AUTOUR DE CHATEAUX-FORTS
La régénération et la refonte que les villes antiques ont subies au moyen-âge se sont accomplies au sein et autour d'un noyau central : la cité. La plupart des villes nouvelles qui sont nées alors ont eu de même leur noyau : le château-fort ou le couvent. D'autres sont issues de villages agglomérés ou transformés : un plus petit nombre a été l'objet d'une véritable fondation. Nous allons parcourir ces modalités diverses de la genèse des villes. La difficulté est de les catégoriser, tant elles s'entrecroisent et se pénètrent mutuellement.
I. Villes nées autour de châteaux- forts. — Les châteaux, nous le savons, sont les uns des caste lia romains transformés ou d'anciennes villœ converties en places fortes, les autres des forteresses élevées pour résister aux invasions *, pour exercer le brigandage et pour soutenir les guerres féodales '. J'ai montré déjà, en partie, leur importance sociale; comment ils se sont substitués à la villa, comment ils sont devenus le centre d'une circonscription à la fois domaniale et politique, d'une châtellenie, comment enfin des groupes de marchands, d'artisans et de
1 Aux exemples déjà cités j'ajoute celui-ci : « Anno DCCGCXXVI,.... depopulantibus Agarenis pêne totum Regnum Bellicœ Galliae, studuit unusquisque diligenter tuta loca perquirere, ubi aiiquid firmitatis fie ri potuisset contra prœdictorum insidias perÛdorum. Invento igitur quondam Castro... vailatus undique precisis rupibus... » (D. Calmet, HisL de Lorraine, II, col. 173).
1 Voir t. I, p. 318 suiv., p. 445 suiv., t. II, p. 81 suiv.
paysans, de chevaliers même avec leurs serviteurs, s'y sont installés à demeure, ici dans leurs basses-cours, là dans les bourgs-neufs ou les bourgs-francs créés sous la protection de leurs remparts \ J'ajoute que le château-fort parfois se construisait en plein village1 et qu'il pouvait, à un autre titre que la sauve té mais parfois aussi sûrement qu'elle, servir d'asile à des fugitifs8.
D'autres éléments de concentration sont aisés à démêler : il sont d'ordre religieux et d'ordre commercial. L'église du château devient le centre d'une paroisse ; la population circonvoisine s'y rattache \ L'intérêt du châtelain et de
1 C'est ud avantage recherché et qui fait l'objet de stipulations formelles : « Ego Galterius et ego Bertrandus fratres de Scto Àmancio... Si vos vel successores vestri in podio Gobii castrum construere quandocumque volueritis, tara vobis quam illis concedimus et laudamus, ita tamen ut mihi Galterio et hominibus meis propriis debetis ibi dare loca in quibus domos ediflcare possimus et ipsa quoque loca de vobis ad feudum babebimus... » (1152. Livre noir de Varchev. d'Arles, î° 34 v°. Arch. des Bouches-du-Rhône).
* Voir plus bas la note 2, p. 308.
3 Le château de Gerberoi, par exemple, qui a donné naissance à la petite ville de ce nom (Oise) était un vrai lieu d'asile. Tenu en pariage par deux vidâmes de l'évêque de Beauvais, placé sur les confins du Beauvoisis et de la Normandie, il formait comme un îlot au milieu de grandes possessions féodales. Orderic Vital , sous l'année 1078, nous le dépeint en ces termes : « Illud quippe castrum (Gerberracum) in pago Belvacensi situm est et Neustriœ collimitaneum, positione vero loci et mûris ac propugnaculis fortissimum. Helias quoque vicedominus cum compari suo gratanter exuletn régi u m (Robert Courte Heuse) suscepit, illique suisque complicibus auxilium in omnibus spopondit. Moris enim est illius castri, ut ibidem duo pares domini sint, et omnes ibidem fugitivi suscipiantur, undecumque advenerint. » (Orderic Vital, II, p. 386).
