‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 122 sur 244 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

d’Alsace à son bâtard Hugues*. Celui-ci, à la mort de Lothaire, fut dépossédé du duché par le roi de France Charles le Chauve, que nous avons vu reconnaître, en Alsace, comme souverain légitime du royaume lotharingien, mais qui, par le traité de Mersen, dut céder momentanément le diocèse de Strasbourg à Louis le Germanique. Je dis momentanément, puisque l’Alsace fut réincorporée à la France médiane quand Charles le Gros, à qui elle avait été abandonnée par son frère Louis le Jeune, restaura l’unité de l’empire franc.

C’est comme roi couronné à Toul, roi de la Francia media , que Rodolphe de Bourgogne l’occupa pour un court temps1 2. Après quoi elle lit partie intégrante du royaume de Lorraine et sous Zwentibold3 et sous Louis l’Enfant4, en tin, sous Charles le Simple. L’Alsace se montra fidèle au roi de France, sans qu’il eût besoin de faire la moindre expédition pour la soumettre, et Conrad

1 « Hlotarius... fîlio suo de Waldrada Hugoni ducatum Elizatium donat » ( Annales de Saint-Bertin, ad an. 867, éd. Dehaisnes, p. 166).

2 Suprà, p. 264.

3 Zwentibold signa à Strasbourg- le 4 janvier 896 un diplôme qui confirmait des possessions alsaciennes de l’abbaye de Munster, au Val Saint-Grégoire. Et ce diplôme fut délivré au nom de l’archicbancelier de la Lorraine. L’original d’après lequel l’acte a été publié par Schœpflin ( Alsatia dipl., I, p. 97) se trouve maintenant aux archives de Colmar (fonds Murbach). — Une charte sLrasbourg’eoise du 14 mars 898, en faveur de la même abbaye ( Alsatia dipl., I, p. 98), est datée : « Anno Illreg. Centiboldo rege ».

La présence de Zwentibold en Alsace aux mois de juin et de juillet 897 parait ressortir de deux diplômes royaux datés l’un (13 juin) de Herolvesheim (Calrnet, Hist. de Lorraine, 2e éd., Il, p. cxuu), l’autre (11 juillet) de Bilefurti (Lncomblet, I, p. 42), où l’on peut avec vraisemblance sinon avec certitude reconnaître Herlisheim et Belfort.

4 Le 15 mai 904 Louis l’Enfant renouvelle à Strasbourg d’anciennes immunités fiscales, en faveur de son Église (Grandidier, Hist. de l'Église de Strasbourg , II, p. cccxvn), diplôme qui a été récemment argué de faux par Mühlbacber ( Regesta Carol., 2e éd., n° 2020, p. 807) mais sans preuve suffisante.

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