CHAPITRE VI
LA NAISSANCE DE VILLES AU MOYEN-AGE. — I. VILLES NÉES xVUTOUR DE CHATEAUX-FORTS .
La régénération et la refonte que les villes antiques ont subies au moyen-âge se sont accomplies au sein et autour d'un noyau central : la cité. La plupart des villes nouvelles qui sont nées alors ont eu de même leur noyau : le château-fort ou le couvent. D'autres sont issues de villages agglomérés ou transformés : un plus petit nombre a été l'objet d'une véritable fondation. Nous allons parcourir ces modalités diverses de la genèse des villes. La difficulté est de les catégoriser, tant elles s'entrecroisent et se pénètrent mutuellement.
I. Villes nées autour de châteaux- forts. — Les châteaux, nous le savons, sont les uns des castella romains transformés ou d'anciennes villœ converties en places fortes, les autres des forteresses élevées pour résister aux invasions *, pour exercer le brigandage et pour soutenir les guerres féodales 2. J'ai montré déjà, en partie, leur importance sociale; comment ils se sont substitués à la villa, comment ils sont devenus le centre d'une circonscription à la fois domaniale et politique, d'une châtellenie, comment enfin des groupes de marchands, d'artisans et de
1 Aux exemples déjà cités j'ajoute celui-ci :« Anno DCCCCXXVI,.... depopulantibus Agarenis pene totum Regnum Bellicse Galliee, studuit unusquisque diligenter tuta loca perquirere, ubi aliquid fîrmitatis fieri potuisset contra prœdictorum. insidias perfidorum. Invento igitur quondam Castro... vallatus undique precisis rupibus... » (D. Calmet, Hist. de Lorraine, II, col. 173).
2 Voir t. I, p. 318 suiv., p. 445 suiv., t. II, p. 81 suiv.
paysans, de chevaliers même avec leurs serviteurs, s'y sont installés à demeure, ici dans leurs basses-cours, là dans les bourgs-neufs ou les bourgs-francs créés sous la protection de leurs remparts J. J'ajoute que le château-fort parfois se construisait en plein village2 et qu'il pouvait, à un autre titre que la sauveté mais parfois aussi sûrement qu'elle, servir d'asile à des fugitifs3.
D'autres éléments de concentration sont aisés à démêler : il sont d'ordre religieux et d'ordre commercial. L'église du château devient le centre d'une paroisse ; la population circonvoisine s'y rattache \ L'intérêt du châtelain et de
1 C'est un avantage recherché et qui fait l'objet de stipulations formelles : « Ego Galterius et ego Bertrand us fratres de Scto Amancio... Si vos vel successores vestri in podio Gobii castrum construere quandocumque volueritis, tam vobis quam illis concedimus et laudamus, ita tamen ut mihi Galterio et hominibus meis propriis debetis ibi dare loca in quibus domos edificare possimus et ipsa quoque loca de vobis ad feudum habebimus... » (1152. Livre noir de l'archev. d'Arles, f° 34 v°. Arch. des Bouches-du-Rhône).
2 Voir plus bas la note 2, p. 308.
3 Le château de Gerberoi, par exemple, qui a donné naissance à la petite ville de ce nom (Oise) était un vrai lieu d'asile. Tenu en pariage par deux vidâmes de l'évêque de Beauvais, placé sur les confins du Beauvoisis et de la Normandie, il formait comme un îlot au milieu de grandes possessions féodales. Orderic Vital, sous l'année 1078, nous le dépeint en ces termes : « Illud quippe castrum (Gerberracum) in pago Belvacensi situm est et -Neustriae collimitaneum, positione vero loci et mûris ac propugnaculis fortissimum. Helias quoque vicedominus cum compari suo gratanter exulem regium (Robert Courte Heuse/ suscepit, illique suisque complicibus auxilium in omnibus spopondit. Moris enim est illius castri, ut ibidem duo pares domini sint, et omnes ibidem fugitivi suscipiantur, undecumque advenerint. » (Orderic Vital, II, p. 386).
