‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 241 sur 244 · VI. -III · texte numérisé non relu

VI. -III

comme par magie, plus que la suprématie — la souveraineté royale. Comtes, évêques, seigneurs, bourgeois sont entraînés dans ce mouvement. Ils parlent exactement le même fervent langage, ils manifestent les mêmes sentiments d’enthousiaste fidélité1. Si on s’en était mieux rendu compte, on n’aurait pas pris, dans les lettres de Raymond V à Louis VII, pour des allusions à un hommage féodal des protestations de dévouement qui sont avant tout, pour le chef delà population comme pour la population elle-même, une reconnaissance ardente de la majesté royale 2.

La marche seule des événements a amené le comte de Toulouse dans l’hommage du roi, non pas directement, mais indirectement. Faute d’avoir trouvé l’aide nécessaire auprès de la souveraineté royale qu’il avait invoquée et sous la pression de ses vassaux qu’avaient cor-

vestro propellere , vestram humiliter deprecor sublimitatem, ut sub interminatiorie indignationis vestræ, etc. ».

Cette requête a été appuyée par des lettres, conçues dans les mêmes termes, d’Aldebert, évêque de Nîmes (Duchesne, IV, 674; H. F., XVI, 83) ; de Bertrand, abbé de Saint-Gilles (D., IV, 738 ; H. F., ibid., 84); de Bremond d’Uzèche (D., p. 709; H. F., ibid.); de Guillaume de Sabran (D., p. 707) ; H. F., 83).

Bertrand qui avait obtenu pour l’abbaye de Saint-Gilles une charte de protection et d’immunité royale (1163) déclare dans une autre lettre (116i) : « magniftca gratia vestra nos securos reddit et felices »; et il envoie au roi par un de ses bourgeois sept espèces différentes d'aromates et d’épices (Duchesne, IV, 736; H. F., XVI, 84).

H64. Lettre d’Ermengarde vicomtesse de Narbonne (Duchesne, IV, 722; H. F., XVI, 91) : « quicquid iti mundo possideo vestro subjacet imperio... post Deum tota spes mea in vobis, carissimo domino meo pendet ».

1 Voyez la note précédente.

2 1163-1164. Lettre de Raymond V (Duchesne, IV, 713; H. F.,

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