‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 191 sur 244 · LIVRE IV. § VI. -I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. § VI. -I

épousé l’Aquitaine Itta (la mère cle Sainte Gertrude) et Arnoul de Metz n’appartenait-il pas, d’après les hagiographes du vnr et du ixe siècle, à une grande famille aquitanique?

L’esprit d’autonomie de l’Aquitaine trouvait donc de puissants auxiliaires jusqu’en Austrasie, et c’est manifestement pour lui donner satisfaction que Dagobert, après avoir succédé à l'ensemble du royaume franc (628), créa pour son frère Caribert le royaume de Toulouse. Ce royaume, toutefois, ne comprenait que les pciyi de Toulouse, Cahors, Agen et Périgueux avec le territoire à conquérir sur les Vascons1, et la mort prématurée de Caribert y mit fin au bout de trois ans à peine d’existence (632).

L’individualité politique de la grande Aquitaine, de la grande région entre la Loire et les Pyrénées, ne saurait donc dater de ce royaume incomplet et éphémère. Elle n’est pas sortie directement non plus de l’attribution anticipée que Dagobert a faite de l’ensemble du pays aquitain à son fils Sigebert, comme d’un complexe dépendant du royaume d Austrasie (634) 2, et qui, par sa mort, est de-

1 « Cumque regnum Chlolhariæ tam Neptreco quam Burgundias ad Dagobertum l’uis'et preoccupatum... tandem, misericordia mutus, consi io sapientibus usus, citra Legere et limitent Spaniæ quod p »nitur partibus Wasconiæ seu et montis Parenei pagus et civitates, qnod fratri suo Cairiberlo ad transagendum ad instar privato liabeto cimi vivendum potuisset sul’ficere, buscetur concessisse : pagum Tholosanum , Calhorcinum , Agenninsem, Petrocorccum et Santo-

necum, vel quod ab his versus mon/is Percncos cxcludetnr Ai ri -

berlus sedem Tholosa aeliens, régnât in partem ; rovinciæ Aquetaniæ » (Chronique de Frédégaire, IV, 57, SS. rer. merov II, p. 149).

2 « Lit Neptreco et Burgundia soledato ordene ad regnum Chlodoviæ post Dagoberii discessuna aspecerit; Aoster vero idemque ordine soledato... a 1 regnum Sigyberti idemque in integretate deberit aspecere ; et quicquid ad regnum A ustrasiorum jam olem pertenerat , hoc Sigybertus rex suæ dicionc rigendum recipere et j erpeluo dominandum haberit... (Juod postea temporibus Sigyberti et Chlodoviæ

l’esprit d’indépendance NATIONALE.

venue effective quatre ans plus tard. Mais ce partage célèbre a certainement été un point de départ pour la formation ultérieure d’un duché indépendant d’Aquitaine1 , puisque pour la première fois, depuis l’époque visigothique, l’Aquitaine était reformée en un tout distinct.

Il est difficile de savoir comment ce corps reconstitué fut d’abord gouverné. On rencontre bien, éparses dans les textes, des mentions de ducs, mais on ignore si leur autorité englobait l’Aquitaine entière. Après la mort de Sigebert seulement (056), un document qui, dans cette partie de sa relation, est à peu près contemporain 2, les miracles de Saint Martial de Limoges, nous met en présence d'un duc unique, le duc Félix; duc indigène, puisqu’il était d’origine toulousaine, et dont l’autorité parait s’etre étendue sur toute l’Aquitaine3.

Au duc Félix succède Lupus (vers 070?) qui a pu être un Gascon élevé à la cour de Félix, et qui — fait de grande conséquence — fut élu duc à la fois par les Aquitains et les Gascons4. Il fut donc le premier duc national de

regibus conservatum fuisse constat » (Chronique de Frédégaire, IV, 76, SS. rer. merov., II, p. 169).

1 C’est un point qui a été très bien élucidé dans l’excellente étude de dom Cbamard, V Aquitaine sous les derniers Méroviyigicns ( Revue des questions historiques, 1er janv. 1884, p. 5 et suiv.).

2 Le chapitre 3 du livre II des « Miracles de Limoges » où se trouve le texte cité à la note suivante est attribué par Holder-Egger au début du viue siècle (SS. XV, p. 280).

3 « Quodam tempore, cum Ebroinus cornes palatii, major domus

Francorum regis, in aula regis adesset Tune surrexit puer unus

nomine Lupus... ad Felicem, nobilissimum et inclitum patricium ex urbe Tholosancnsium, qui et principatum super omnes civitates usque montes Pireneos (notez que l’auteur écrit ou est censé écrire à Limoges) (et) supergentem nequissimam Wascorum obtinebat » {Miracles de Saint-Martial de Limoges, II, 3 ; SS. XV, p. 281 ; H. F., III, 580).

* « Eo defuncto (Felice) antedictum Lupum principem super se omnes slatuerunt, et omnes vagi profugique ad eum adeserunt, et tanta plurima ad eum assistebat, ut ei ex diaboli consensu elatio

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