La sécurité que procurent les châteaux les fait appeler sauvetés par les poètes de nos chansons de gestes :
« Droit à Viane est li Bers retornés; Car ce estoit sa millor sauveté. »
(Girard de Viane, p. 71.)
4 Une curieuse sentence fut rendue dans ce sens au profit du comte d'Anjou : « Cornes Gaufridus... affirmavit ex antiquo esse consuetu-
Ises hommes d'avoir les denrées en abondance et à bon M compte1 fait instituer dans le château un marché hebdomadaire et des foires périodiques, qui, en attirant gens de ! ! métiers et gens de négoce, augmentent le nombre de ceux qui s'y fixent 2. Observez encore qu'à raison de la moindre (importance du castrum le seigneur a moins de compéti-
: | dinem in Andecavensi regione ut si cornes Andecavensis fecerit castel-
i lum in medio quarumlibet parrochiarum terrse suae, Ecclesia ipsius
\ castelli tantum de circumjacentibus parrochiis optineat quantum palus vel fossatum aut alia fîrmitas illius castelli in circuitu occupa-
I verit... » Ainsi fut jugé. (Avant 1081. Cartul. de Saint-Aubin d'An-
i gers, fol. 96. Dom Housseau, III, n° 816).
Parfois il y avait plusieurs églises dans le château. «... Castrum quod vocatur Escart cum eremis et cultis, pétris, silvis, pasquis, garricis, etc.. Cum censibus et curialibus rébus atquep...
: (lacune) .. unde consuetum est ponere cavallos, vel in arca publica functionem persolvere tam comiti quam vicario et omne quod consuetum est haberi tam de dominicis quam de fevalibus. Ipsas quippe ecclesias quœ sunt fundatœ in ipsum castrum, scilicet Si Martini confessons , atque alia ecclesia Sctse Dei genitricis Mariae qua3 sunt
> fundatae in terminum de prselibato castro, cum suis decimis et suis primitiis et suis oblationibus ab integrum. » (1081. Moreau, t. 33, f° 36).
1 Loin de craindre pour ses hommes la concurrence produisant le bon marché le seigneur du moyen-âge la recherche. Ce n'est pas l'avilissement des prix qu'il redoute c'est leur renchérissement et la pénurie des denrées usuelles. Voyez infrà, p. 306 note, les stipulations que contient sur ce point la charte relative à Donges et comme indice de préoccupations semblables la charte suivante d'un seigneur du Puiset : « Si burgensis meus causa diffugii in terra eorum panem vel vinum aut carnem conportaverit dicet serviens meus tnonachis vel servienti eorum ut auferat de terrâ suâ necessaria illa si(n?) autem libère accipiet serviens meus. Vel si forte accidit quod serviens meus in terra mea non inveniat ad emendum panem vel vinum aut carnem et in terrâ eorum invenerit, dabit vadimonium quod eque valeat... » [Cartul. de Saint-Martin des Champs, MS., f° 25 v°-26 r°).
2 « Ego Briencius seculari militie mancipatus .... fratribus his qui in Turonensi cenobio quod Majus monast. dicitur omnipotenti Deo sub Alberto Abbate famulantur, quemdam locum hereditario jure mihi contingentera qui vocatur Bairiacus in honore S1 Salvatoris constructum haut longe a castro Briencii situm cum omnibus sibi subjectis
teurs de son autorité que dans les vieilles cités , et qu'à raison de sa moindre étendue il parvient plus aisément à en exclure ou le vassal inférieur ou même le seigneur régional l.