La sécurité que procurent les châteaux les fait appeler sauvetés par les poètes de nos chansons de gestes :
« Droit à Viane est li Bers retornés; Car ce estoit sa millor sauveté. »
(Girard de Viane, p. 71.)
4 Une curieuse sentence fut rendue dans ce sens au profit du comte d'Anjou : « Cornes Gaufridus... affirmavit ex antiquo esse consuetu-
ses hommes d'avoir les denrées en abondance et à bon compte * fait instituer dans le château un marché hebdomadaire et des foires périodiques, qui, en attirant gens de métiers et gens de négoce, augmentent le nombre de ceux qui s'y fixent2. Observez encore qu'à raison de la moindre importance du castrum le seigneur a moins de compéti-
dinem in Andecavensi regione ut si cornes Andecavensis fecerit castellum in medio quarumiibet parrochiarum terrœ suœ, Ecclesia ipsius castelli taotum de circumjacentibus parrochiis optineat quantum palus yel fossatum aut alia fîrmitas illius castelli in circuitu occupavent... » Ainsi fut jugé. (Avant 1081. CartuL de Saint- Aubin d'Angers, fol. 96. Dom Housseau, III, n° 816).
Parfois il y avait plusieurs églises dans le château.
« ...Castrum quod vocatur Escart cum eremis et cultis, pétris, silvis, pasquis, garricis, etc.. Cum censibus et curialibus rébus atquep... (lacune) .. unde consuetum est ponere cavallos, vel in arca publica functionem persolvere tam comiti quam vicario et omne quod consuetum est haberi tam de dominicis quam de fevalibus. Ipsas quippe ecclesias quœ sunt fundatœ in ipsum castrum, scilicet S* Martini confessons , atque alia ecclesia Set® Dei genitricis Mari® quœ sunt fundatœ in terminum de prœlibato castro, cum suis decimis et suis primitiis et suis oblationibus ab integrum. » (1081. Moreau, t. 33, P>36).
1 Loin de craindre pour ses hommes la concurrence produisant le bon marché le seigneur du moyen-âge la recherche. Ce n'est pas l'avilissement des prix qu'il redoute c'est leur renchérissement et la pénurie des denrées usuelles. Voyez infrà, p. 306 note, les stipulations que contient sur ce point la charte relative à Donges et comme indice de préoccupations semblables la charte suivante d'un seigneur du Puiset : a Si burgensis meus causa diflugii in terra eorum panem vel vinum aut carnem con porta vent dicet servions meus monachis vel servienti eorum ut auferat de terra suà necessaria illa si(n?) autem libère accipiet servions meus. Vel si forte accidit quod servions meus in terra mea non inveniat ad emendum panem vel vinum aut carnem et in terra eorum invenerit, dabit vadimonium quod eque valeat... » (CartuL de Saint-Martin des Champs, MS., f° 25 v°-26 r°).
s « Ego Brienciu8 seculari militie mancipatus .... fratribus his qui in Turonensi cenobio quod Majus monast. dicitur omnipotenti Deo sub Alberto Abbate famulantur, quemdam locum hereditario jure mihi contingentem qui vocatur Bairiacus in honore S» Salvatoris constructu m haut longe a castro Briencii situm cum omnibus sibi subjectis
teurs de son autorité que dans les vieilles cités, et qu'A raisoo de sa moindre étendue il parvient plus aisément à en exclure ou le vassal inférieur ou même le seigneur régional1.
