraison des Monuments Égyptiens, publiés par Leemans.
(6) Reuvens. Lettre I, p. 51. — Planche XII ci-dessus.
(7) Papyrus 75 ; Reuvens, lettre I, p. 28, 32, 34 et Go. (Voir p. 34 du présent ouvrage.)
(8) Reuvens. Appendice, p. 152. Ms. 2.327, fol. 149. (Voir p. 54 du présent ouvrage.)
Entrons dans quelques détails.
Les papyrus n°65 (r) et n° 75 (2) sont bilingues Le second renferme un texte égyptien hiératique plus ancien, avec un texte grec inscrit sur la face intérieure. Le premier contient en outre des transcriptions interlinéaires de mots démotiques, écrites en grec; il provient de Thèbes. Ces deux papyrus portent les marques d’un usage journalier et d’une lecture usuelle : ce sont des rituels magiques que le possesseur consultait fréquemment.
En effet le n° 75 est consacré à des cérémonies magiques, effectuées par l'entremise de l’amour mystique, envisagé comme grande puissance thaumaturgique. Telles sont l’évocation d’un fantôme; la confection d’une image de l’amour; la recette d’un philtre, composé de diverses plantes; la recette mystique pour réussir dans ses entreprises ; plusieurs recettes pour obtenir ou envoyer un songe; la consultation de la divinité, qui répond sous la forme d'un Dieu à tête de serpent jfhéomantion) ; un procédé pour porter malheur à quelqu'un; un autre pour arrêter sa colère.
Puis viennent des procédés d’affinage de l'or; enfin une recette pour confectionner un anneau jouant le rôle de talisman, en gravant sur un jaspe enchassé dans cet anneau la figure d’un serpent qui se mord la queue, la lune avec deux astres et le soleil audessus. C’est là une figure dont l’analogue se retrouve dans les pierres gravées de la Bibliothèque nationale
(1) Planche XII de la 4e livraison des Afonuments Égyptiens. (2) Reuvens. Lettre I, p. 4.
et dans nos manuscrits alchimiques {voir p. 58 et G2). L'amour tyrannique figure pareillement dans ceuxci, au milieu d’une recette de transmutation, dans une phrase incompréhensible (1), qui semble le lambeau de quelque vieux texte mutilé. On rencontre encore l'amour extracteur d’or dans un exposé mystique, où il est question d'un traité de Kron-Ammon (2), autre personnage énigmatique.
On lit ensuite dans le papyrus une table en chiffre, pour pronostiquer par des calculs la vie ou la mort d’un malade, table attribuée à Démocrite (3\.et analogue à la table d’'Hermès du manuscrit 2.327; une formule pour amener une séparation entre époux ; une autre pour causer des insomnies jusqu’à ce que le patient en meure; un philtre pour exciter l'amitié, composé de plantes, de minéraux et de lettres magiques; des explications de noms mystiques des plantes, etc.
Toute cette thaumaturgie répond aux pratiques des sectes gnostiques et de Jamblique. Les noms mêmes des cérémonies sont pareils chez les gnostiques et dans les papyrus (4): ce qui fixerait la date de ces derniers vers le nr° siècle. La divination par les songes, qui figure dans le papyrus précédent, se trouve aussi dans le papyrus C, 116 et 122, publié par M. Leemans (5). Elle est
(1) Ms. 2.327, fol. 274, vo.
(2) Ms. 2.327, fol. 215. ‘O ëpos 6 ypuoopryütns pos xopvapuova ep} The LEPIXS TÉLYNS.
(3) Reuvens. Appendice, p. 148. Anpoxpitou opatpx. — Voir ce volume p. 35.
(4) Reuvexs. Lettre I, p. 26.
(5) Papyri græci, 1, 3, 1re livraison (1843).
également associée à l’alchimie dans le manuscrit de saint Marc (1), et dans les ouvrages authentiques qui nous restent de l’évêque Synésius. La traduction du texte hiératique écrit au-dessus dans le papyrus, texte plus ancien, fera peut-être remonter plus haut encore la date des pratiques décrites dans ce papyrus.
Quoiqu'il en soit, le mélange des recettes alchimiques, et des pratiques magiques est très caractéristique. L’indication de la table de Démocrite et celle du serpent Ouroboros entourant les figures d’astres, qui se trouvent à la fois dans le papyrus de Leide et dans les manuscrits alchimiques, ne le sont pas moins.
