LE CHATEAU FORT COMME RESIDENCE DU MAÎTRE
née de l'amoncellement des terres qu'a fournies le creusage du large et profond fossé qui l'entoure1. Elle est garnie de palissades, flanquée de tours en bois2; elle est reliée à
tutiores, etpotentià maiore vel vincant pares vel premant inferiores, ■terrae aggerem quantœ prsevalent celsitudinis congerere , eique fossam quam Jate patentent, multamque profunditatis altitudinem nabentem, circumfodere , et supremam ejusdem aggeris crepidinem rallo ex lignis tabulatis fîrmissîmè compacto undique vice mûri cir- :ummunire ; turribusque, secundum quodpossibile fuerit, pergyrum iispositis, intra vallum domum, vel quse omnia despiciat, arcem, in nedio œdificare, ita videlicet ut porta introitus ipsius villse nonnisi 1er pontemvaleat adiri, quiab exteriori labro fossse primum exoriens îst in processu paulatim elevatus, columnisque binis et binis, vel jtiam trinis altrinsecus per congrua spatia suffîxis innixus , eo asiendendi moderamine pertransversum fossœ consurgit, ut supremam iggeris superfîciem coœquando oram extremi marginis ejus, et in >a parte limen prima fronte contingat.... Unde illo, ut propositum )erficeret opus, iterum descendente et circa médium pontis, triginta {uinque vel eo amplius pedum altitudinem habentis.... » (Acta Sancorum Bolland., 27 janvier, p. 799, reproduit partiell. dans D. Bou- [uet, XIV, p. 239-240).
1 Viollet-le-Duc compte dix à quinze mètres de large pour le fossé le La Tusque, Gautier de Térouanne indique trente-cinq pieds de profondeur pour le fossé de Merchem.
| 2 C'est en bois que furent bâtis la plupart des châteaux jusque ers la fin du xe siècle. Voici ce que dit très justement, à ce sujet, m auteur compétent, M. A. de Dion : « Les Francs comme les utres peuples barbares, étaient de pauvres maçons mais de bons harpentiers... La maçonnerie succéda à la charpente. Quoique cette ransformation n'ait pu s'opérer que progressivement, je crois que usage des mottes (avec tour de bois au centre d'une enceinte de ieux défendue par un fossé) a dû être abandonné dès le règne du pi Robert... Seulement on les utilisa souvent au xie siècle, lorsque e longues années leur eurent donné la consistance indispensable, n remplaçant par des donjons de pierre les tours de bois » (Lettre M. de Caumont sur quelques châteaux du xie siècle, Bulletin lonumental, t. 32, p. 685 suiv.).
L'emploi presque exclusif du bois explique que, malgré leur grand ombre, les châteaux du neuvième et du dixième siècle aient laissé i peu de traces. Si Foulque Nerra, d'autre part, a mérité l'épithète e grand bâtisseur ce fut surtout, semble-t-il, pour avoir renoué la
la première enceinte par un pont en plan incliné, que supportent des piliers accouplés1. La motte ou cour (curia) renferme les logements des hommes d'armes, des écuries pour les chevaux, un puits, des magasins souterrains; quelquefois une boulangerie, d'ordinaire une chapelle, s'il n'en existe pas dans la première enceinte.
Une tour plus haute et plus forte, pouvant être isolée du reste de la motte, la domine2. C'est le donjon. Dans l'intérieur de la France, elle sert de demeure au seigneur; dans les régions de l'Est où prévaut l'architecture alémannique, elle est une simple tour de défense3. L'habitation du seigneur est alors dans le château proprement dit.
Si le château est construit sur une hauteur, un plateau escarpé ou un promontoire de montagne tient lieu de la motte. Le donjon et des fossés le protègent sur les côtés accessibles. L'enceinte extérieure s'étend en contre-bas. On l'appelle basse-cour\ C'est là que le seigneur convoque en temps de guerre ses tenanciers et ses vassaux, c'est là que se réfugient les habitants de la plaine qui jouissent de sa protection. Ils y amènent bœufs, vaches, troupeaux, ils y sauvent leur avoir mobilier, ils s'abritent dans des baraquements ajoutés à la hâte aux constructions qui servent en temps normal à l'entretien du seigneur et de la garnison. La basse-cour devient un bourg quand la population réfugiée y devient sédentaire.
Tous les propriétaires de domaine n'étaient pas en état
tradition romaine et élevé des murailles qui défièrent les ravages et du feu et du temps (Cf. B. Ledain, Essai de classification chronologique des châteaux féodaux de Poitou du xie au xme siècle, Bulletin archéol. du Comité des trav. hist., 1890, n° 3, p. 360 suiv.).
1 « Columnisque binis et binis , vel etiam trinîs. »
2 « Quae omnia despiciat arcem. »
3 Naeher, Die Burgen in Elsass-Lothringen. Ein Beitrag zur Kenntniss der Militcir-Architectur des Mittelalters (Strasbourg, 1886), p. 7.
4 Dans les régions alémanniques : « Untere Burg. » (Naeher, op. cit., p. 5 et passim).