Beaucoup de châteaux ont de la sorte donné naissance à des cités. Il serait loisible, mais fastidieux, d'en accumuler les exemples. Je me bornerai à rappeler le grand nombre de nos villes dans la désignation desquelles entrent les noms de château, châtel, châtillon, fertê, roche, etc., et à citer, un peu au hasard de la pensée, quelques types de villes qui ont tiré leur origine, au dixième et au onzième siècles, de châteaux féodaux : Ghâteauroux né du chàleaa que construisit avant 952 le sire de Déols, Raoul le Large [castrum Radulphi, château Raoul *), Niort groupé autour du château de ce nom dont au dixième siècle les mentions
rébus quas contuli... annuo... additur etiam his décima omnium rerum que videntur ex ire de consuetudinibus que pertinent ad pred. castrum tam de mercatis quam de feriis eu m daima molendinorum qui sunt in ipso Castro et redhibitiones ferie cum omni integritate que est constituta uno quoque anno ad festivitatem Sancti Hilarii, que omnia libéra ab omni consuetudine exactionis vel vicariœ seu ceterorum vectigalium facio... » (4060. Cartul. de Marmoutier, Moreau, 26, f» 127 rM28 r°).
1 Les scènes qui se passent dans les châteaux de Normandie à la mort de Guillaume le Conquérant nous en donnent une assez juste et saisissante idée : « Rodbertus de Bellisma... Allencionem venit et improvisos régis satellites statim de pratorio ejecit. Hoc quoque fecit Bellismee, et omnibus aliis castellis suis, et non sol uni suis, sed et in vicinorum suorum, quos sibi pares dedignabatur habere, municipiis, quœ aut intromissis clientibus suis sibi subjugavit, aut penitus, ne sibi aliquando resistere possent, destruxit. Guillelmus etiam, cornes Ebroicensis, de dangione regios expulit ex eu bi tores; et G. de Britolio, ac R. de Conchis, aliique omnes in sua ditione redegerunt munitiones; ut unusquisque libère posset contra vicinum suum et collimitaneum exercere inimicitias damnabiles. Sic proceres Ne us triée de munitionibus suis omnes régis custodes expulerunt... » (Orderic Vital, III, p. 261-262;.
* Chronique de Déols : « Anno DCCCCLII. Obiit Radulphus Largus, secundus Dominus Dolensis qui œdifleavit castrum Radulphi et
sont fréquentes \ Alençon qui procède d'un château fondé au commencement du xie siècle par Guillaume de Bellesme % Beaucaire et Mirepoix créés dans le même siècle, l'un autour du château d'Ugernum 8, l'autre autour du château de Mirapixum qui apparaît pour la première fois en 1062 *, Aubusson dans la Marche, Bellac dans le Limousin , Loches en Touraine, etc.
Gardons-nous seulement de ne pas nous exagérer l'homogénéité de ces formations urbaines. Elles n'échappent pas à la loi de dispersion. Comme à l'intérieur et sur le pourtour de la cité antique, les bourgs se multiplient dans le rayon de défense du château-fort. Très souvent ce sont des corps religieux qui, en vertu d'une concession du châtelain et de concert avec lui, font l'entreprise de ces créations* et deviennent seigneurs du bourg créé. Bien
dédit nobis castrum Dolense et quidquid juris habebat. » (Chron. Dolensis Cenobii, Labbe, Nova BibL IfSS., I, p. 315. — Raynal, Histoire du Berry, I, p. 338).
1 « Iq villa qu© dicitur Ad Foatem , média leuga a Castro Niorto distante » (946 ou 947, Cartul. de Saint-Cyprien de Poitiers, ch. 553). — « Unum junctum de vioea prope Castro Niorto » (968 ou 969, ibid., ch. 555). — « Prope Castro Niorto unum mansum » (973 ou 974, ibid., ch. 544). — « In castello Niorto unam mansionem in solario » (988-103 1, ibid., ch. 557), etc.
2 « Habent quidem fortissima castella : Bellismum... Alencionem... et alia plura, quae Guillelmus Bellesmensis et Rodbertus, Ivo et Guarinus , aliique successores eorum superbe construxeruot. » (Orderic Vital, III, p. 294-295).
3 Histoire du Languedoc, nouv. éd., III, p. 358, IV, col. 185 suiv. * Histoire du Languedoc, III, p. 340-341, V, col. 517-518.
