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Ce sont là des signes et des imaginations gnostiques, ainsi que le montre l’anneau magique décrit dans le papyrus de Leide et comme on peut le voir dans l’H5sloire des origines du Christianisme de M. Renan (1).
Le serpent qui se mord la queue se présente continuellement associé à des images d’astres et à des formules magiques sur les pierres gravées de l’époque gnostique. On peut s’en assurer dans le Catalogue imprimé des camées et pierres gravées de la Bibliothèque nationale de Paris, par Chabouillet. Les numé- 105 2,170, 2.177; 2.100, 2.104, Ὁ ΕΠ ΘΕῈ ΤΣ 20112207) 2.203, 2.204, 2.205, 2.206, etc., portent la figure de lPOuroboros, avec toutessortes de signes cabalistiques. De même la salamandre, n° 2.103. Au n° 2.203 on voit Hermès, Sérapis, les sept voyelles figurant les sept planètes, le tout entouré par le serpent qui se mord la queue. Au n° 2.240, le signe des planètes avec celui de Mercure, qui est le même qu’aujourd’hui. C'étaient là des amulettes et des talismans, que l’on suspendait au cou des malades, d’après Sextus Empiricus médecin du 1v° siècle, et que l’on faisait servir à toutes sortes d’usages. Ces symboles sont à la fois congénères et contemporains de ceux des alchimistes.
Le serpent qui se mord la queue était adoré à Hiérapolis en Phrygie, par les Naasséniens, secte gnostique à peine chrétienne. Les Ophites, branche importante du gnosticisme, comprenaient plusieurs sectes qui se rencontraient en un point, l’adora-
(1) T. VIL, p. 183.
tion du serpent, envisagé comme le symbole d’une puissance supérieure (1); comme le signe de la matière humide, sans laquelle rien ne peut exister; comme l’âme du monde qui enveloppe tout et donne naissance à tout ce qui est, le ciel étoilé qui entoure les astres; le symbole de la beauté et de l’harmonie ‘de l’univers. Le serpent Ouroboros symbolisait donc les mêmes choses que l’œuf philosophique des alchimistes. Le serpent était à la fois bon et mauvais. Ce dernier répond au serpent égyptien Apophis, symbole des ténèbres et de leur lutte contre le soleil.
L’Ophiouchos, qui est à la fois un homme et une constellation, joue un rôle essentiel dans la mythologie des Pérates, autres Ophites; il prend la défense de l’homme contre le méchant serpent. Nous le retrouvons dans Olympiodore (2).
Ailleurs nous rencontrons la langue spéciale des gnostiques : « la terre est vierge et sanglante, ignée et charnelle » nous disent les mêmes auteurs (5).
Les gnostiques, ainsi que les premiers alchimistes et les néoplatoniciens d’Alexandrie, unissaient la magie à leurs pratiques religieuses. On s’explique par là la présence de l'étoile à huit rayons, signe du soleil en Assyrie, parmi les symboles qui entourent la Chrysopée de Cléopâtre, aussi bien que dans les écrits Valentiniens. Elle semble rappeler l’ogdoade mystique des gnostiques et les huit dieux
(1) Sur les Ophites, par Pu. BERGER, p. 28, 20, οὔ; 1873. (2) Ms. 2.327, fol. 204.
(3) Zosime, dans le ms, de saint Marc, fol. 100, vo.
élémentaires "égyptiens, assemblés par couples mâles et femelles, dont parle Sénèque (1). J’ai montré ailleurs (p. 34) que le nombre quatre joue un rôle fondamental dans Zosime, aussi bien que chez les Égyptiens et chez le gnostique Marcus.
Le rôle de l'élément mâle, assimilé au levant, et de l’élément femelle, comparé au couchant (2); l’œuvre accomplie (πληρούμενον) par leur union; l'importance de l’élément hermaphrodite {la déesse Neith des Égyptiens) cité par Zosime (3), et qui reparaît jusque dans les écrits du moyen âge (4); l’intervention des femmes alchimistes, Théosébie, Marie la Juive, Cléopâtre la Savante, qui rappellent les prophétesses gnostiques (5), sont aussi des traits communs aux ghostiques et aux alchimistes.
Les traditions juives jouaient un rôle important chez les gnostiques Marcosiens. Ceci est encore conforme à l'intervention des Juifs dans les écrits alchimiques et dans les papyrus de Leide.
Zosime, et Olympiodore reproduisent les spéculations des gnostiques sur l’Adam, l’homme universel (6) identifié avec le Toth égyptien: les quatre lettres de son nom (7) représentent les quatre éléments. Eve s’y trouve assimilée à Pandore. Prométhée et
(1) Questions naturelles, III, 14.
(2) Ms. 2.327, fol. 206.
(3) Ms. 2.327, fol. 220.
(4) Theatrum Chemicum, V, 804.
(5) RENaw, Histoire des origines du christianisme, t. VII, p. 116.
(6) Ms. 2.327, fol. 20, et ms. 2.249, fol. 08, transcrit en partie dans Hæfer, 1, 534— ms. de saint Marc, fol. 190.
(7) L'auteur ne savait pas qu’en hébreu ce nom n’a que trois lettres.