AVANT-PROPOS
Évoquer l'art en Belgique, c'est faire surgir du passé non pas seulement un genre ou une école, non pas quelques figures, quelques groupes isolés, mais tout un cortège, magnifique et sans fin, se déroulant sur la route des siècles et se perdant au loin dans la brume des temps primitifs.
Franchissant les derniers rangs, les nôtres, nous voyons, derrière les influences françaises du XVIII^ siècle, apparaître les survivants de l'école de Rubens. Devant eux marchent les toiles du maître, bataillon nombreux, qu'entremêle, plus nombreuse encore, l'œuvre de mille disciples. Tout autour, la Renaissance conduit ses trésors. C'est le moment des meubles somptueux, des riches façades , des beaux bijoux et des beaux livres. L'art s'est fait gentilhomme. Il a grand air sous le large feutre à plumes, la chaîne d'or et le pourpoint de velours; et, quand il peint la noblesse du temps, fière, ardente et mondaine, c'est son propre portrait, sa propre allure qu'il retrace.
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