5 Voyez la charte de Saint- Vincent du Mans , reproduite plus haut (p. 167, note) et ajoutez les chartes suivantes :
« Notutn sit quod ego Robe r tu s de Vitriaco do fratribus Majoris Monasterii terram quamdam eu m omnibus consuetudinibus quas in ea habebam ad burgum œdificandum, et ad cellam construendam , videlicet illam terram quae est juxta castellum meum Vitriacum in qua fuit olim vêtus castellum... Homines autem qui in burgo eorum manserint nullam consuetudinem reddant nisi monachis, neque de for factura neque de ulla emptione sive venditione, sed ubicumque
F. —Tome II. 20
plus, des couvents, des prieurés surtout, sont fondés dans le voisinage de châteaux et font naître ainsi des bourgs francs ecclésiastiques contigus au bourg seigneu-
emerint vel vendiderint in tota terra me a , etiam si in castello meo sive in mercatis meis sive in feriis, monachis reddant totam consuetudinem. Similiter ubicumque forfecerint prius apud monachos fiât inde clamor. Quod si monachus non pote rit hominem suum distringere, per quemcumque distringatur, emendationem forfacti.... monachus habeat. De extraneis vero ubicumque negotientur vel forfaciant totam michi retineo consuetudinem , excepto si quis in burgum eorum ad habit indum venerit. ïlle etiam quamdiu domum non habuerit tanquam burgensis eorum repuletur et de illo omnia habeant. Consuetudinarios meos monachi non récipient in suo burgo nisi per licentiam meam. » (1065, Mémoires pour servir de preuves à r histoire de Bretagne, par D. Morice, I, col. 424).
« Frioldus vicecomes dédit... Sancto Martino et nobis juxta castellum suum Dongium locum ad ecclesiam faciendara, scilicet ad celfam et ad burgum facienrtum , quietum et Hberum ah omnibus consuetudinibus, auctorante comité Namnet. Hœl...
Venditiones et quaecumque consuetudines exeunt de burgo nullus habebit nisi nos. In die mercati sui quod est IV feria , habebit ipse venditiones de extraneis mercatoribus ubicumque mercentur. Pro illis tamen venditionibus nuhquam intrabit ministerialis suus in burgum nostrum ; sed per legatum suum eas requiret , vel quo alio modo poterit. Aliis autem diebus non habebimus venditiones , si in terra nostra mercantur. Nostri autem homines, ubicumque vendant vel emant, semper nos habebimus venditiones. Duarum feriarum, unius que pertinet ad Ecclesiam burgi nostri et est in Purificatione Sancte Marie, et alterius que pertinet ad castellum suum et est in transi tu S. Martini, communes eorum consuetudines.
In burgo nostro nichil prendat homo ejus unquam , nisi dederit precium aut vadimonium valens. Et est convenientia... ut nulla res carius vendatur in burgo nostro quam in suo, sed ad precium et ad mensuram quibus vendentur in suo vendentur in nostro, nisi forte ad levius pretium...
Si aliquis fecerit clamorem de quolibet hominum nostrorum apud Vicecomitem vel ministerialem ejus, veniet ministerialis ejus vel ipse vicecomes, si tam grande fuerit forisfactum, in burgum nostrum, et ante monachum nostrum causa dijudicabitur. Extra burgum autem nostrum non compelletur homo noster pro qualicumque forisfacto subire judicium. Sed nec ad bannum neque ad corveam ullam homines nostros ire quisquam exiget... Obtinuit etiam ipse Fr. Vicecomes ab
rial '. A Cognac le prieuré de Saint-Léger est fondé et provoque la naissance d'un bourg conventuel, longtemps après qu'un château et son bourg existaient au môme lieu2. Les
Episcopo Namn. nomine Quiriaco, ut ipse hanc doDationem concèderet ; ita ut neque ipse , neque successores ejus, ullam exaction e m vel consuetudinem vel subjectionem de loco illo vel habitantibus in eo exigèrent... » (1083. Mémoires pour servir de preuves à f histoire de Bretagne,! f col. 435-436).