Le papyrus n° 65 est également magique : son revers porte les noms (2) de divers produits animaux, minéraux et végétaux, parmi lesquels la salamandre, le sel ammoniac, l’aphroselinum, la pierre magnétique d'aimant (magnès), la magnésia, le sourcil du soleil et le sourcil de la lune (3); celle-ci figurée par un signe astrologique. Le tout renferme des indices non douteux d’alchimie.
Le papyrus n° 66 (4) est surtout capital à ce point de vue : car il ne s’agit plus de simples indices, mais d’une centaine d'articles, relatifs à la fabrication des
(1) Additions sur les feuilles de garde initiales. (2) Reuvens. Lettre I, p. 51. — On en trouve lc fac-simile dans les Monuments Égyptiens de Leide, 4° livraison, planche XII.
(3) Opus mhtou; oppus ceÂnvns... agposeknvov. .. nAtoyovov ; CEÂNVOYOVOV. . .
(+) Reuvens. Lettre III, p. 65. M. Leemans a donné à ce papyrus le n° 370, I.
alliages, à la teinture en pourpre et à la matière médicale. C’est un livre sur papyrus, de format in-folio, haut de o"30 sur o"18 de large, originaire de Thèbes : il consiste en dix feuilles entières, pliées en deux et brochées, dont huit seulement sont écrites. Cela fait donc seize pages écrites, contenant environ sept cent vingt lignes. Elles sont très lisibles, comme j'ai pu m'en assurer sur la photographie de deux de ces pages : l'écriture serait du commencement du me siècle (1).
Les articles portent chacun un titre. Ce sont des recettes pures et simples, sans théorie, toutes pareilles par leur objet et par leur rédaction à un groupe de formules inscrites dans les manuscrits grecs de nos bibliothèques. Je pense que ces dernières formules ont été probablement transcrites à l’origine d’après des papyrus semblables à celui-ci. Le texte même des articles du papyrus que j’ai pu me procurer 1n inlegro n’est tout à fait identique dans aucun cas à celui de nos manuscrits; mais la ressemblance n’en est pas moins frappante, comme je vais l’établir.
Signalons les principaux sujets traités dans les articles du papyrus, en Îles rapprochant à l’occasion des sujets pareils du manuscrit 2.327. Je les grouperai sous les chefs suivants : Plomb, étain, cuivre, argent et asemon, or, pourpre, minerais divers.
Plomb. — Purification (2) et durcissement (3) du plomb. Le premier titre figure à peine modifié dans le
(1) Voir Reuvens. Appendice, p. 151 et 102.
(2) Kaôapots.
(3) Exhrpuots, oxAnpaota.
manuscrit 2.327 (1, et le second sujet y est aussi traité (2).
Etain. — Purification de l’étain, décapage (3) et durcissement de ce métal (4). Les manuscrits donnent de même des procédés pour l'affinage de l’étain (5).
Purification de l’étain, projeté dans le mélange (6) qui sert à fabriquer l’asemon (c'est-à-dire pour la transmutation de l’étain en argent).
Epreuve de la pureté de l’étain.
Blanchiment de l’étain (7. Ce titre se retrouve dans le manuscrit 2.327 (3). Dans la langue des alchimistes, le mot blanchiment s’applique d'ordinaire à la teinture du métal transformé en argent, comme le montre l’un des articles du manuscrit 2.327 (fol. 288 v°).
Cuivre. — Blanchiment du cuivre.
Fabrication du cuivre couleur d’or (bronze). Trois articles sont relatifs à ce sujet, qui préoccupait beaucoup les alchimistes ; car il s'agissait d’un premier degré de modification dans le métal, consistant à le teindre superficiellement. La même préparation se trouve exposée à plusieurs reprises dans le manuscrit 2.327 (9). M. Leemans a eu l’obligeance de copier pour moi deux des articles du papyrus
(1) Ms. 2.327, fol. 274.
(2) Ms. 2.327, fol.146 v°, au bas.
(3) Sunkts.
(4) Voir aussi l’'Appendice B.
(5) Ms. 2.327, fol. 269 vo et fol. 270.
(6) Kpaate Trou xormou.
(7) Acvxoats.
(N) Ms. 2.327, fol. 294 vo et fol. 288.