Beaucoup de châteaux ont de la sorte donné naissance à des cités. Il serait loisible, mais fastidieux, d'en accumuler les exemples. Je me bornerai à rappeler le grand nombre de nos villes dans la désignation desquelles entrent les noms de château, châtel, châtillon, fertê, roche, etc., et à citer, un peu au hasard de la pensée, quelques types de villes qui ont tiré leur origine, au dixième et au onzième siècles, de châteaux féodaux : Châteauroux né du château que construisit avant 9S2 le sire de Déols, Raoul le Large [castrum Radulphi, château Raoul2), Niort groupé autour du château de ce nom dont au dixième siècle les mentions
rébus quas contuli... annuo... additur etiam his décima omnium rerum que videntur exire de consuetudinibus que pertinent ad pred. castrum tara de mercatis quam de feriis cum daima molendinorum qui sunt in ipso Castro et redhibitiones ferie cum omni integritate que est constituta uno quoque anno ad festivitatem Sancti Hilarii, que omnia libéra ab omni consuetudine exactionis vel vicariee seu ceterorum vectigalium facio... » (1060. Cartul. de Marmoutier, Moreau, 26, f° 127 r°-128 r°).
1 Les scènes qui se passent dans les châteaux de Normandie à la mort de Guillaume le Conquérant nous en donnent une assez juste et saisissante idée : « Rodbertus de Bellisma... Allencionem venit et improvisos régis satellites statim de prsetorio ejecit. Hoc quoque fecit Bellismae, et omnibus aliis castellis suis, et non solum suis, sed et in vicinorum suorum, quos sibi pares dedignabatur habere, municipiis, quae aut intromissis clientibus suis sibi subjugavit, aut penitus, ne sibi aliquando resistere possent, destruxit. Guillelmus etiam, cornes Ebroicensis, de dangione regios expulit excubitores; et G. de Britolio, ac R. de Conchis, aliique omnes in sua ditione redegerunt munitiones; ut unusquisque libère posset contra vicinum suum et collimitaneum exercere inimicitias damnabiles. Sic proceres Neustriœ de munitionibus suis omnes régis custodes expulerunt... » (Orderic Vital, III, p. 261-262;.
2 Chronique de Déols : « Anno DCCCCLII. Obiit Radulphus Largus, secundus Dominus Dolensis qui œdificavit castrum Radulphi et
sont fréquentes Alençon qui procède d'un château fondé au commencement du xie siècle par Guillaume de Bellesme2, Beaucaire et Mirepoix créés dans le même siècle, l'un autour du château d'Ugernum % l'autre autour du château de Mirapixum qui apparaît pour la première fois en 1062 4, Aubusson dans la Marche, Bellac dans le Limousin , Loches en Touraine, etc.
Gardons-nous seulement de ne pas nous exagérer l'homogénéité de ces formations urbaines. Elles n'échappent pas à la loi de dispersion. Comme à l'intérieur et sur le pourtour de la cité antique, les bourgs se multiplient dans le rayon de défense du château-fort. Très souvent ce sont des corps religieux qui, en vertu d'une concession du châtelain et de concert avec lui, font l'entreprise de ces créations3 et deviennent seigneurs du bourg créé. Bien
dédit nobis castrum Dolense et quidquid juris habebat. » [Chron. Dolensis Cenobii , Labbe, Nova Bibl. MSS., I, p. 315. — Raynal, Histoire du Berry, I, p. 338).
1 « In villa quae dicitur Ad Fontem, média leuga a Castro ISiorto distante » (946 ou 947, Cartul. de Saint-Cyprien de Poitiers, ch. 553). — « Unum junctum de vinea prope Castro Niorto » (968 ou 969, ibid., ch. 555). — « Prope Castro Niorto unum mansum » (973 ou 974, ibid., ch. 544). — « In castello ISiorto unam mansionem in solario » (988-1031, ibid., ch. 557), etc.
2 « Habent quidem fortissima castella : Bellismum... Alencionem... etaliaplura, quae Guillelmus Bellesmensis et Rodbertus, Ivo et Guarinus , aliique successores eorum superbe construxerunt. » (Orderic Vital, III, p. 294-295).