1 « Ego Droaloius , filius Fredorii , Migueronis castri possessor et dominus... dono et concedo et in perpetuam elemosinapi trado monasterium Béate et gloriose semper Virginis Maria? , apud Frociacum... eu m toto cimiterio quod usque ad parietem ecclesiœ B. Pétri pertingit, et quod ab oriente veniens a castello publica via, ab occasu vero vêtus fossatum terminât...
« Ad hec dono et concedo... IlIIor de his qui modo ibi sunt burgenses quos potius elegerent in burgoS. Mariœ, immunes et liberos ab omni servitio et consuetudine domini castellani ; et ut eadem libertate potiantur omnes illi quos de aliis parrochiis et locis monachi in suum burgum adduxerint, statuo quoque... quatinusipsa pars... eandem nunc et in futurum libertatis dominationis et potestatis, quam habet castellum et reliqua terra mea, obtineat dignitatem; et ut... eorum homines de quoeumque servicio , consuetudine vel redditu, domino castelli mei non habeantur obnoxiî nec aliqua teneantur occasione subjecti, id quoque... statuto... ut quicquid ad partem et elemosinam islam de quoeumque majorum dominorum spectabit servicio, totum amodo relique terre mee suppléât magnitudo. » (Avant 1050. Cartul. de Redon, p. 341-343).
* « Quidam nobilissimus episcopus Petragoricœ urbis nomine Arnaldus unà cum nepotibus suis Ithario nomine et Arnaldo... statuerunt... ut aedificarent ecclesiam in foro castri quod vulgariter nuncupatur Cogniacus... Fecerunt autem donationes Deo et S° Leodegario... ut quicunque homines habuissent servitium ex ipsis et hune dare vellent pro redemptione su» animae ut isdem fevus postmodum ecclesiœ allodus perpetuo jure foret... Dederunt autem insulam quandam ad facienda prata jumentorum alendorum et quidem anguillare ad capiendos pisces et aquam ad piscationem et décimas molendinorum et sepulturam omnium hominum in eodem Castro degentium et ciibanum et burgum et omnes vicarias cunctasque consuetudines dimiserunt ita ut nullus hominum servi re cogatur nec pecora aut jumenta eorum nisi solummodo monachis quibus se r vire debent. » (1031. Collection dom Estiennot. MS. lat. 12754, p. 108- 110).
deux bourgs eurent pendant des siècles consécutifs des destinées séparées. Le bourg laïque fut doté au xiii* siècle d'une charte de commune tandis que le bourg ecclésiastique resta dans la dépendance rigoureuse du prieur.
Il ne faut pas non plus perdre de vue les inféodations et les partages qui multipliaient les seigneurs d'un même château f, ni les constructions à frais communs, en vertu d'actes d'association ou de pariage f, par lesquels chacun des associés se réservait souvent son bourg.
Malgré tout, le morcellement fut moindre, la cohésion
1 « Ego Willelmus de Agulla vendo tibi Attoni Arelatensi archiepiscopo... sextam partent quam habeo in Castro S. Amantii, tam in militibus quam in aliis hominibus et in ediflciis et in omnibus aliis rébus cultis et incultis, quicquid alii homines quoquo modo habent a me in Castro S. Amancii aut in territorio ejus pro CCCC solidis Melgor. monete. » (1120. Livre noir de VArchev. d'Arles, f° 33 v°, Arch. des Bouches-du-Rhône).
s « ... Hec caria est rememorationis de acorderio quod fecerunt inter se Petrus de Bessens et Armandus de Verduno, quod acorderium est taie.
