‹ Les Origines de l'ancienne France (volume 5)Chapitre 17 sur 82 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

l'effet des guerres privées et des invasions sarrazines, normandes et hongroises.

Pour se maintenir, l'organisalion de la villa supposait l'ordre relatif qui régnait sous Charlemagne. Quand l'intérieur du pays fut livré aux luttes des grands avec les rois et entre eux, quand les invasions du dehors étendirent leurs ravages, elle vola en éclats.

Les guerres dévastent et morcellent : chefs et soldats pillent, saccagent, s'emparent de lambeaux de domaines*.

1 Le pillage et la conquête étaient l'objet principal des guerres féodales, la dévastation le moyen classique de réduire l'adversaire à merci. Le premier point est trop connu et trop démontré pour qu'il soit utile de le justifier à nouveau par des exemples. Quant au second, les chansons de geste mieux encore que les chartes, — grâce à la vivacité de l'image , — en font ressortir toute l'étendue. Il suffira de leur emprunter quelques traits :

... n'i fil esparniez ne li frans ne li ser ;

Très par mi Loheraine s'en vont tôt k travers.

Si coni la rote dure est li pais desers

Le règne ardent et proent , qi de bien est covers ,

Les vilains font foïr esgarez corne cers.

{Chanson des Saisnes . I. p. 61).

En Biauvisis entrèrent li forrier,

Bialvais brisèrent dusqu'as murs du terrier,

Dusqu'ù Bialmont lisent tôt graellier.

(Ogier, V. 3364 sulv.).

Tôt envh'on ot la terre gastie...

Les gens s'enfuient : n'osent demorer mie Lor maisons laissent et lor grant guaig^nerie , Molt est la terre d'environ apovi-ie.

(Girard de Viaue . p. 82).

Il a ton raigne gasté et confondu.

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