3 Histoire du Languedoc , nouv. éd., III, p. 358, IV, col. 185 suiv.
4 Histoire du Languedoc, III, p. 340-341, V, coi. 517-518.
3 Voyez la charte de Saint- Vincent du Mans, reproduite plus haut (p. 167, note) et ajoutez les chartes suivantes :
« Notum sit quod ego Robertus de Vitriaco do fratribus Majoris Monasterii terram quamdam cum omnibus consuetudinibus quas in ea habebam ad burgum œdificandum , et ad cellam construendam , videlicet illam terram quae est juxta castellum meum Vitriacum in qua fuit olim vêtus castellum... Homines autem qui in burgo eorum manserint nullam consuetudinem reddant nisi monachis, neque de forfactura neque de ulla emptione sive venditione, sed ubicumque
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plus, des couvents, des prieurés surtout, sont fondés dans le voisinage de châteaux et font naître ainsi desj bourgs francs ecclésiastiques contigus au bourg seigneu-'
emerint vel vendiderint in tota terra mea , etiam si in castello meo sive in mercatis meis sive in feriis, monachis reddant totam consuetudinem. Similiter ubicumque forfecerint prius apud monachos fiât inde clamor. Quod si monachus non poterit hominem suum distringere, per quemcumque distringatur, emendationem forfacti.... monachus habeat. De extraneis vero ubicumque negotienturvel forfaciant totam michi retineo consuetudinem, excepto si quis in burgum eorum ad habitandum venerit. Ille etiam quamdiu domum non habuerit tanquam burgensis eorum reputetur et de illo omnia habéant. Consuetudinarios meos monachi non récipient in suo burgo nisi per licentiam meam. » (1065, Mémoires pour servir de preuves à Vhistoire de Bretagne, par D. Morice, I, col. 424).
« Frioldus vicecomes dédit... Sancto Marti no et noh\s juxta castellum suum Dongium locum ad ecclesiam faciendam, scilicet ad cellam et ad burgum faeiendum , quietum et liberum ab omnibus consuetudinibus, auctorante comité Namnet. Hœl...
Vendîtiones et quaecumque consuetudines exeunt de burgo nullus habebit nisi nos. In die mercati sui quod est IV feria , habebit ipse venditiones de extraneis mercatoribus ubicumque mercentur. Pro illis tamen venditionibus nunquam intrabit ministerialis suus in burgum nostrum; sedper legatum suum eas requiret, vel quo alio modo poterit. Aliis autem diebus non habebimus venditiones, si in terra nostra mercantur. Nostri autem homines, ubicumque vendant vel emant, semper nos habebimus venditiones. Duarum feriarum, unius que pertinet ad Ecclesiam burgi nostri et est in Purifîcationê Sancte Marie, et alterius que pertinet ad castellum suum et est in transitu S. Martini, communes eorum consuetudines.
In burgo nostro nichil prendat homo ejus unquam, nisi dederit precium aut vadimonium valens. Et est convenientia... ut nulla res carius vendatur in burgo nostro quam in suo, sed ad precium et ad mensuram quibus vendentur in suo vendentur in nostro, nisi forte ad levius pretium...
Si aliquis fecerit clamorem de quolibet hominum nostrorum apud Vicecomitem vel ministerialem ejus, veniet ministerialis ejus vel ipse vicecomes, si tam grande fuerit forisfactum, in burgum nostrum , et ante monachum nostrum causa dijudicabitur. Extra burgum autem nostrum non compelletur homo noster pro qualicumque forisfacto subire judicium. Sed nec adbannum neque ad corveam ullam homines nostros ire quisquam exiget... Obtinuit etiam ipse Fr. Vicecomes ab
iàl *. A Cognac le prieuré de Saint-Léger est fondé et provoque la naissance d'un bourg conventuel, longtemps après ju'un château et son bourg existaient au même lieu2. Les
Episcopo Namn. nomine Quiriaco, ut ipse hanc donationem concede- 'et ; ita ut nequeipse, neque successores ejus, ullam exactionem vei iionsuetudinem vel subjectionem de loco illo vel habitantibus in eo exigèrent... » (1083. Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ie Bretagne,!, col. 435-436).