(u) Ms. 2.327, fol, 283 et v°; fol. 284 et v°.
relatifs à la même question, mais sans m'’autoriser à les reproduire in extenso. Aucun n’est identique à ceux des manuscrits qui portent le même titre. Le second procédé du papyrus paraît consister dans une dorure obtenue au moyen d’un alliage d’or et de plomb. On l’étendait à la surface du cuivre, puis on passait la pièce au feu à plusieurs reprises, jusqu’à ce que le plomb eut été détruit par üne oxydation, à laquelle l’or résistait; comme l’auteur prend soin de l'indiquer. C’est donc un procédé de dorure sans mercure.
Viennent ensuite les sujets suivants : Décapage des objets de cuivre. Ramollissement du cuivre (1) Liniment (2) de cuivre.
Argent et Asemon. — Un certain nombre d’articles pratiques transcrits dans le papyrus se rapportent à l’argent proprement dit : purification de l’argent ; décapage des objects d'argent ; docimasie, c'està-dire essai de l'argent ; dorure de l’argent; coloration de l'argent (3) (en couleur d’or?) Le dernier sujet est traité aussi dans le manuscrit 2.327 (4).
Les suivants concernent l’alchimie proprement dite. Fabrication (5) de l’asemon (6). Le mot asemon était regardé au xvn° siècle comme représentant l’argent sans marque, c’est-à-dire plus ou moins impur,
(1) Madaëte.
(2) Xptot.
(3) Xpwot.
(4) Ms. 2.327, fol. 284, 285.
(5) Homo aonuou. Voir le ms. 2.327, fol. 146. ; le ms. de saint Marc, fol. 106. |
(6) Voir aussi le ms. 2.327, fol. 29 vo et fol. 17.
renfermant du plomb, du cuivre ou de l’étain; en un mot tel qu’il se produit d'ordinaire à l’état brut dans la fonte des minerais. Mais d’après Lepsius, on peut rapprocher ce mot avec plus de vraisemblance du mot égyptien asem, qui exprime l'électrum, alliage d'or et d'argent. Quoiqu'il en soit, cet intitulé, fabrication de l’asemon, se retrouve fréquemment dans les manuscrits ; il est courant chez les alchimistes pour indiquer l'argent ou l’électrum produit par transmutation. On rencontre aussi la forme féminime acrun. |
Observons que le mot romas affecté à la transmutation figure seul dans le papyrus; il semble donc plus ancien que les impressions yevcomotu et apyusomote, quoique celles-ci soient déjà employées par Synésius.
Le titre caractéristique : fabrication de l’asemon, reparaît une vingtaine de fois dans les articles du papyrus, sauf quelques variantes: telles que fabrication de l’asemon fondu; fabrication de l'asemon égyptien. On voit par là quelle importance la question avait pour Îles auteurs du papyrus.
La page photographiée que je possède, renferme notamment quatre de ces recettes, que l’on peut comparer avec celles des manuscrits des Bibliothèques : l’une prend l’étain comme point de départ ; une autre, le cuivre et peut être rapprochée d’un texte du manuscrit 2.327 (1); une autre emploie l’orichalque (laiton). L’étain, le mercure et le fer sont nommés dans la dernière. Dans les deux premières, on introduit pendant l'opération une certaine dose d'asemon,
(1) Ms. 2.327, fol. 140.
fabriqué à l'avance et destiné sans doute à jouer le rôle de ferment. La troisième recette se rapproche à plusieurs égards d’un procédé pour doubler l'argent au moyen de l’étain, donné dans le manuscrit 2.327 (1), procédé tiré, dit l’auteur de ce dernier manuscrit, d’un livre très saint. L’alun et le sel de Cappadoce figurent dans les deux textes, c’est-à-dire dans le papyrus comme dans notre manuscrit.
Un titre plus significatif encore est celui-ci : art de doubler (2) l’asemon, lequel reparaît deux fois; c’est encore le titre de plusieurs articles dans les manuscrits (3). On peut en rapprocher les suivants : trempe ou teinture (4) de l’asemon; on lit le même titre appliqué à l'or dans les manuscrits (5). Puis vient dans le papyrus la préparation du mélange ; et le titre singulier : masse de métal inépuisable (6), intercalé au milieu des procédés de fabrication de l’asemon. Citons enfin ceux-ci : affinage {?) de l’asemon durci (7); essai de l’asemon; comment on atténue (8) l’asemon.
