LIVRE IV. § V. -Il
épanouissement de l’abbaye de Luxeuil, et elle atteint son point culminant au xie siècle avec Cluny.
Bien que la constitution séparée du duché de Bourgogne et du royaume de Bourgogne jurane ait scindé la patrie bourguignonne, elle lui a, sous une double forme, donné une consistance nouvelle, en même temps qu’elle revivifiait les aspirations particularistes.
Ne verrons-nous pas, au x° siècle, Hugues le Noir, au xie siècle, Otto-Guillaume poursuivre le but de créer un principat unitaire de la Bourgogne propre, principat qui aurait pu se souder directement à la France, selon des destinées plus ou moins analogues à celles du duché de Bourgogne.
Si ces tentatives ont échoué, c’est en partie à raison des lacunes que présente l’unité physique du pays bourguignon : ci II y a dans la structure géographique de ce pays, a dit de nouveau M. Vidal de La Blache, un principe de faiblesse interne pour les dominations qui essayèrent d’y prendre leur point d’appui ».
Néanmoins, la conscience nationale bourguignonne a survécu, indépendante et vivace, à l’annexion artificielle du royaume de Bourgogne au Saint- Empire romain, et a témoigné avec éclat de la force des affinités qui, des deux côtés de la Saône, continuèrent à l’unir au royaume de France.
Avec la Bourgogne éduenne, le rattachement politique à la Couronne ne fut jamais interrompu ni suspendu. C’est donc par le Duché de Bourgogtie que nous aborderons notre sujet.