! 1 « Ego Droaloius , filius Fredorii , Migueronis castri possessor et lominus... dono et concedo et in perpetuam elemosinam trado moîasterium Béate et gloriose semper Virginis Mariae, apud Frociacum... I !ium toto cimiterio quod usque ad parietem ecclesiœ B. Pétri pertin-
j*it, et quod ab oriente veniens a castello publica via, ab occasu vero
Vêtus fossatum terminât...
« Ad hec dono et concedo. . . IIIIor de his qui modo ibi sunt burgenses mos potius elegerent in burgoS. Mariœ, immunes et liberos ab omni ïervitio et consuetudine domini castellani ; et ut eadem libertate potianur omnes illi quos de aliis parrochiis et locis monachi in suum burgum idduxerint, statuo quoque... quatinus ipsa pars... eandem nunc et in uturum libertatis dominationis et potestatis, quam habet castellum it reliqua terra mea, obtineat dignitatem; et ut... eorum homines le quocumque servicio, consuetudine vel redditu, domino castelli mei ion habeantur obnoxii nec aliqua teneantur occasione subjecti, id }uoque... statuto... ut quicquid ad partem et elemosinam istam de juocumque majorum dominorum spectabit servicio, totum amodo clique terre mee suppléât magnitudo. » (Avant 1050. Cartul. de Reion, p. 341-343). ,
' 2 <c Quidam npbilissimus episcopus Petragoricse urbis nomine \rnaldus unà cum nepotibus suis Ithario nomine et Arnaldô... statuerunt... ut sedificarent ecclesiam in foro castri quod vulgariter luncupatur Cogniacus... Fecerunt autem donationes Deo et S0 Leodegario... ut quicunque homines habuissent servitium ex ipsis et hune dare vellent pro redemptione suse animse ut isdem fevus postnodum ecclesiœ allodus perpetuo jure foret... Dederunt autem nsulam quandam adfacienda prata jumentorum alendorum et quidem inguillare ad capiendos pisces et aquam ad piscationem et décimas molendinorum et sepulturam omnium hominum in eodem castro iegentium et clibanum et burgum et omnes vicarias cunctasque sonsuetudines dimiserunt ita ut nullus hominum servire cogatur nec pecora aut jumenta eorum nisi solummodo monachis quibus servire iebent. » (1031. Collection dom Estiennot , MS. lat. 12754, p. 108- 110).
deux bourgs eurent pendant des siècles consécutifs des destinées séparées. Le bourg laïque fut doté au xme siècle d'une charte de commune tandis que le bourg ecclésiastique resta dans la dépendance rigoureuse du prieur.
Il ne faut pas non plus perdre de vue les inféodations et les partages qui multipliaient les seigneurs d'un même château *, ni les constructions à frais communs, en vertu d'actes d'association ou de pariage 2, par lesquels chacur des associés se réservait souvent son bourg.
Malgré tout, le morcellement fut moindre, la cohésior
1 « Ego Willelmus de Agulla vendo tibi Attoni Arelatensi archiepiscopo... sextant partem quam habeo in Castro S. Amantii, tam ir militibus quam in aliis hominibus et in edificiis et in omnibus alii rébus cultis et incultis, quicquid alii homines quoquo modo habent i me in Castro S. Amancii aut in territorio ejus pro CCGG solidi Melgor. monete. » (1120. Livre noir de VArchev. d'Arles, fo 33 v° Arch. des Bouches-du-Rhône).
2 « ... Hec carta est rememorationis de acorderio quod fecerunt inter se Petrus de Bessens et Armandus de Verduno, quod acorde rium est taie.
