CHAPITRE I
RÉFLEXIONS GÉNÉRALES SUR LA RÉUNION DU ROYAUME DE BOURGOGNE AU SAINT-EMPIRE.
Peu de temps avant la guerre de 1914, un érudit allemand, dans une dissertation historique sur V Allemagne et la Bourgogne , écrivait : « Une royauté indépendante entre le Rhône et les Alpes aurait pu compromettre la possession de la Lorraine. Ce n’est, en effet, que par une mainmise énergique que les souverains Ottoniens sont parvenus progressivement à unir par un lien solide à la Germanie d’Outre-Rhin les pays situés entre le Rhin et l’Escaut » *.
L’érudit allemand n’a pas tort. De même qu’ils se sont emparés violemment et astucieusement de la vallée du Rhin et de la Meuse, les rois et empereurs de Germanie ont voulu s’emparer de la vallée du Rhône et de la Saône, afin de soumettre ainsi à leur autorité toute l’ancienne Lotharingie, le royaume artificiel créé, aux dépens de la Gaule, pour Lothaire Ier.
Puisque cette région avait été scindée en deux à la fin du ix* siècle par l’avènement de deux reguli : Boson, roi de Provence et Rodolfe I*r, roi de Bourgogne jurane, les
1 Hoimeister, Deutschland und Burgund im friïlieren Mittclalter (Leipzig, 1914). p. 71.