LA FILIATION HISTORIQUE DE LA ROYAUTÉ TRANSJURANE
tout à fait arbitrairement que des érudits allemands ont supposé , d'après ce texte, que Rodolfe avait reconnu, à Ratisbonne, en octobre 888, la suprématie du carolingien allemand*. Il n’y est question que des négociations qui ont mis fin à la lutte engagée entre Rodolfe et Àrnulf pour la possession de l’Alsace et de la Lorraine1 2. De subordination stable, il y en eut si peu, qu’au dire de Reginon, Arnulf et Zwentibold n’ont cessé, leur vie durant, de faire le plus de mal possible au roi de Bourgogne3. En 894, lors de son expédition d’Italie, Rodolfe s’étant rangé parmi ses adversaires, Arnulf ravage la Bourgogne, puis il tente de déposséder le roi de Bourgogne de tout ou partie de son royaume. Ce fut en réalité une simple menace de se soumettre. La dépossession ne fut pas effective, et l’effort visait sans doute à établir sur la Bourgogne ou bien au profit de Arnulf lui-même, ou au profit de son fils, la suprématie qui devait revenir de droit à Charles le Simple une fois qu’il serait apte à régner 4 .
Cette suprématie, après la mort d’ Arnulf et de Zwentibold (899-900), demeura acquise au roi de France, sans contestation possible de Louis l’Enfant. Si la pénurie de documents, dont j’ai parlé, ne nous permet pas de suivre à cette époque, la trace des relations entre Rodolfe Ier et Charles le Simple, nous savons du moins que Rodolfe était lié au principat de la Bourgogne éduenne par le mariage de sa sœur Adélaïde avec Richard le Justicier, de même qu’il était apparenté à la famille carolingienne, et nous le voyons, à la mort de Louis
1 En dernier lieu, Hofmeister, Deutschland und Burgund itn frühe-
ren Mittelalter (Leipzig-, 1914), p. 32.
3 Suprà , p. 266-267.
3 Reginon, ad an. 888, p. 130 : « Omnibus itaque diebus vitæ suæ Arnulfus et Zuendibolchus filius ejus eundem Ruodulfuin persecuti sunt nec tamen eum ledere potuerunt ».
4 Suprà, p. 269.