Scilicet P. de B. propria ac gratuita voluntate sua, in villa suc que dicebatur Bosavilla et in hominibus et feminis qui ibi sunt vel ib pertinent vel ibi advene de aliis locis advenerunt et in omnibus honoribus cultis et incultis qui adpredictam villam pertinebant, in quocumque loco sint, terre scilicet hereme vel culte, nemora, prata, pascua, vinee, aque, exitus et introitus vel quicquid honoris sit, ex ho< toto dédit P. de B. medietatem A0 de V° et ejus ordinio, excepté suis hominibus propriis Pétri de B. si de aliis locis ibi manere venerunt quos retinet P. ad faciendam totam suam voluntatem, sin< parte Armandi , praeter oblias illorum hominum quas dare debuerio i III homines pro suis casalibus sive aliis honoribus quos ibi acceperint et justicias in quibus rébus A. habeat medietatem.
Et Arm. ob hoc dono predicto debuit facere eastellum in supradicto loco de Bosavilla cum obtimo vallo et cum palenco donec cas tellum illud sit exercitum tenendum videlicet tenendum contra exer citum et postquam castrum illud fuerit instructum et edificatum sicu praedictum est, deinde si missio operum fuerit necessaria castello ve pro gaitis castelli illam missionem faciant pro medietate P. de B. e A. veleorum ordinium secundum suum posse unusquisque ad bonun etfïdem... » {Cartul. de Grandselve, MS., f° 183 v°-184 r<>, 1155)
iplus grande que dans les villes anciennes. La prépondérance d'un seigneur principal dans le château même et lises dépendances immédiates était d'ordinaire absolue, et ijlui-même s'attachait à grouper les éléments suburbains, isoit en cédant, par exemple, ses bourgs naissants1 ou -même déjà formés2 à un corps religieux, soit en les a [groupant en une seule paroisse 3.
1 « Oliverius prior filius G. domini Dinanensis cum teneret ex i ! hereditate a dono patris sui castrum quod vulgari lingua appellatur
Jugon... dédit Deo et B. Marie Majoris Monasterii... terram quœ est apud Jugon , a magna porta , cum hospitibus qui jam erant in I eadem terra... ad faciendam ecclesiam et burgum, ita solutum et quictum ut hospites ejusdem burgi, nec ipsi Oliverio, nec alicuî homini unquam reddant aliquam consuetudinem , nisi monachis tantum... Promisit eeiam se eis adquictaturum hospites ipsius 0* de vico qui est subtus castrum... et a magna porta usque ad burgum monachorum erunt parrochiani ecclesie monachorum , reddentes ibi 1 totum jus parrochiale sicut et hospites eorum... » (1110. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy, Anciens évêchés de Bretagne, IV, p. 431).
2 Tel fut le cas pour Parthenay et pour Morlaix :
« Ad memoriam praesentium vel futurorum litterîs commendamus ' qualiter in jus vel ditionem S. Pauli apostoli Gormaricensis cœnobii... ecclesia... apud Parthenacum castrum constructa, cum omnibus ad illam pertinentibus venerit... Igitur terram in qua ecclesia vel burgus ' sita sunt émit S. Paulus ab Herberto filio Maingaredi... ita vero libère et solide... ut nichildebiti vel consuetudinis seu servitii, ulliusve 1 saltem recognitionis deinceps exigat. Simon vero deParthenaco dédit Deo et S. Paulo... omnes consuetudines de burgo S. Pauli ut nec ipse nec quicumque Parthenacum tenuerit, ullam consuetudinem nec in burgo nec in terra S. Pauli (exigat)... Nullus homo habitans in terra S. Pauli, veniens ad mercatum vel rediens a mercato, dabit ullam consuetudinem, nisi juxta mendam in mercato domini Parthenaci... » (1070-1110. Cartul. de Cormery, p. 91-92).
« Ego Herveus Leonensis vicecomes dediDeoet S. Martino... juxta castrum meum quod vocatur Mons Relaxus, terram ad construendum monasteriuoi, cimiterium etiam et burgum, a loco illo ubi separatur burgus cujusdam Rehalardi a meo burgo, idem meum burgum do ego cum meis hominibus qui ibi sunt... » (1128. Mémoires pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne, par D. Morice, I, col. 558).
3 Voir la note 1 .