‹ Les origines de l'ancienne France (volume 2)Chapitre 53 sur 91 · ASPECTS DIVERS DE LA 8 AU VETE · texte numérisé non relu

ASPECTS DIVERS DE LA 8 AU VETE

rac (Aude). A l'intérieur de cette sauveté1 chacun des deux groupes de frères qui ont traité avec le moine obtient un emplacement suffisant pour construire une maison de six brassées en tout sens, à charge d'une livre de cire par an. (Cartul. de Conques, p. 71-72).

Lavaur. — De 4060 à 1065 des seigneurs laïques donnent à l'abbaye de Conques l'église de Lavaur avec l'alleu qui s'y rattache. Us promettent de n'accorder à nul autre corps religieux l'autorisation d'établir une sauveté dans l'alleu du château de Lavaur : « Facimus convenientiam abbati ... ut in alodio de castello de Vauro alicui Sancto non donemus licentiam faciendi salvetatem nisi predicto abbati et monachis de C. » La donation est faite du consentement du comte et de l'évêque de Toulouse, et avec l'approbation des vassaux des donateurs. (Cartul. de Conques, p. 381).

Coueilles, 1073-1087. — Donation en alleu, par des laïques, de la moitié de l'église et du village {villa) de Coueilles, tel qu'il est délimité par des croix, de la moitié des cens, services, et droit de justice, pour que les moines y fondent une sauveté « ut monachi S. F. ibi constituant salvetatem. » C'est une charge qui leur est imposée, car on stipule que la violation de la sauveté par un tiers n'entraînera pas la révocation de la libéralité « si aliquis homo eandem salvetatem fregerit, non perdant per hoc monachi S. F. istum donum etacaptamenlum, » et qu'en cas d'acquisition d'une autre terre sous la condition d'y établir une sauveté « per convenientiam de salvedad », elle sera englobée dans la première et les moines ne manqueront pas d'y poser des croix. (Cartul. de Conques, p. 70-71.)

Tauriac, vers 1087. — Donation en alleu d'une église et de toute une sauveté, telle que le moine Arnulf et P. Rai no

1 « In ipsa autem salvetate, infra ipsas cruces, dono ego Pondus monacbus tibi P. B. et fratri tuo y locum ad faciendam mansionem de sex brachiatis longitudinis et latitudinis ex omnibus partibus inter domum et inter ipsam autem cum exitu et reditu »

l'ont délimitée en présence des donateurs1. L'un de ceux-ci reçoit deux maisons ayant chacune huit brassées de long sur quatre de large, à l'intérieur de la sauveté. (Cartul. de Conques, p. 60.)

Castelmaurou, 1106, et Cassagnes y 1061-1065. — L'évêque de Toulouse et les seigneurs du château de Maurou donnent, pour y construire une église, une montagne entourée de croix qu'ils ont posées de leurs propres mains. Ils en font une sauveterre , défendant à tout chevalier, vassal ou jongleur d'y habiter, attribuant à perpétuité à l'abbaye tous les cens, les gages et amendes, les redevances, la leude des étaux et du sel, les droits sur les donations, comme elle les possède au mieux dans le village de Cassagnes, lui adjugeant en outre par déshérence les biens immeubles des personnes qui meurent sans enfants légitimes, et par confiscation les biens vendus sans son autorisation. (Cartul. de Conques, p. 386) f. C'était sans aucun doute une sauveté aussi que le village de Cassagnes, pris pour termade comparaison. Une église y avait été transférée, des croix posées, et le tout donné en alleu à l'abbaye, avec dîme, viguerie et justice, quart des fruits (1061-1065) 3.

Marestang, 1107. — Gaucelme de Lesparre et ses frères, en présence des chefs (principes) de leur château, abandonnent au monastère de Conques le lieu de Mansirot qui désormais doit s'appeler Marestang, pour y établir, dans une enceinte délimitée par des croix, une sauveté, un couvent et une garenne « ad salvetatem et monasterium ... ibi conslruendum et ad cunillos etiam per forestem nutriendos, sicuti cruces inposite désignant per circuitum. » — L'archevêque de Bordeaux et le duc d'A-

1 « Et totam salvetatem sicut Amulfus monachus et Poncius Rai no nobis praesentibus determinaverunt. »

s Voyez le texte suprà, p. 183, note 1. 3 Cartul. de Conques, p. 64-62.

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