‹ Les origines de l'ancienne France (volume 2)Chapitre 36 sur 91 · III. Officiers et vassaux · texte numérisé non relu

III. Officiers et vassaux

La villa est placée sous l'autorité de deux maires ou villici, Sawalo et Henri. Chacun d'eux tient la moitié de la mairie (villicatio) en fief lige. Ni les droits lucratifs qu'on leur abandonne ni les obligations qui leur incombent ne sont précisés. À la moitié de villicatio s'ajoute pour chacun d'eux la concession à titre de fief d'une terre mesurant une demi-charruée.

Henri n'est pas mentionné parmi les tenanciers ; au contraire, Sawalo est le plus important d'entre eux. Il détient des courtils et un pré devant un cens total de dix-huit sous, un denier et quatre chapons.

Les autres feudataires , hommes ou femmes liges , dont les services ne sont pas spécifiés, mais devaient consister, soit en protection ou assistance militaire , soit en fonctions bénévoles ou éventuelles, sont : Guarrenus, qui a en fief les hôtes et une demi-charruée de terre; Feria, femme lige, qui a les terrages en fief; Camelo, auquel sont inféodés les deux tiers des dîmes revenant à l'abbaye.

Dans le budget de cette villa viennent se confondre la

en l'an 116i devant l'intervention du pape Alexandre III. Le préambule est trop curieux pour être omis :

« Ecclesia Sancte Marie de Strumensi Atrebatensi civitati vicina est Bita in loco ubi quondam Romani principante Julio Caesare contra Atrebatenses obsidione diuturna dimicantes castra fixerunt, sicut vallonim et aggerum vestigia hodieque contestari videntur. Illuc igitor plerique civium tam primorum civitatis quam et popularium, propter bonam loci famam et operis Dei assiduitatem , filias suas in monasterium virginum contradentes , cum eisdem filiabus vel etiam matribus seu uxoribus suis, ibi ad succurrendum morientibus, predia, mansos, possessiones quorum fundus Sancti Vedasti erat, ob remedium anime sue offerebant. Et intantum hec consuetudo invaluit, quod ecclesia Strumensis, per hujusmodi irrationabiles offerendas, possessiones que de jure Sancti Vedasti erant ad suum dominicatum traxU » (p. 307-308).

moitié des cens de la villa Vinea et vingt-sept solidi deux oboles provenant du village d'Hayrunval.

Ces exemples sont loin d'être isolés. Je pourrais en relever dans les diverses parties de la France. Il serait par suite exagéré de prétendre que le type gallo-romain ou carolingien de la villa avait disparu; mais il ne le serait pas moins de méconnaître sa rareté relative , les profondes modifications qu'il avait subies et enfin les germes de destruction qu'il recelait dans son sein.

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