Scilicel P. de B. propria ac gratuita voluntate sua, in villa sua que dicebatur Bosavilla et in hominibus etfeminisqui ibi sunt vel ibi pertinent vel ibi advene de aliis locis advenerunt et in omnibus honoribus cultis et incultis qui ad predictam villam pertinebant, in quocumque loco siot, terre scilicet hereme vel culte, nemora, prata, pascua, vinee, aque, exitus et introitus vel quicquid honoris sit, ex hoc toto dédit P. de B. medietatem A0 de V° et ejus ordinio, exceptis suis hominibus propriis Pétri de B. si de aliis locis ibi manere venerunt quos retinet P. ad faciendam totam suam voluntatem , sine parte Armandi , praeter oblias illorum hominum quas dare debuerint illi homines pro suis casalibus sive aliis honoTibus quos ibi acceperint et justicias in quibus rébus A. habeat medietatem.
Et Arm. ob hoc dono predicto debuit facere castellum in supradicto loco de Bosavilla cum obtimo vallo et cum palenco dooec castellum illud sit exercitum tenendum videlicet tenendum contra exercitum et postquam castrum illud fuerit instructum et edificatum sicut praedictura est, deinde si missio operum fuerit necessaria castello vel pro gaitis castelli illam missionem faciant pro medietate P. de B. et A. veleorum ordinium secundum suum posse unusquisque ad bonum etfidem... » (Cartul. de Grandselve, MS., f° 183 v°-184 ro, iio3).
plus grande que dans les villes anciennes. La prépondérance d'un seigneur principal dans le château même et ses dépendances immédiates élait d'ordinaire absolue, et lui-même s'attachait à grouper les éléments suburbains, soit en cédant, par exemple, ses bourgs naissants1 ou môme déjà formés2 à un corps religieux, soit en les groupant en une seule paroisse3.
1 « Oliverius prior filius G. doraini Dinanensis cum teneret ex hereditate a dono patris sui castrum quod vulgari lingua appellatur Jugon... dédit Deo et 8. Marie Majoris Monasterii... terram quœ est apud Jugoo , a magna porta , cum hospitibus qui jam erant in eadem terra... ad faciendam ecclesiam et burgum, ita solutum et quictum ut hospites ejusdem burgi, nec ipsi Oliverio, nec alicui bomini unquam reddant aliquam consuetudinem , nisi monachis tantum... Promisit eciam se eis adquictaturum hospites ipsius CM de vico qui est subtus castrum... et a magna porta usque ad burgum monachorum erunt parrochiani ecclesie monacborum , reddentes ibi totum jus parrochiale sicut et hospites eorum... » (H 10. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy, Anciens évéchés de Bretagne, IV, p. 431).
2 Tel fut le cas pour Partbenay et pour Morlaix :
« Ad memoriam prsesentium vel futurorum litteris commendamus qualiter in jus vel ditionem S. Pauli apostoli Gormaricensis cœnobii... ecclesia... apud Parthenacum castrum constructa, cum omnibus ad illam pertinentibus venerit... Igitur terram in qua ecclesia vel burgus sita sunt émit S. Pau lus ab Herberto filio Maingaredi... ita vero libère et solide... ut nichildebiti vel consuetudinis seu servit», ulliusve saltem recognitionis deinceps exigat. Simon vero de Parthenaco dédit Deo et S. Paulo... omnes consuetudines de burgo S. Pauli ut nec ipse nec quicumque Parthenacum tenuerit, ullam consuetudinem nec in burgo nec in terra S. Pauli (exigat)... Nullus h omo habit an s in terra S. Pauli, veniens ad mercatum vel rediens a mercato, dabit ullam consuetudinem, nisi juxta mendam in mercato domini Parthenaci... » (1070-1140. Cartul.de Cormery, p. 91-92).
« Ego Herveus Leonensis vicecomes dedi Deo et S. Martino... juxta castrum meum quod vocatur Mons Relaxus, terram ad coostruendum monasterium, ciraiterium etiam et burgum, a loco illo ubi separatur burgus cujusdam Rehalardi a meo burgo, idem meum burgum do ego cum meis hominibus qui ibi sunt... » (1128. Mémoires pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne, par D. Morice, I, col. 558).
3 Voir la note 1 .