‹ Les origines de l'alchimieChapitre 3 sur 86 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

occupé; mais les renseignements brefs et incomplets donnés à cet égard dans les histoires de la chimie étaient plutôt de nature à piquer la curiosité qu'à la satisfaire. Ces origines ont quelque chose de bizarre. La chimie, la plus positive peut être des sciences, celle dont nous maïîtrisons le plus directement l’objet, débute par des imaginations extravagantes sur l’art de faire de l'or et de transmuter les métaux; ses premiers adeptes sont des hallucinés, des fous et des charlatans, et cet état de choses dure jusqu’au xvi° siècle, moment où la vraie doctrine remplace l'antique alchimie. Aussi les chimistes sérieux ont-ils hâte en général de se détourner de celle-ci; ce qui explique l'abandon dans lequel son histoire est tombée. C’est un fait bien connu de tous ceux qui ont enseigné, à savoir que les spécialistes étudient surtout une science en vue de ses applications : la plupart ne se tourmentent guère de son passé. L'Histoire des sciences attire surtout les philosophes et les gens curieux de la marche générale de l’esprit humain. Mais, si les spécialistes n'aiment ni les récits historiques ni les abstractions, par contre les philosophes sont arrêtés en chimie par le caractère technique du langage et le tour particulier des idées. Ils ont besoin d’être initiés par quelque personne compétente; nécessité plus grande s’il se peut que partout ailleurs dans une science qui a changé de

fond en comble, il y a cent ans, le système général de

ses idées. Or, tel est le rôle que je me propose de remplir.

Je demande la permission d’entrer dans quelques détails sur la composition de cet ouvrage; ne fut-ce que pour marquer au Public mon respect, en lui disant quelles sont mes références et mes autorités.

Depuis bien des années, je réunissais des notes sur l'histoire de la chimie, lorsque le voyage que je fis en Orient en 1869, à l’occasion de l'inauguration du canal de Suez, la visite des ruines des villes et des temples de l’ancienne Egypte, depuis Alexandrie jusqu’à Thèbes et Philæ, l'aspect enfin des débris de cette civilisation qui a duré si longtemps et s’est avancée si loin dans ses industries, reportèrent mon esprit vers les connaissances de chimie pratique que celles-ci supposent nécessairement.

Les alchimistes prétendaient précisément faire remonter leur science à l'Egypte. C'était la doctrine sacrée, révélée par Hermès à ses prêtres. Mais où retrouver les traces positives de cet ordre de connaissances ? Mariette, que j'entretins souvent à ce sujet, ne put rien m'apprendre. Un mémoire de Lepsius, sur les métaux Egyptiens, traduit en 1877 pour la Bibliothèque des Hautes Etudes, me fournit cependant de premières ouvertures. En le comparant avec ce que je savais déjà des premiers alchimistes,

par l'Encyclopédie méthodique et par les histoires de

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