Or.— A ce métal se rapportent divers articles, dont la signification semble relative à certaines pratiques industrielles, telles que : coloration de l’or (9); fabrica-
(1) Ms. 2.327, fol. 274, vo.
(2) Axdwot.
(3) Voir le ms. 2.327, fol. 274, vo.
(4) Katabapn.
(5) Ms. 2.327, fol. 276
(b) Aveyhentos maba.
(7) Ilwotç pour ekuwots.
(8) Apatoutar. Le mot apauvotç appartient aussi à la langue des manuscrits. 1] s’agit sans doute de pulvérisation ou de dissolution.
(9) Peut-être ce titre désigne-t-il aussi une opération de transmutation,
tion de l'or; préparations pour la soudure d’or. Cette dernière question est traitée aussi dans les manuscrits (1).
Ecriture en lettres d'or (2). Ce sujet est un de ceux qui préoccupaient le plus l’auteur du papyrus, car il reparaît douze fois. Il n’a pas moins d'importance pour les auteurs des traités des manuscrits des bibliothèques (3), qui y reviennent aussi à plusieurs reprises, Montfaucon et Fabricius ont publié plusicurs recettes tirécs de ces derniers.
Docimasie de l'or; préparation de la liqueur d’or {4); dorure.
Les titres suivants sont relatifs à la transmutation : multiplication de l'or 5); fabrication de l'or, sujet fréquemment abordé dans les manuscrits (6) ; trempe (ou teinture) de l’or,question également traitée, dans les manuscrits (7;; art de doubler l'or (plusieurs recettes); ce titre n’est pas rare dans les manuscrits (8).
Cet art de doubler l’or et de le multiplier, en formant des alliages à base d'or, alliages dont on pensait réaliser ensuite la transmutation totale par des tours de main convenables, analogues aux fermentations ; cet art, dis-je, constitue la basc d'une multitude de recettes. C’est au doublement de l’or que se rappor-
(1) Voir ms. 2.327, fol. 281, vo et fol. 284.
(2) Xpusoypaqa.
(5) Par exemple ms. 2.327, fol. 2835 vo et fol. 287 vo. (4) Xpuatou uypou oxeuucta.
(5) IAcovaouos
(6) Voir ms. 2.327, fol. 146, 232, 265.
(7) Voir ms. 2.327, fol. 276.
(8) Voir par exemple le ms. 2,327, fol. 267, ve.
eæ
tent les textes de Manilius (p. 70) et d'Enée de Gaza (p. 75).
Pourpre. — Dans le papyrus les préparations métalliques sont suivies, sans transition, par les recettes pour teindre en pourpre; ce qui montre la connexité qui existait entre ces deux ordres d’opérations, connexité attestée pareillement par le contenu du traité Physica et mystica, du pseudo-Démocrite (1). Il ne s’agit pas ici d’une simple comparaison entre l'éclat de la teinture en pourpre et celui de la teinture en or, mais d’un rapprochement plus intime, à la fois théorique et pratique. En effet la fabrication du pourpre de Cassius,au moyen de préparations d’or et d’étain, semble n'être pas étrangère à cette assimilation; ainsi que la coloration du verre en pourpre par les préparations d’or. Quoi qu’il en soit, nous trouvons dans le papyrus une série de préparations de pourpre, fondées sur l’emploi de l’orcanette et du murex, comme dans le pseudo-Démocrite. Quelques-unes de ces préparations sont reproduites dans la partie photographiée de la page 13 de ce papyrus, que je donne dans l’appendice B.
Minerais divers. — Enfin le papyrus se termine par divers extraits du traité de Dioscoride, attribués nominativement à leur auteur; extraits relatifs à l’arsenic, à la sandaraque, à la cadmie, à la soudure d’or, au minium de Sinope, au natron, au cinabre et au mercure: ce qui nous montre que ce traité servait dès lors de manuel aux opérations métallurgiques.
C’est en cffet au moyen du texte de Dioscoride, des
(1) Voir ms, 2.327, fol. 24, vo.
ouvrages de Pline et des Commentaires de ces ouvrages que nous pouvons retrouver aujourd’hui le sens véritable des dénominations contenues dans les papyrus ; lesquelles sont transcrites avec les mêmes significations techniques dans nos manuscrits alchimiques. La concordance de ces divers textes est des plus précieuses pour en fixer le vrai caractère historique.