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LES DESTINÉES DE LA YILLA ET DU VILLAGE

Le besoin de protection du peuple, l'usurpation des grands, les largesses des rois avaient produit une extension des villas, une formation de grands domaines qui comprenaient à la fois des villœ proprement dites et des villages, des fermes et des hameaux rattachés par groupes à des centres plus importants : les villas à des palais ou cours supérieures *, les fermes seigneuriales de moindre importance (mansioniles)2 et les villages ou centaines d'hommes libres3 aux villas principales (villœ capitaneœ\ cheîs-villœ); enfin, les petites métairies disséminées (mansi, curtes, curtiles, etc.), aux mansioniles, résidences d'un maire 3.

1 Voir surtout le Cap. de Villis, Boretius, p. 80 et suiv., le commentaire magistral de Guérard (Explication du Cap. de Villis, Paris, 1853) et le Brevium exempla ad describendas res ecclesiasticas et fiscales, circa 810, Boretius, p. 250 et suiv.

2 Cap. de Villis, cap. 19. Guérard , op. cit., p. 31. Brevium, cap. 25, p. 254.

3 « De liberis hominibus et centenis qui partibus fîsci nostri deserviunt. » Cap. de Villis, cap. 62. Guérard, p. 79-80.

4 Cap. de Villis, cap. 19.

8 Cette organisation a été bien exposée par Inama-Sternegg, Deutsche Wirthschaftsgeschichte (Leipzig, 1879), p. 321 suiv.

Ce ne furent pas seulement les grands laïques, les fonctionnaires et les chefs militaires, qui profitant de leurll prépondérance et se couvrant de la faveur réelle ou fictive ; i du roi *, s'emparèrent de villœ proprement dites et de vil-,/ lages, ce furent les couvents aussi et les évêques. Us accrurent leurs possessions par la nécessité où se voyaient réduitsles hommes libres, isolés ou agglomérés, de cher-jf cher sous leur dépendance les avantages de l'immunité et à de l'asile2.

Mais ce mouvement de concentration de la propriété sera suivi presque aussitôt d'un mouvement inverse, d'un mouvement de dispersion. Ce qui se disperse — qu'on m'entende bien — c'est la propriété, ce n'est pas l'habitation. Les hommes sont poussés, au contraire, à se rapprocher matériellement, et de nouveaux venus ne cessent

1 J'en prendrai des exemples aux deux extrémités opposées de la France, l'Artois et le Roussillon. — Cartul. de S.-Vaast d'Arrw (p. 318-319) : « Principantibus inregno Francorum Pippino et Carlomanno... cornes Theobaldus predictam villam ab ecclesia detruncare. ? suoque comitatui sociare àttemptavit. Qui cum regem adiisset, u \ super hoc Rex ei patr'ocinaretur, monachi ad suum Regem dominun suumque patronum Vedastum cum multa precura1 instantia currentes... » — Cartul. rous sillonnais , ch. 1 (865), p. 2-3 : « Venit iste Saroardus (cornes) et tulit nobis ipsum villarem Mata absque juditio... Interrogavimus jamdicto Saroardo quid ad hec responderet, ut ille in suo responso dixit; ipsum villare qui dicitur Mata egc ' eum prendidi de potestate de Andedate abbate vel de suos monacos et nîmquam débet esse proprius ipse villare Mata de monasteric

Sancte Marie set partibus régis eum retineo Saroardum qui eau

retinebat per partibus Salamonis comiti per causa régis et per bene- > ficiumet contra lege contendit ipsa villa Saroardus... »

2 Voyez infrà le § 3 de la présente Partie. Je me contente de citei ici un exemple d'asile dans une villa. — Cartul. de Beaulieuf ch. 3£ (an. 1100), p. 75. Hugues de Castelnau déclare : « si quispiam nostrorum seu etiam cujuslibet alterius servitutis vinculo nexus, ve quovis alio crimine nefandissimo a patria segregatus , postquan infra metas vel infra villam festinanter pervenerit, liber semper e immunis permanserit. »

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